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Numéro i652.
PEINTRES ET. SCULPTEURS
S. vin
-s- 1649 * SCHULER (Théophile), peintre éminent, élève de Paul Delaroche, qui a reproduit avec un rare talent une grande quantité de scènes empruntées à son pays natal et qui a illustré, avec verve et sentiment, les plus belles œuvres d'Erckmann- Chatrian, n. à Strasbourg, 18 juin 1821, m. dans la même ville, 26 janvier 1878.
i° L. A. S. (au comte Duchatel, ministre de l'Intérieur); Paris, 16 mai 1847, 3 p. in-4. — P.
Très belle lettre, dans laquelle il sollicite une légère part dans les encouragements dont le gouvernement dispose en faveur des artistes sans fortune. Il rappelle qu'il a exposé aux Salons de 1845 et de 1846 et cite les appréciations flatteuses de Théophile Gautier et d'autres critiques sur ses tableaux.
20 L. A. S. à A. Bachelin (le célèbre peintre, dont il devint le beau-frère l'année suivante), à Marin (près de Neuchâtel en Suisse); Strasbourg, 28 mars 187 1, 4 p. in-8.
Très jolie lettre dans laquelle Théophile Schuler annonce à son ami sa prochaine arrivée : n Nous travaillerons donc, ce qui n'empêchera pas de chercher, comme vous le dites si bien dans votre bonne lettre, les coins intimes de votre beau lac, nous discuterons art et de tout ce que vous voudrez, hormis, j'ose l'espérer, de politique; vous autres en Suisse vous devez en avoir assez autant que nous, et il est temps de revenir à la civilisation. J'ai lu avec peine que votre charmant compatriote Cari Girardet est mort; c'est une grande perte, car il a créé, comme genre, de bien jolies choses, n — (Le peintre Karl Girardet, né au Locie le i3 mai 1810, était mort à Paris le 24 mars 1871.)
* i65o + LUMINAIS (Evariste-Vital), excellent peintre d'histoire, qui reproduit surtout les scènes gauloises, élève de Léon Gogniet, n. à Nantes, 18 octobre 1821.
L. A. S. à M. Philippe Doré, à Nantes; (Paris), dimanche 3 (novembre 1861), 1 p. 1/4 in-4.
Il lui donne l'autorisation de céder sa Foire aux chevaux pour cinq mille francs et L'Eau bénite pour cinq cents francs, si on ne peut en obtenir davantage. — A cette lettre est jointe une pièce autographe signée dans laquelle Luminais donne le titre des sept tableaux qu'il avait envoyés à l'exposition de Nantes et les prix demandés par lui pour chacun d'eux.
4- 1 65 1 MÉRYON (Charles), un de nos plus grands aquafortistes, dont les œuvres sonttrès recherchées, n. à Paris, 23 novembre 1821, m. àCharenton, i3 février 1868.
L. A. S. à Gihaut (l'éditeur d'estampes) ; Paris, 19 août (i853), 1 p. in-4. Très jolie pièce.
Intéressant document. Il lui offre pour le prix de vingt francs deux cahiers de ses eaux-fortes contenant les planches suivantes : Vue prise des tours Notre-Dame, la Vigie; — Vue du Petit-Pont; — Le palais de Justice et le Pont-au-Change; — Tourelle , rue delaTruanderie; — Saint- Etienne du Mont et l'ancienne maison de Montaigu ;
— La pompe Notre - Dame ;
— La galerie Notre-Dame ;
— Une arche du pontNotre- Dame.
GRAVEURS ET ARCHITECTES
4- i652 * BONHEUR (Rosalie, dite Rosa), la plus célèbre des femmes peintres contemporaines, n. à Bordeaux, 22 mars 1822. Ses plus remarquables toiles sont le Labourage nivernais, qui est un des chefs-d'œuvre du musée du Luxembourg, le Marché aux chevaux, la Fenaison en Auvergne et les Moutons au bord de la mer.
L. A. S. à M. Albert Chauveau; Paris, 14 novembre i853, 1 p. 1/2 in-8, enveloppe. — P.
Jolie lettre, adressée par Rosa Bonheur à un amateur d'autographes. « Je suis confuse de l'honneur que vous faites à mon autographe en le faisant figurer auprès de ceux d'hommes aussi illustres que Léonard de Vinci et Ruhens. L'éclat de leur gloire fera pâlir mon étoile à peine sortie de la brume et à laquelle le temps n'a pas encore donné son auréole. »
* 1 653 * GUILLAUME (Claude-Jean-Baptiste-Eugène), un des chefs de notre école de sculpture, critique d'art éminent, professeur d'esthétique au Collège de France, directeur des Beaux-Arts, membre de l'Institut (1862), n. à Montbard (Côte-d'Or), 4 juillet 1822. Ses plus belles œuvres sont conservées dans le musée du Luxembourg. L. A. S. à madame veuve Pradier, à Paris; Tonnerre, 1 1 mai 1 855, 1 p. in-8. (Coll. B. Fillon.) — P.
Très jolie lettre où il mande qu'il attend à Tonnerre sa mère qui arrive d'Alger. C'est ce qui l'empêchera de se rendre à son invitation. « Malgré que je sois bien inexact à me réunir à vous, pensez, je vous prie, que rien ne m'est cependant plus in-
timement a gréable. C'est toujours un retourde jeunesse au devant duquel je vais de cœur ...»
— (Guillaume fut un des meilleurs élèves de l'ate lier que Pradier dirigeait à l'Ecole des Beaux-Arts.)
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± 1654 + CAIN (Auguste), éminent sculpteur, élève de Rude, qui excelle dans les reproductions d'animaux, principalement des grands fauves, et dont les œuvres ornent le jardin des Tuileries et celui du Luxembourg, n. à Paris, 16 novembre 1822. Cet artiste a épousé la fille du célèbre sculpteur Mène.
L. A. S. au critique d'art Philippe Burty, 4 p. in-32, papier à son chiffre. (Coll. B. Fillon.) — P. photographié.
Jolie lettre dans laquelle Auguste Cain parle longuement à Philippe Burty d'un tableau que le peintre Gérôme lui a donné en 1 85 1 et qui représente Louis XI et son ami Tristan visitant le cardinal La Balue à Plessis-lez-Tours. Intéressants détails à ce sujet.
■s- 1 655 HANOTEAU (Hector), peintre paysagiste, dont les gracieux tableaux sont justement populaires, élève de Jean Gigoux, n. à Decize (Nièvre), 25 mai 1823.
L. A. S. à Jean Gigoux (son maître); Briet, par Cercyla-Tour (Nièvre), 27 juin 1870, 1 p. in-8. Jolie pièce.
Belle lettre pleine de sentiments éievés par laquelle il adresse à son maître les plus vifs témoignages de son dévouement et de sa reconnaissance. « Je n'oublierai jamais l'homme éminent qui a dirigé mes premiers pas dans l'art. C'est donc à vous que revient la plus grande part de mes succès... »
PEINTRES ET SCULPTEURS
S. vin
•f- i656 RIBOT (Théodule-Augustin), peintre de genre, d'un talent puissant et original, élève d'Auguste Glaize, n. à Breteuil (Eure), 8 août 1823.
1" L. A. S. à Ernest Chesneau (le brillant critique d'art, l'un des plus fidèles admirateurs de Ribot), 2 p. in-18. Jolie pièce.
Charmante épitre dans laquelle Ribot invite Chesneau à venir voir la toile qu'il vient de terminer. « Je suis à mon atelier tous les jours, de deux à quatre heures. Vous me feriez un très grand plaisir si vous pouviez venir ici... Si vous venez, tâchez de choisir un temps clair autant que possible. »
20 L. A. S. à son ami Charly; (Paris), mardi, 1 p. 3/4 in-18.
Il lui mande qu'il a déjeuné chez le comte d'Osmoy (député, protecteur des arts), dont le fils va beaucoup mieux. Il n'a pu aller le voir, ayant deux tableaux à terminer.
4- 1657 -s- RICARD (Louis-Gustave), un de nos peintres de portraits les plus estimés, n. à Marseille, 1 septembre 1823, m. subitement à Paris, 23 janvier i8y3.
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L. A. S. à M. Boussod (associé de M. Goupil, marchand de tableaux), 1 p. in-8. — P. gravé par Lerat, d'après Ricard.
Il le prie très instamment de substituer le portrait d'Arsène Houssaye à un autre portait pour l'exposition qui doit avoir lieu chez l'éditeur Goupil.
* 1 658 + CABANEL (Alexandre), célèbre peintre d'histoire et de portraits, élève de Picot, membre de l'Institut ( 1 863), n. à Montpellier, 28 septembre 1823.
i° P. S.; Paris, 3 février 1854,1 p. in-fol., tête imprimée du ministère d'Etat. — P. photographié. Reçu d'un acompte de trois mille francs sur le prix du tableau de saint Louis qu'il exécute poulie service des Beaux-Arts.
2° L. A. S. au peintre de genre Léon Perrault; Paris, 3 février 1876, 3 p.
in-18. Très jolie pièce.
Belle lettre où il s'excuse de ne pouvoir, pour cause de santé, assister au banquet offert au peintre
Bouguereau à l'occasion de sa no- s\ -^"f^^^ y v/^j,^^,.. t -f^
mination à l'Institut. — (Bouguereau avait été élu membre de l'Académie des Beaux-Arts le 8 janvier 1876 en remplacement de Pils.)
•f- 1659 -s- BERNIER (Camille), peintre, un des maîtres les plus estimés du paysage moderne, dont le talent âpre et puissant excelle à rendre les sites bretons, n. à Colmar, 1823.
L. A. S. à un de ses amis; (Paris), juin 1 883, 1 p. in-8, papier à son chiffre. Très jolie et intéressante pièce.
Très jolie lettre dans laquelle il mande à son ami qu'il va quitter Paris. « Nous allons nous retrouver dans ce beau et bon pays dont nous aimons les habitants, les bois et les chemins creux. Je me sens une seconde jeunesse pour le travail, vous êtes rempli d'ardeur... »
S. vin
GRAVEURS ET ARCHITECTES
4- 1660 -* BOULANGER (Gustave-Rodolphe-Glarence), peintre d'histoire et de
genre, un des meilleurs élèves de Delarochc, qui affectionne les sujets antiques, membre de l'Institut (1882), n. à Paris, 25 avril 1824. L. A. S. à M...; (Paris), 18 février 1846, 1 p. 3/4 in-8. — P.
Jolie lettre dans laquelle Gustave Boulanger s'excuse de ne pas lui avoir écrit depuis sa rentrée en France. Il le prie d'accepter un petit dessin, qui est un souvenir d'Alger. — (Gustave Boulanger était alors dans l'atelier de Paul Delaroche; il remporta le grand prix de Rome en 1849.)
4~ 1661 -5- GÉROME (Jean-Léon), un des plus célèbres peintres de notre école moderne, membre de l'Institut (i 865), n. à Vesoul (Haute-Saône), n mai 1824.
i° P. S.; Paris, 29 mai 1854, 1 p. in-fol., tête imprimée du ministère d'État. — P. photographié.
Reçu de trois mille francs sur le prix de son tableau, Le Siècle d'Auguste, commandé pour le service des Beaux-Arts.
2° L. A. S. au graveur Bràcquemond; (Paris, 1860), 1 p.
in-8. (Coll. B.
Fillon.) — P.
Jolie lettre. « J'ébauche demain mon tableau de Phryné.
Seriez - vous assez bon pour remettre au porteur de ce billet l'étude et l'esquisse ? Je vous les renverrai dans deux jours. » — (Cette Phryné fut exposée au Salon de 1861.)
* 1662 «* GÉROME (Jean-Léon).
L. A. S. à l'architecte Gustave Bourgerel (né à Nantes en 181 3); (Paris, 1859), 4 p. in-8. — P.
Lettre des plus intéressantes où il lui envoie l'esquisse d'un tableau qu'il veut faire et qui doit représenter le roi Candaule montrant sa femme à Gygès au moment où elle va se mettre au lit. Il prie Bourgerel de lui chercher la partie architecturale du tableau. « Il n'y a qu'une chose difficile à trouver, car tout l'appartement se compose de murs plats couverts de peintures, comme à Pompéi. Cette chose difficile, c'est l'alcôve qui contient le lit. Je ne voudrais pas de lit à colonne et sous un baldaquin, comme dans la Stratonice de M. Ingres. Cela ne me paraît pas d'un grec très pur. Les anciens et surtout les rois devaient avoir un endroit dans leur palais qui, tenant à l'architecture, renfermât leur couche. C'étaient des raffinés et nos maîtres en matérialisme. Je crois que leurs architectes devaient s'occuper, dans la construction même de l'édifice, de la place où serait le lit. Il n'est pas supposable que, comme nous, ils jetaient au milieu d'une chambre, sans plus de précaution, le meuble où les Orientaux passaient et passent encore plus de la moitié de leur vie. Donc il faudrait trouver, je ne sais où, quelque chose de simple et de charmant dans la donnée de l'esquisse et sans changer la place des figures. J'ai fait une espèce de repaire lourd et grossier. Cela tient à mon ignorance de votre art. Tout va bien, excepté l'alcôve qui est le point important, et si l'architecture est manquée, le tableau n'est plus possible... » — (L'esquisse est jointe à la lettre. On sait que le Roi Candaule, exposé au Salon de 1859, est considéré comme un des chefs-d'œuvre du maître.)
1 663 * CARRIER BELLEUSE (Albert-Ernest), sculpteur éminent, élève de David d'Angers, qui a fait en marbre ou en terre cuite les bustes d'un grand nombre des célébrités de notre siècle, n. à Anisy-le-Château (Aisne), 12 juin 1824. L. A. S. h un ami; (Paris, mai 1864), 2 p. 1/2 in-8. Très jolie pièce. — P. photographié. Singulière épître dans laquelle Carrier-Belleuse parle d'une lionne du sculpteur Cain et de Jules Favre. Piquants détails.
PEINTRES ET SCULPTEURS
S. vin
•J- 1664 -f THOMAS (Gabriel-Jules), un de nos plus habiles sculpteurs, élève d'Auguste Dumont, 'membre de l'Institut (1875), n. à Paris, 10 septembre 1824.
L. A. S. au colonel Aloncle (n. 1824, m. 1878); (Paris), 3i décembre 1875, 3/4 de p. in-8.
Belle lettre où il le remercie de ses compliments sur son élection à l'Académie des Beaux-Arts (le 2g décembre, en remplacement de Barye.) « La pensée de mon pauvre père, qui eût été si heureux de mon succès, t'est venue, comme à tous ceux qui l'ont connu. Cette pensée m'a bien poursuivi depuis ma nomination et a jeté un nuage sur ma joie. »
4- 1 665 -t- BRION (Gustave), peintre, élève de Gabriel Guerin, célèbre par ses compositions alsaciennes, n. à Rothau (Vosges), 23 octobre 1824, m. à Paris, 4 novembre 1877. H a illustré Les Misérables et Quatre-vingt-treize de Victor Hugo. L. A. S. (à M. Doré, à Nantes); 26 octobre ( 1 856), 1 p. 1/2 in-8. Très jolie pièce. <^^//2"^>
Il s'excuse de ne pouvoir aller assister aux fêtes qui doivent clore l'exposition des Beaux-Arts, à Nantes, n Nous avons reçu une lettre de l'ami Toulmouche qui nous peint avec les couleurs les plus séduisantes les fêtes prochaines que vous préparez pour clore votre exposition. Nous sommes tous très peines d'être conviés d'une manière si gracieuse à toutes ces réjouissances sans pouvoir y prendre part. Gérôme compte les minutes à tel point, il est accablé de besogne; son prochain départ pour l'Egypte le talonne. »
4-1666-5- PUVIS DE GHAVANNES (Pierre), peintre d'histoire, élève d'Henri Scheffer et de Thomas Couture, célèbre par ses belles peintures décoratives du Panthéon, n. à Lyon, 14 décembre 1824. On lui doit également des peintures murales pour les musées d'Amiens et de Marseille et pour l'hôtel de ville de Poitiers. L. A. S. au critique d'art Philippe Burty; Paris, 9 mars 1870, 1 p. pl. in-8. — P. photographié.
Jolie lettre où il le prie instamment de venir voir son exposition. « J'aurais bien désiré avoir aussi Saint-Victor, mais je suis retenu par la crainted'étre indiscret. Pourtant, mon cher ami, si vous pensez que la proposition de venir pusse lui être faite, il sait bien tout le plaisir que j'aurais à le recevoir. » — (Puvis de Chavannes exposa au Salon de 1870 la Décollation de saint Jean-Baptiste et la Madeleine au désert.)
4- 1667 -s- FREMIET (Emmanuel), sculpteur du talent le plus original, neveu et
élève de Rude, auteur de la statue de Jeanne d'Arc érigée sur la place des Pyramides,
n. à Paris, 1824. Son Chien courant blessé a été admis au musée du Luxembourg.
L. A. S. à un critique d'art; (Paris, 1874), 2 p. in-8. Très jolie pièce. — P. photographié.
Il proteste contre une assertion d'un article du critique sur sa Jeanne d'Arc. « Vous donnez à entendre que je n'ai fait que des chats et autres animaux. Permettez-moi, pour vous éclairer, de vous envoyer la liste de ce que j'ai produit en dehors de la spécialité dans laquelle vous paraissez vouloir me renfermer. «
— La liste, qui occupe la seconde page de la lettre, mentionne r-.- —
le Belluaire, le Centaure, le Gaulois équestre, le Romain, le /- "'/"y'' <f'f 'S
Faune en marbre du musée du Luxembourg, les statues équestres de Napoléon / et du duc d'Orléans, VHomme de l'âge de pierre et cinquante-cinq figurines exécutées pour l'empereur Napoléon 111 et dont il ne donne pas le détail.
S. vin
GRAVEURS ET ARCHITECTES
4- 1668 ISELIN (Henri-Frédéric), habile sculpteur, élève de Rude, célèbre par ses bustes, parmi lesquels on remarque ceux de Morny, Napoléon III, Augustin Thierry, etc., n. à Glairegoutte (Haute-Saône), 1824.