‹ Lettres autographes composant la collection de M. Alfred BovetChapitre 62 sur 312 · LETTRE DE LESDIGUIÈRES A HENRI IV — FRAGMENT · texte numérisé non relu

LETTRE DE LESDIGUIÈRES A HENRI IV — FRAGMENT

Numéro 382.

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S. iv

HOMMES DE GUERRE

Pièce historique par laquelle il le félicite d'avoir réussi à fermer par une digue le port de La Rochelle. « Je ne pense pas que vous ayés le contentement de voir Monsieur (Gaston d'Orléans) à l'armée. Il me dit hier que sa maladie l'empescheroit de pouvoir si tost monter à cheval et qu'il vouloit avoir plus de soing de ses intérès à l'avenir qu'il n'en avoit eu par le passé, qu'il seroit bien aise de sçavoir de quelle sorte il seroit traitté... » Il parle ensuite d'un projet de mariage dont Monsieur a entretenu la Reine sa mère « auquel il veult faire croire qu'il s'opiniastre fort. » — (Gaston d'Orléans, qui venait de perdre sa femme Mademoiselle de Montpensier, voulait épouser la princesse Marie-Louise de Gonzague; mais Richelieu s'opposa à ce mariage et en empêcha l'exécution.)

* 385 * FABERT (Abraham), fils d'un imprimeur, maréchal de France (i658), célèbre par ses faits d'armes et par la noblesse de son caractère, gouverneur de Sedan, n. à Metz, i5 octobre 1599, m. à Sedan, 17 mai 1662.

L. A. S. à Du Plessis-Besançon, maréchal de camp des armées du Roi et gouverneur d'Auxonne ; Rozes, 3o mai 1645, 1 p. in-4, cachets et soies. — P. d'Edelinck.

Superbe lettre où il s'excuse de ne pouvoir aller prendre congé de lui, vu qu'il a une vive douleur de pied. Il se rend à Antibes par la mer et ira de là en Bourgogne. Il parle ensuite de la ville de Rozes (qui s'était rendue au marquis d'Harcourt.) « Roze est bien de l'importance qu'elle a tousjours esté creue, mais non pas sy achevée en sa fortification. Il y a peu de terre dedans. La garnison en sortira aujourd'huy, sy elle peut. L'on travaille à luy donner les choses nécessaire à son embarcation. Elle c'est deffendue autant qu'elle a peu et il a tenu à peu qu'elle "n'ait esté forcée... »

•5- 386 * TURENNE (Henri de La Tour d'Auvergne, vicomte de), fils du maréchal de Bouillon, maréchal de France (1643), une de nos plus grandes gloires militaires, n. à Sedan, 11 septembre 161 1, tué à Salzbach, près de Bade, le 27 juillet 1675.

L. A. S. à son Eminence (le cardinal Mazarin), Paris, 1 août (1659), 2 p. in-4, cachets brisés. — P. de Lubin.

Superbe lettre historique sur les négociations du cardinal avec don Luis de Haro. En voici le texte : « Je receus hier la lettre que V. E. m'a fait l'honneur de m'escrire du 26 juillet et je suis extrêmement fasché de l'incommodité qu'elle reçoit dans un temps où la santé lui seroit si nécessaire. L'ambassadeur de Portugal m'est venu voir à ce soir et il m'a dit qu'il a mandé à V. E. que don Louis de Haro pouroit se relascher de les comprendre dans la paix et cerche quelques officiers pour aller en Portugal, et j'avoue à V. E. que je ne sçaurois pas m'empescher d'exhorter secrètement les gens à y aller. Je m'en irai la sepmaine qui vient à la frontière, d'où je n'aprens rien de nouveau. Je pense que l'on est en l'attente de vostre entretien avec don Louis de Haro, à Bruxelles comme à Paris, et ainsi tout demeure fort tranquille. On m'a envoie la liste des régiments de l'Empereurqui marchent par la Silésie, mais comme il ne contient que le nom et point la force des régiments, je ne croi pas que V. E. se soucie de l'avoir. Ils prétendent avec ce secours empescher la paix du ro)' de Dannemarc. On mande néanmoins de Hollande qu'elle va se conclurre, mais je croi que cela est fort douteux. M. Colbert m'avoit parlé d'oster le pain à la cavallerie, mais il me senble que cela leur donneroit un grand prétexte de pi Hier et qu'il vaut mieux continuer cette despence là. J'attendrai avec grande impatience de savoir de meilleures nouvelles de la santé de V. E. » — (Le célèbre traité des Pyrénées fut signé avec l'Espagne le 7 novembre suivant. Quant au roi de Danemark, Frédéric III, il soutenait énergiquement contre les Suédois une lutte qui se termina par une victoire, et aboutit à une paix conclue seulement le 27 mai 1660.)

HOMMES DE GUERRE

S. iv

387 s- CONDÉ (Louis II de Bourbon, duc de), un des plus grands capitaines qu'ait produits la France, n. à Paris, 8 septembre 1621, m. à Chantilly, 8 décembre 1686.

L. A. S. à Monsieur (Gaston, duc d'Orléans, frère de Louis XIII); camp de Villiers-la-Montagne (Meurthe-et-Moselle), 9 septembre 1643, 1 p. in-4, cachets brisés. — P. de Moncornet.

Belle pièce où il le remercie delà lettre qu'il lui a fait l'honneur de lui e'crire. « Je suis tout confus de l'honneur que vous me faites. Je vous supplie de croire que j'en suis très recognoissant.., » — (Le grand Condé commandait alors l'armée à la tète de laquelle il avait gagné, le 19 mai précédent, la célèbre bataille de Rocroi et pris Thionville, le 10 août.)

* 388 + CRÉQUY (François, sire de), maréchal de France (1668), un des meilleurs lieutenants deTurenne, n. vers 1624, m. à Paris, 4 février 1687.

L. A. S. à M. de la Coste, lieutenant du roi en Bretagne, à Saint-Brieuc; Saint-Germain, 21 juillet 1668, 1 p. in-4. — P-

Intéressante lettre par laquelle il le remercie des compliments qu'il a bien voulu lui adresser à l'occasion de son élévation au maréchalat.

* 389 ~f VAUBAN (Sébastien Le Prestre de), illustre ingénieur, maréchal de France (1703), n. à Saint-Léger-de-Fougeret (Nièvre), i5 mai 1 633, m. à Paris, 3o mars 1707.

P. A. S.; Ypres, 7 septembre 1689, 3/4 de p. in-4, cachet. (Coll. B. Fillon.) — P.

Approbation de trois lignes au bas d'une demande d'admission aux Invalides en faveur de Nicolas Saretou, dit la Ramée.

4- 3go f VIVONNE (Louis-Victor de Rochechouart, duc de), frère de la marquise de Montespan, général des galères, vice-roi de Sicile, maréchal de France (1676), favori de Louis XIV, n. 25 août i636, m. à Chaîllot, 1 5 septembre 1688. L. A. S. à M...; (Marseille, vers 1669), 2 p. 1/2 in-fol. — P.

Superbe lettre où il lui fait part des difficultés qu'il rencontre à Marseille (où le retenait sa charge de général des galères qu'il avait obtenue en mars 1669). Il a affaire à trois sortes de personnes différentes : les officiers des galères, les officiers des vaisseaux et les Provençaux. « Tous ces jens là sont envieus, jalous, inquiets et soupsonneus, et ses jens là me sont essentiellement nessessaires. Il faut que je les mesnage et que j'acorde toutes ses cordes là.,. «

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