LETTRE DE JEAN LÉONARD LUGARDON
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Numéro 19(1.
S. vin
■3- 1 9 1 5 -E- DIETLER (Eriedrich), peintre de genre et portraitiste distingué, élève du baron Gros, n. à Soleure, 1804, m. à Berne, 4 mai 1874. Ses nombreux portraits à l'aquarelle sont tout à fait charmants.
L. A. S. à son ami Auguste Bachelin, le célèbre peintre et e'crivain, à Marin; Berne, 12 novembre 1 87 1 , 1 p. in-8, enveloppe. Très jolie pièce.
Joli billet relatif à la Société des Artistes suisses. Il envoie à M. A. Bachelin la cotisation annuelle des membres de la section de Berne. Détails sur l'organisation de ladite Société.
^ 19 16 -s- BODMER (Karl), peintre et lithographe d'un talent gracieux et original, qui a rendu avec un grand sentiment poétique la vie de la forêt et de ses habitants, n. à Zurich vers la fin de i8o5. Il est fixé à Paris depuis de longues années.
i° L. A. S. à son ami M. Holscher; Passy, 4 février 1884, 1 p. 3/4 in-8. Très intéressante pièce.
11 mande que son état de maladie l'a empêché de travailler. Le seul moyen qui lui reste pour augmenter ses ressources pécuniaires est délivrer quelques ouvrages importants pour l'exposition universelle qui doit avoir lieu au printemps de 1 85 5 .
2U L. A. S., en français, à M. Gaston Marquiset (député de la Haute-Saône, amateur éclaire des beaux-arts, ami du célèbre peintre Jean Gigoux); Barbison, 12 août 1884, 1 p. 1/2 in-8.
Epitre amicale par laquelle il lui envoie une précieuse petite aquarelle de son regretté ami Mouilleron et un exemplaire d'un ouvrage qu'il vient de publier. — (Le célèbre lithographe Mouilleron a reproduit plusieurs des œuvres de Bodmer.)
* 1017 GLEYRE (Marc-Charles-Gabriel), illustre peintre, auquel ses toiles Le Soir; La Danse des Bacchantes; Les Romains passant sous le joug; et surtout son Penthée poursuivi par les Ménades, d'une inspiration sublime, assignent une place glorieuse dans Fart contemporain, comme à l'un des maîtres qui ont poussé le plus haut la pureté du style et du dessin, n. à Chevilly (canton de Vaud), 2 mai 1806, m. à Paris, 5 mai 1874. Il a formé un grand nombre d'élèves très distingués.
i° L. A. S. à M... ; Paris, 2 juin 1846, 1/2 p. in-8. Les autographes de Gleyre sont très rares.
Lettre dans laquelle il lui fait savoir qu'il est chez lui tous les jours de midi jusqu'au soir et donne son adresse rue du Bac. 86.
i" P. A. S.; Paris, u décembre i852, 1/2 p. in-8. Jolie et intéressante pièce.
Il certifie que M. Gabriel Philippon, son élève, est, par ses dispositions naturelles et l'extrême ardeur qu'il apporte au travail, digne des encouragements du conseil municipal de la ville de Nantes, qui n'aura qu'à s'applaudir de l'avoir aide dans ses études
LETTRES DE CHARLES GLEYRE — FRAGMENTS Numéro 19 17.
PEINTRES ET -SCULPTEURS
S. vin
* 19184- GLEYRE (Marc-Charles-Gabriel).
i° Dessina la mine de plomb, sur papier blanc, représentant Phryné devant ses juges, 1 p. in-fol.
C'est la première pensée d'une œuvre importante que Gleyre n'a point exécutée. (Voir à ce sujet la lettre suivante.)
2° L. A. S. de Charles Clément (le célèbre écrivain et historien d'art, un des maîtres les plus brillants et les plus autorisés de la critique française contemporaine, ami et biographe de Gleyre, auquel il a pieusement élevé un monument durable dans son bel ouvrage, Charles Gleyre sa vie et ses œuvres, né à Rouen en 1821) à M. Alfred Bovet. à Paris; Paris, 22 octobre 1884, 2 p
în-
Tres intéressante lettre relative au dessin ci-dessus. « Je me fais un plaisir de mettre à votre disposition la première pensée de la Phryné de Gleyre dont vous désirez accompagner, dans votre catalogue, un autographe du maitre. Vous savez que Gleyre ne termina pas ce tableau commencé en i858 et dont il ne reste qu'un admirable fragment que vous avez vu chez moi. Il a fait au moins deux dessins d ensemble de cette composition, celle que je vous communique et une autre beaucoup plus grande a la pierre noire avec des platanes au second plan et le Parthé-
non dans le fond, ainsi que deux études à la mine de plomb pour la figure « i » v
principale, que je possède également. Ces travaux préparatoires, naturel- f\-\ V\\\ jL«atf^" lement antérieurs à la peinture, ont été exécutés en i85; mi peut-être un y\ y H «P*^
peu plus tôt. Cet ouvrage, dont Gleyre s'est beaucoup occupé, lui tenait fort à cœur. C'est une de ses plus originales et de ses plus exquises conceptions
et il est très regrettable qu il ne lui ait pas donné sa forme définitive. » V 1 V \l ^ \p
± 1 9 1 9 + CALAME (Alexandre), célèbre peintre, le représentant le plus éclatant de la peinture alpestre, n. à Vevey, de parents neuchâtelois, 28 mai 1810, m. à Menton, 17 mars 1864. Il a traité avec succès la lithographie et l'eau-forte. Ses compositions ont la grandeur et la mise en scène, souvent même l'éclat et la couleur.
L. A. S. à M. A. Viot fils, son élève, à Bourg; (Genève), i8décembre 1839, 2 p. 1/2 in-4. — P.
Très belle lettre où il s'excuse de n'avoir pu placer les albums qu'il lui avait envoyés. Il lui conseille de ne pas perdre courage et de continuer à travailler. « Je vois avec plaisir que le courage vous est revenu avec la santé et que vous travaillez à un nouveau tableau. Je me réjouis fort de le voir et vous encourage de tout mon pouvoir à continuer; travaillez avec courage, avec suite et conscience; surtout ne vous laissez pas aller au chic, à la facilité, et ayez toujours présent à la mémoire, que les bons tableaux qui restent sont des ouvrages terminés avec soin... Quant à moi, que voulez-vous que je vous dise? Des maux de téte continuels me tourmentent depuis deux mois et mettent un obstacle insurmontable à tous mes projets. J'ai terminé depuis vous quatre tableaux, dont deux partiront samedi. J'en ai encore dix à faire et ne pense en aucune façon à un nouveau grand tableau, car je n'aurais pas le tems de le faire de suite, et, si je ne suis pas entièrement libre, je ne fais rien qui vaille. Lorsque je serai débarrassé de toutes ces commandes, je me mettrai à l'œuvre, car il faut que je mè prépare pour l'exposition de 1 841 . Je n'aurai rien à celle de l'année prochaine; je donne une autre destination à mon nouveau tableau. »
* 1920 * CALAME (Alexandre).
L. A. S. (à M. Schletter), à Leipzig; Genève, 7 avril 1846, 3 p. 1/2 in-4. — (M. Schletter, célèbre amateur, était propriétaire d'une belle galerie de tableaux destinée à enrichir le musée de Leipzig.)
Superbe lettre relative à une copie de son célèbre tableau du Mont-Rose qui lui avait été demandée par cet amateur. « Je suis heureux, Monsieur, des expressions de satisfaction que contient votre lettre, et des choses flatteuses que vous daignez me dire au sujet de cette œuvre.... Il n'y a que les hommes distingués qui puissent bien comprendre tout ce que cette nature âpre et désolée renferme de poésie et de grandeur, et, parmi eux, ceux-là seulement, je crois, auxquels il a été donné de s'abreuver à la source même, de contempler en un mot, de ces sommités de nos Alpes, ces scènes qui laissent de si profonds souvenirs. Aussi quoique ce sujet ait eu un succès qui a dépassé tout ce que je pouvais espérer, même 'aux yeux d'une population très peu artiste, mais qui a l'avantage de n'être pas étrangère aux aspects de cette nature un peu exceptionnelle, ne me fais-je pas illusion sur 1 effet que le même sujet peut produire sur des esprits qui y sont totalement étrangers et pour lesquels ce genre de paysage n'a pas d'antécédents.... Vous me demandez quelques détails qu'il me serait très difficile de vous donner moi-même, n'ayant pas l'habitude de la plume comme celle du pinceau; je prendrai donc la liberté de faire parler M. Tœpffer, que vous connaissez sans doute de réputation pour un homme des plus distingués dans les arts et dans les lettres. De plus je vous envoyé une copie d'une des lettres que M. Agassiz m'a adressées et qui parle plus spécialement du sujet qui nous occupe.... J'espère que ces documents vous suffiront pour le catalogue raisonné que vous avez l'intention de rédiger.... Quant au rapprochement à faire entre le Mont-Rose et les Ruines de Pœstum (il s'agit d'une copie de ce tableau qu'il devait faire également pour M. Schletter, comme pendant au Mont-Rose), il me parait suffisamment indiqué dans une de mes précédentes lettres, et je ne pense pas qu i! faille, dans un catalogue surtout, lui donner trop de développements. Seulement le tableau des Ruines servira à donner de l'autorité à l'autre, qui est d'une nature trop peu connue, trop peu étudiée, pour qu'elle soit acceptée sans garantie. Ainsi l'Italie, la Calabre en particulier, pays visité, connu d'un si grand nombre de personnes, fera juger, en procédant du connu à l'inconnu, de la vérité du site suisse, et, tout en faisant un parfait contraste, ils se serviront mutuellement d'appui. J'espère toujours pouvoir faire cette année cette grande page... »
PEINTRES ET- SCULPTEURS
S. vin
* 192 1 ■* ZELGER (Josef), peintre, qui a traité le paysage alpestre dans une manière qui ressemble fort peu à celle de Diday et de Calame, mais dans laquelle il a obtenu un véritable succès, n. à Stanz (canton d'Unterwald), 14 février 1812.
L. A. S., en français, à son ami le peintre Auguste Bacheiin, à Marin, près de Neuchâtel, 2 p. 1/2 in-8.
Jolie lettre. « Je ne puis vous exprimer la joie que j'ai eu hier au soir en recevant le charmant croquis d'un soldat suisse. Ce petit chef-d'œuvre que j'admire, me fait un réel plaisir et ne manquera pas d'être la perle de mon album. J'ai toujours beaucoup aimé et admiré vos ouvrages si caractéristiques, surtout dans le genre militaire, et maintenant en contemplant ce délicieux croquis, j'y trouve toutà-fait votre grand talent. » Intéressants détails.
* 1922 * GIRARDET (Karl), peintre et illustrateur, d'un talent aimable et facile, que ses paysages, ses scènes de genre inspirées par la vie de l'Oberland bernois, et surtout sa belle toile une Assemblée de protestants surprise par des troupes catholiques, ont rendu populaire, n. au Locle, i3 mai 1 8 1 3 , m. à Paris, 24 avril 1871.
L. A. S. au peintre A. Bacheiin, à Marin ; Paris, 5 juin 1870, 1 p. in-8, enveloppe. — P. photographié.
Jolie lettre. « Je trouve ici en revenant de la campagne la livraison du Musée neuchâtelois, qui contient l'article que vous avez bien voulu me consacrer. Je ne veux pas laisser passer la journée sans vous remercier bien sincèrement de la bienveillance avec laquelle vous m'avez traité. Vous avez raconté ma jeunesse avec un talent et une clarté qui m'ont surpris moi-même et je m'y suis reconnu (sauf les adjectifs trop élogieux) comme si vous ne m'aviez pas quitté. J'ai été étonné du talent avec lequel vous avez fait revivre un passé qui est déjà bien loin et j'ai lu avec grand plaisir les différentes particularités de ma vie que vous avez su rendre intéressantes par la manière vive et colorée dont vous les avez ornées sans vous éloigner de la vérité. Je vous prie d'en recevoir ici tous mes compliments et mes remerciements en attendant que j'aie le plaisir de vous les adresser de vive voix. »
± ic>23 v WEBER (Friedrich), graveur célèbre, qui a interprété Raphaël, Luini, le Titien et Holbein avec une puissance et une délicatesse qui le placent au premier rang parmi les graveurs contemporains, membre correspondant de l'Institut (1874), n. à Bàle, 10 septembre i8i3, m. dans la même ville, 17 février 1 883 .
P. A. S.; Bàle, 10 juillet i85o, 1 p. 1/2 in-4. Superbe pièce.
Contrat passé entre lui et le conseiller d'État Peter Merian (qui l'a signé également) pour un portrait de Léonard Euler que l'artiste s'engage à graver moyennant certaines conditions. Il donne son adresse à Paris, rue Royer-Collard, 4.
* 1924 SCHLÔTH (Lukas-Ferdinand), un des meilleurs sculpteurs suisses, dont le nom demeurera cher à ses concitoyens comme auteur de deux œuvres qui consacrent d'héroïques souvenirs, Arnold de Winkelried à Stanz, et le monument commémoratif de la Bataille de Saint-Jacques près de Bàle, n. à Bàle, 25 janvier 1818.
L. A. S. au comité des Beaux-Arts, à Bàle; Bâle, 18 mars 1881, 2 p. 1/2 gr. in-4. Tl"ès belle pièce.
S. vin
GRAVEURS ET ARCHITECTES
Précieuse lettre. Ne pouvant assister à la séance du comité du 22 mars où sera discutée la question de la décoration de la façade du Musée des Beaux-Arts, il prend la liberté d'envoyer par écrit son opinion à ce sujet. Il est d'avis que ces décorations se fassent au plus vite. La manière de comprendre la chose est encore une question à discuter. Selon lui le premier sujet doit représenter l'architecture, le second la sculpture et la peinture — c'est ainsi seulement que les bas-reliefs auront atteint leur but. L'essentiel est qu'on prenne enfin une décision et que les décorations soient dans le caractère du Musée. Quant au prix des bas-reliefs, M. Igel (Iguel) ne demande qu'à rentrer dans ses frais, ce travail étant pour lui une question d'honneur avant tout. Intéressantes considérations à ce sujet. — (Les esquisses de M. Iguel ayant été adoptées par le Comité, cet artiste fut chargé de l'exécution des bas-reliefs en question, qui sont charmants comme manière ingénieuse de rendre une idée qui était peu poétique.)
4- 1925 -5- VAN MUYDEN (Jacques-Alfred), peintre d'un talent original et bien personnel, qui s'est inspiré de l'Italie, dont il a rendu les scènes champêtres dans une manière poe'tiquement intime, n. à Lausanne (canton de Vaud), 1 8 1 8.
L. A. S. à Léon Berthoud (le célèbre peintre), à Vaumarcus; Rome, 18 décembre 1880, 3 p. 1/2 in-4. /£^J^y'*~^ .
Belle lettre. Détails intimes. Il parle de ses travaux et du -J"». ' »^JQ^-*'
futur Salon de peinture de Paris, où il compte exposer, Il ' ' '"" " "
mentionne les peintres Français et Ricard. Curieuse appréciation du talent de ce dernier, avec lequel il était particulièrement lié.
1926 -* GIRARDET (Édouard-Henri), frère de Karl Girardet, peintre de genre et habile graveur, qui a traité les scènes de la vie de l'Oberland bernois avec une poétique vérité qu'on n'a point dépassée, n. à Neuchâtel, 21 juillet 18 19, m. à Versailles, 5 mars 1880. Cet artiste ne prit le burin qu'à partir de l'année 1857.
L. A. S. au peintre Auguste Bachelin, à Marin; Pont-Aven (Finistère), 18 août 1870, 3 p. in-8.
Très belle lettre à M. Bachelin qui lui avait demandé comment il était devenu graveur. « Votre lettre vient me trouverait fin fond de la Bretagne où je vis depuis deux mois à faire de la peinture... Oui, en effet, j'ai commencé la gravure d'une manière fortuite. J'avais demandé à M. Goupil une petite chose pour faire un essai de gravure, simplement dans le but de me reposer de la peinture; M. Goupil me prêta un portrait de Washington de Lawrence que j'exécutai en quelques semaines, et auquel je n'attachais aucune importance, puis je retournai à Brienz où je passai encore une année sans plus penser du tout à la gravure, c'est lors d'un second voyage à Paris que M. Goupil me dit que Paul Delaroche avait vu ce portrait et désirait que je gravasse un de ses tableaux. J'avoue que je tremblai et faillis reculer, lorsque Delaroche me montra le tableau des Girondins et me dit que la gravure devrait avoir un mètre de large. Cependant ne pouvant refuser l'honneur qu'il me faisait, j'acceptai, mais je demandai à M. Goupil le prix de 20,000 francs, pensant le faire reculer. M. Goupil, avec une confiance de laquelle je lui ai toujours su gré, me les accorda sur-lechamp, et voilà comment je devins graveur. La guerre n'est presque ici qu'un écho; les populations se plaignent seulement du peu de monde qui reste pour pêcher la sardine; c'est probablement ce qui me laisse assez de sang-froid pour pouvoir m'occuper un moment des détails que vous voulez bien me demander. »
4- 1927 * GIRARDET (Paul), graveur, frère du précédent, auteur de nombreuses et importantes planches rendues avec talent, parmi lesquelles on remarque la Première messe en Kabjlie, d'après H. Vernet, la Cinquantaine, Y Escamoteur, d'après L. Knaus, et Une Noce en Alsace, d'après G. Brion, n. à Neuchâtel, 8 mars 1821.
L. A. S. au peintre Auguste Bachelin, à Marin ; Versailles, 3 avril 1874, 1 p. in-8, enveloppe. — P. photographié.
Jolie lettre relative au monument élevé à Guillaume Farel (le grand réformateur) à Neuchâtel, et pour lequel il envoie sa souscription.
PEINTRES ET : SCULPTEURS
S. vin
* 1928 -* BERTHOUD (Léon), paysagiste éminent, élève de Maximilien de Meuron, qui a rendu, avec un profond sentiment poétique et une coloration puissante, les sites de la campagne de Rome, des environs de Naples, des rives du lac de Lucerne et du lac de Neuchâtel, n. à Provence (canton de Vaud), 22 septembre 1822. i° Joli croquis au lavis représentant un effet de soleil couchant au bord de la mer en Italie.
20 L. A. S. au peintre A. Bachelin, à Marin ; Vauxmarcus, 2 décembre 1 87 1 , 2 p. 1/2 in-8, enveloppe.
dites d'aimable sur mon futur établissement à Saintmilieu des occupations dont vous êtes surchargé; je me
Jolie et amicale lettre, a Je suis très sensible à ce que vous me Biaise, et surtout que vous ayez trouvé le temps de me le dire, au réjouis fort aussi d'y trouver un artiste amoureux de la nature, un intrépide travailleur auprès duquel il sera bon de se retremper contre les influences un peu languissantes de la vie de tous les jours. Vous paraissez croire que l'essentiel est d'avoir un nid; je pense à peu près de même, mais je ne crois pas qu'on y soit plus à l'abri des petits soins et des petits tracas de la vie qui ne sont pour vous que détails dans l'ombre, et qui pourtant sont les grands persécuteurs des artistes! Que de toiles d'araignées nous font souvent dévier de notre chemin. » Détails intimes.
4- 1929 * VELA (Vincenzo), habile sculpteur de l'école italienne contemporaine, l'auteur de Spavtacus et du Napoléon à Sainte-Hélène qui est conservé au musée de Versailles et qui obtint un succès mérité à l'Exposition universelle de Paris, en 1867, membre associé de l'Institut (1882), n. à Ligornetto (canton du Tessin), 1822.
L. A. S. (à M. Cherbuliez, notaire, exécuteur testamentaire du duc de Brunswick), à Genève- Ligornetto, M ^ j
3i janvier 1876, 1 p.
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Lettre relative au monu men d
pour avait des proposi tionsàVela; il nefut pasdonné suite à ces propositions.
S. vin
GRAVEURS ET ARCHITECTES
*- 1930 + MEURON (Albert de), peintre, fils de Maximilien, élève de Gleyre, qui a traité le genre, les animaux et le paysage avec une rare souplesse et un talent magistral, n. à Neuchâtel, i3 décembre 1823. Son tableau, le Col de la Bernina, représentant des bergers bergamasques qui gardent leurs troupeaux, est une des plus belles pages que TAlpe ait inspirées; il est la propriété du musée de Neuchâtel.
i° L. A. S. à son ami le peintre Auguste Bachelin, à Marin; Corcelles (canton de Vaud), 26 juin 1875, 3 p. 1/2 in-8.
Jolie lettre. « J'ai en effet enlevé Iguel (le célèbre sculpteur) qui m'a fait trois médaillons père, mère et fillettes, pour faire partie d'une frise décorative en fayence à ma construction de l'année dernière que vous n'avez pas vue, je crois. Je vous demanderai quelques conseils sur place... J'ai vu Clément (Charles Clément, le célèbre écrivain et critique d'art) à Fleurier, il y a peu de jours. 11 m'a donné deux dessins de Gleyre... « — (Charles Clément fut l'ami et le biographe de Gleyre. — Voir le numéro 1918.)
2° L. A. S. à M. Alfred Bovet, à Valentigney; Corcelles (canton de Vaud), i5 octobre 1884, 2 p. in-8, enveloppe. Superbe et intéressante pièce avec un très joli dessin à la plume représentant un fragment du célèbre tableau dAlbert de Meuron, Le Col de la Bernina, que possède le musée de Neuchâtel. Ce dessin fait partie du corps même de la lettre.
Très belle lettre d'en- — voi du dessin décrit ci- — ji^É^— ^. • , ^-~"-r-dessus. « Voici, Monsieur , le croquis que vous m'avez fait l'honneur de me demander pour votre collection.
Qui veut trop bien faire, fait mal !... Vous me demandez quelques mots sur le tableau dont je vous envoie un fragment. Je ne serai pas long. Découragé de l'Oberland par la pauvreté des costumes, j'ai suivi les conseils d'un ami qui revenait des Grisons et qui m'a engagé à y aller. J'y suis allé; ces bergers m'ont plu; je les ai peints dans leur milieu pendant deux ou trois étés et ma toile est le résumé de l'impression que m'a laissée la Bernina et son lac blanc. »
D'après le joli dessin qui est reproduit cicontre, on jugera du charme qui se dégage de cette composition tranquille. L'effet du groupe de bergers se détachant en vigueur sombre sur les fonds clairs est d'une impression très poétique.
PEINTRES ET - SCULPTEURS
S. vin
+- 193 1 -* CASTAN (Gustave), un des plus habiles et aimables peintres sortis de l'atelier d'Alexandre Calame, qui a demandé ses inspirations à la montagne et à la plaine, aux rives des lacs et aux côtes de la mer, n. à Genève, 24 décembre 1823.
L. A. S. à son ami le peintre Auguste Bachelin, à Marin; Genève, 24 février 1 885, 1 p. pl. in-4.
Très belle lettre qui encadre un charmant dessin. « Voici le croquis que vous me demandez. Je ne sais pas si vous pourrez en faire quelque chose. C'est un coin du lac de Neuchàtel du côte' de Saint-Aubin. Depuis que je connais mieux votre lac, je trouve que c'est un de ceux où l'on trouve le plus d'études, surtout depuis qu'on a abaissé le niveau des eaux. Je ne pense pas que ceci ait été le but des ingénieurs qui ont fait ce travail, mais ils ont réussi à faire le bonheur des peintres, si ce n'est celui des riverains et surtout des canotiers. Malheureusement il y a un projet de tramway tout le long de la côte qui va complètement abîmer tous ces jolis motifs. Et les lacustres ? Qu'est-ce qu'ils vont devenir au milieu de tout cela. Ces vénérables tessons qui reposaient tranquillement depuis des siècles au fond de l'eau vont passer une période bien agitée. Vous me demandez mon âge. Hélas, je suis né à Genève en 1823, mais le 24 décembre, en sorte qu'avec un grain de coquetterie je puis dire que je suis né en 1824. Si j'étais une dame je n'y manquerais pas. Mais la vérité avant tout! »
-5- 1932 -f DU VAL (Etienne), peintre, qui a traité le paysage dans un style magistral et a cherché ses inspirations en Suisse, en Italie et particulièrement en Egypte, où il a trouvé les motifs de ses plus remarquables toiles, n. à Genève, 6 janvier 1824.
i° L. A. S. à son ami le peintre Léon Berthoud, à Saint-Biaise ; Morillon, 1 1 octobre 1 884, 4 p. in-8.
Charmante lettre. '< Cher ami, vous m'en dites trop ou trop peu; que signifie ce recueil d'autographes, où figureraient ceux de nos meilleurs artistes contemporains et en particulier celui de votre serviteur que vous voulez bien classer parmi ces olympiens, et qu'il serait question de livrer à la publicité en compagnie de ceux de nos illustres devanciers?... Quant à ce qui me concerne, je demande à ne pas pénétrer dans l'Olympe de mon vivant, j'en fais l'objet d'une requête expresse, et si vous voulez me faire uu plaisir qui ne soit pas posthume et auquel je tiens malgré cela, vous userez de votre influence auprès de qui de droit, pour qu'aucun autographe de moi ne pénètre dans ce recueil destiné à la publicité... »
20 L. A. S. au même, à Saint-Biaise; Morillon, 21 février 1 885, 4 p. in-8, enveloppe. Jolie pièce.
« Je suis né à Genève le 6 janvier de l'an de grâce 1824, le jour des rois. La fée qui présida à mon entrée en ce monde était une bonne fille, mais un peu brelaire; elle m'a donné mon paquet sans le ficeler, le contenu s'en est vidé aux trois quarts, /) . que les moineaux ont converti en guano, d'où je conclus que l'au- //f/i<i-. X, ^~~70j **~Y frits tographe est ici chose bien divertissante. Mais passons : Quand vous verrez Bachelin, qui est un vaillant, ayant eu soin de surveiller ses ficelles, vous lui expliquerez la chose, vous lui donnerez la date requise et pour sa peine vous lui remettrez l'autographe ci-joint de Diday que j'ai retrouvé dans les papiers de mon grandpère(le célèbre peintre Wolfgang-Adam Toepfferi.» — « A propos de Duval, il y aurait un joli petit mot à dire à son sujet : il ne veut pas pénétrer dans l'Olympe de son vivant et on l'y met de force, et le public applaudit.» (Extrait de la lettre de A. Bachelin qui accompagnait l'envoi des deux pièces ci-dessus à M. Alfred Bovet).
•f- 1933 -+ FRANEL (Jean), architecte, auteur du monument du duc de Brunswick à Genève, membre correspondant de l'Institut (1881), n. à Vevey, 4 mars 1824. L. A. S. au sculpteur Iguel, à Genève; Genève, 27 septembre 1884, 1 p. in-8. Très belle pièce.
Jolie lettre relative à un rendez-vous. — (Franel est célèbre surtout par le monument élevé au duc Charles de Brunswick, décédé à Genève le 18 août 1873, qui avait légué son immense fortune à la ville de Genève et dont le testament contenait la clause suivante : « Nous
voulons que notre corps soit déposé dans un mausolée au-dessus de la terre Ss3/&t~~+t&~**
qui sera érigé par nos exécuteurs (sic) à Genève, dans une position preé ni- s nente et digne. Le monument sera surmonté par notre statue équestre et entourée par celle de nos père et grand-père de glorieuse mémoire, d'après le dessin attaché à ce testament, en imitation de celui des Scaligieri enterrés à Vérone. Nos exécuteurs feront construire le dit monument ad libitum des millions de notre succession, en bronze ou marbre, par les artistes les plus renommés. » Franel, chargé de réaliser la volonté du duc, l'a fait avec un rare talent. Tout en conservant au monument de Genève le cachet du quatorzième siècle, il lui a donné une ampleur superbe et un fini de détails qui forme de chacune de ses parties un remarquable sujet d'admiration et d'étude.