‹ Lettres autographes composant la collection de M. Alfred BovetChapitre 248 sur 312 · LETTRE DE CHARLES FRANÇOIS DAUBIGNY · texte numérisé non relu

LETTRE DE CHARLES FRANÇOIS DAUBIGNY

Numéro 1 635.

PEINTRES ET: SCULPTEURS

S. vin

3° L. A. S. de ses initiales à la même ; Beuzeval (Calvados), 19 juillet, 4 p. in-18. (Coll. B. Fillon.)

Très jolie lettre, ornée d'un croquis de paysan normand coiffé d'un bonnet de eoton. « Enfin, je suis venu, et j'ai vu les femmes en bonnet de coton, chose bien triste! L'incarnation de l'idéal de l'homme en bonnet de coton à mèche! En voici une des plus avenantes (croquis). J'ai remarqué que les hommes du pays avaient l'air assez renfrogné. Je n'envie pas leur sort, et, quant aux belles Parisiennes, comme ils les voient dépourvues des splendeurs du jupon multiple, et dans ce joli costume de bain que vous connaissez, il n'y a pas de quoi leur monter la tète. »

1640 * COURBET (Gustave), grand peintre, l'illustre chef de l'école réaliste, n. à Ornans (Doubs), 10 juin 1819, m. à La Tour de Peilz (Suisse), 3i décembre 1877.

L. A. S. -à un journaliste; Paris, 18 mai 1 853, 2 p. 1/2 in-8. — P. photographié avec signature.

Très curieuse épître où il déclare n'avoir jamais eu de maitre, bien que le livret du Salon l'ait inscrit comme élève de M. Auguste Hesse. « Cette erreur de l'administration provient, sans doute, d'un usage qui avait cours dans ces dernières années et que voici : les peintres, les débutants surtout, croyaient nécessaire, pour être admis aux Expositions, de s'y présenter sous le patronage officiel d'un nom connu dans les arts. Cette pure formalité fut même quelquefois tournée en plaisanterie, notamment par M. Français, qui s'inscrivait l'élève de M. Bougival, un village charmant des bords de la Seine ; M. Baron se portait l'élève de M. Titeux, et M. Gigoux, ce qui est mieux encore, se disait, comme je prétends l'être moimême, l'élève de la nature. 11 est vrai que, pour suivre l'usage, je demandai, à l'époque de mes premiers débuts, il y a de cela environ dix ou douze ans, à M. Auguste Hesse de vouloir bien me couvrir oflicieusement de son nom. De là l'erreur de l'administration dans son livret actuel. » II se plaint que l'administration ait refusé de faire la rectification demandée.

1641 -f- COURBET (Gustave).

L. A. S. à Yriarte, rédacteur du Monde illustré; Paris, 14 août 1866, 5 p. in-8. (Coll. B. Fillon.)

Superbe lettre, une des plus importantes qu'on connaisse de Courbet. Il se plaint vertement d'un entrefilet publié par Yriarte et relatif à une discussion pendante entre Courbet et le comte de Nieuwerkerke. Il rétablit les faits en ces termes : « M. le comte de Nieuwerkerke m'a acheté, il y a un an, le tableau de La Femme au perroqttet, moyennant dix mille francs, et aujourd'hui M. le comte de Nieuwerkerke nie avoir fait cette acquisition. Mais comme j'ai dans les mains les preuves de la vente, émanées de 1 administration et protégées par la signature de M. le comte de Nieuwerkerke lui-même, sa délégation actuelle reste sans valeur, comme elle est sans raison expliquable. » Il relève fièrement le reproche qui lui est fait de manquer d'une bonne éducation. « Sans doute, Monsieur, si fréquenter les salons et les antichambres, solliciter dans les bureaux, courber l'échiné devant les hauts fonctionnaires, tendre la main aux faveurs du pouvoir, est, à vos yeux, une marque de bonne éducation, vous avez raison de me reprocher d'avoir été mal ou imparfaitement élevé; et j'ai grand peur de mériter vos reproches jusqu'à la fin de mes jours. » Mais l'indépendance du caractère et des opinions n'empêche pas les convenances sociales et il affirme que les trois lettres adi esse'es par lui au comte sont d'une politesse méritoire, eu égard à la circonstance et à l'origine plébéienne de leur auteur. 11 lui offre de publier cette correspondance, qui est de nature à réjouir le lecteur. 11 proteste qu'il n'a jamais été question entre le comte et lui de la croix d'honneur, « que mon art m'avait valu et que, selon vous, mon éducation imparfaite m'enlève. » Considérations piquantes à ce sujet. — (On sait que Gustave Courbet, nomme chevalier de la légion d'honneur par décret du 21 juin 1870, refusa avec éclat cette distinction.)

4- 1642 HARPIGNIES (Henri-Joseph), un de nos peintres paysagistes les plus estimés, n. à Valenciennes, 28 juillet 1819.

L. A. S. à Messieurs...; Paris, 9 mars 1861, 1 p. 1/4 in-8. Très jolie pièce. — P. photographié.

Il leur recommande son ami le peintre Blin qui désirerait faire la reproduction d'un de ses tableaux dans leur publication sur le Salon. — (François Blin, né à Rennes le 10 septembre 1827, fut un peintre paysagiste d'un sentiment exquis. 11 mourut prématurément dans sa ville natale le 26 juillet 1866.)

^ 1643 -c- MILLET (Aimé), sculpteur éminent, l'auteur de la statue de Vercingétorix et du groupe colossal d'Apollon au sommet de l'Opéra, n. à Paris, 28 septembre 1819.

L. A. S. (à Etienne Carjat) ; (Paris, 9 novembre 1861), 2 p. in-8. Jolie pièce.

Charmante épître d'invitation à déjeuner. « Je te montrerai du même coup le tombeau du pauvre Murger, et, soit dit sans modestie, tu ne t'attends pas au plaisir qu'il te fera. »

Page 1