LETTRE DE CONSTANT TROYON
Numéro i6o3.
PEINTRES ET SCULPTEURS
S. vin
•5- 1607 ROUSSEAU (Pierre-Étienne-Théodore), illustre artiste, le plus grand des paysagistes de ce siècle, le peintre admirable des sites de la forêt de Fontainebleau, n. à Paris, i5 avril 1812, m. à Barbison (Seine-et-Marne), 22 décembre 1867. L. A. S. à Charles Blanc (qui était alors directeur des Beaux-Arts); (Paris, 1848), 1 p. in-8. — P.
Très belle lettre où il lui demande une audience pour Barye, Jules Dupré et lui, pour l'entretenir de la question des beaux-arts. « N'est-il pas dans vos idées comme dans votre coeur de diriger l'art avec le concours harmonieux de toutes les aptitudes dévouées, et cette si ancienne et si fausse République, ne dût-elle revivre que par l'accord fraternel, aurez-vous à regretter quelques instans donnés aux épanchements de ceux qui vous offrent dans l'art une amitié active et sincère. »
^ 1608 * ROUSSEAU (Pierre-Étienne-Théodore).
L. A. S. à Charles Blanc; Paris, 10 août, 1 p. pl. in-8. Très jolie et intéressante pièce. ■ — P.
Belle lettre où il lui mande qu'il a presque achevé le tableau qui lui a été commandé par le ministère de l'Intérieur pour le Luxembourg, a J'ai fourni une carrière assidue et j'éprouve le besoin assez pressant de déposer sur votre bureau la demande d'un second à-compte de mille francs sur le prix de quatre mille qui m'est alloué pour ce travail. Inutile d'appuyer davantage sur cette demande. Laissez-m'en rompre l'aridité en vous faisant un reproche amical de n'avoir pas tenu la promesse que vous m'aviez faite de me venir voir. Plus que jamais dans les arts on se compte et on se désire. »
•j 1609 ROUSSEAU (Pierre-Étienne-Théodore).
L. A. S. à son ami Alfred Sensier (célèbre amateur de tableaux et d'autographes, biographe de Rousseau, n. à Paris, 18 1 5, m. 1877); Barbison, 17 janvier (1864), 2 p. 1/2 in-8. (Coll. A. Sensier.)
Epitre intime où il lui recommande son ancien boulanger de Chailly, nommé Chalon, qui est au lit depuis deux années et sollicite le retour de son fils, soldat. Elle commence ainsi : « Vous tenez le bureau ^-^/ de la providence à Chailly et à Barbison, / ISAA-S) et n'ayez crainte de chômer, car, à défaut J des occasions suscitées par votre présence, vos amis se voient obligés d'ouvrir des succursales pour les demandeurs... » Très intéressants détails à ce sujet.
(Paris), mer-
* 16 10 ■* ROUSSEAU (Pierre-Étienne-Théodore).
L. A. S. (au savant critique d'art Philippe Burty, né à Paris le 11 février i83o); credi, 3/4 de p. in-8, cachet camée. Très jolie pièce. (Coll. B. Fillon.)
Il exprime ses regrets d'avoir manqué sa visite et celle de Bracquemond (le célèbre graveur), qui / aurait pu lui donner de bons conseils. « J'ai mené ma planche au point où j'ai besoin d'être renseigné /j^ sur ce que ce travail produira à la morsure et vous seriez bien obligeant de me venir prendre pour que nous allassions ensemble chez M. Bracquemont. » — (Théodore Rousseau eut pour maitres M. Rémond, en 1827, puis l'académicien Lethière, en 1828, mais il abandonna bientôt l'atelier du professeur pour se livrer exclusivement à l'étude de la nature. L'Auvergne et la Normandie furent ses premiers champs d'exploration. En i834 il visita le Jura, puis la Vendée. Ce ne fut qu'en i836 qu'il vint dans la forêt de Fontainebleau, qui devait lui inspirer ses plus belles œuvres.)
4- 161 1 -c- DUPRÉ (Jules), célèbre peintre, un de nos plus grands paysagistes, ami et émule de Théodore Rousseau, n. à Nantes, 1812. Les sites de la vallée de Montmorency, du Limousin, de la Creuse et de l'Indre l'ont merveilleusement inspiré. ]° P. S.; Paris, 9 novembre i833, 1 p. in-4, tête imprimée de la Société des Amis des arts. — P.
Intéressant document où il donne reçu de quatre-vingts francs pour le prix d'un tableau acquis par la Société des Amis des arts.
2° L. A. S. à son ami Alfred Sensier; (Pierrefonds), 7 octobre 1 865, 4 p. in-8, enveloppe. Jolie pièce. (Coll. B. Fillon.)
Superbe lettre où il parle d'un de ses tableaux, qu'il va achever. « La grande affaire, c'est de finir, et, malgré ma trop vieille expérience, c'est toujours pour moi un rude tour d'écrou à donner. » Il mande qu'il n'a pas encore reçu de nouvelles d'Hébert (le célèbre peintre), qu'il avait prié de le venir voir.