‹ Lettres autographes composant la collection de M. Alfred BovetChapitre 65 sur 312 · L. A. S. (au Régent) ; Brest, 2 5 avril 17 19, 3 p. in-fol · texte numérisé non relu

L. A. S. (au Régent) ; Brest, 2 5 avril 17 19, 3 p. in-fol

Pièce historique où il proteste avec indignation contre le bruit qui court de son entrée au service de l'Espagne. Il le supplie de croire « que de tous les officiers qui servent le Roy, il n'i en a pas un seul plus esloigné que moy d'une démarche de cette nature, regardant ceux qui sont capables d'en formelle deissein comme des esprits pernicieux et fanatiques, capables d'alumer une guerre intestine, chose que j'ay toujours regardée comme le plus grand malheur de Testât. » Il a pris, malgré sa mauvaise santé, le commandement de la marine à Brest après le départ de M. de Chauvelin. Il mande que la frégate anglaise, portant le courrier dépéché au Régent par l'amiral Barcley, est entrée dans la rade de Brest, et qu'il a à diner les capitaine et officiers de ce navire.

* 400 -* CHEVERT(François de), un des meilleurs capitaines du règne de Louis XV, n. à Verdun, 1695, m. à Paris, 24 juin 176g. Il a été enterré dans l'église Saint- Eustache et son épitaphe a été composée par Diderot.

i°L. S.; Paris, 22 mai 1754, 1 p. in-4. — 20 Pièce autographe, 3/4 de p. in-fol. (Coll. B. Fillon.) — P. de Vangelisty.

La seconde pièce contient des observations relativement à des questions militaires.

-> 401 -* SAXE (Hermann-Maurice, comte de), maréchal de France (1744), l'illustre vainqueur de Fontenoy (11 mai 1746), n. à Gotzlar (Saxe), 28 octobre 1696, m. au château de Chambord, 3o novembre 1750.

L. A. S. (au comte de Lowendal) ; Tongres, le 27 au matin, août (1747), 1 p. pl. in-fol. — P. de

Marcenay d'après Liotard.

Pièce historique sur les opérations militaires. Les ennemis semblent abandonner Maestricht à ses propres forces. « Il ait de trop grende consécance pour les resons militaires d'avoir saite plasse encore saite campagne affein de pousser les -conquêtes avec rapidités et forse Fanée prochenne. Einsi je me déterminerés d'en faire le siège si les ennemis me lesse passer la Meusse, se que je tenterés, si je puis, dans les premiers jours du moy prochein... » — (Le 16 septembre suivant le comte de Lowendal s'empara de Berg-op-Zoom, fait d'armes qui lui valut le bâton de maréchal de France, et le 7 mai 1748 le maréchal de Saxe prit Maestricht. Ces conquêtes amenèrent la paix d'Aix-la-Chapelle, qui fut signée le 18 octobre.)

•s- 402 * BROGLIE (Victor-François, duc de), maréchal de France (1759), vainqueur des Prussiens à Sonderhausen (1768) et à Bergen (175g), ministre de la guerre, n. 19 octobre 1718, m. à Munster, 1804.

L. A. S. au comte de Puységur (Louis-Pierre de Chastenet, prédécesseur du maréchal de Broglie au ministère de la guerre); Paris, 29 avril 1789, 2 p. 1/2 in-4. — p-

Belle lettre où il expose les titres militaires de M. de Be pour lequel il sollicite la place de major. — (Le i3 juillet suivant le duc de Broglie fut nommé ministre de la guerre, mais il ne put occuper ce poste que pendant deux jours, à cause de la prise de la Bastille. On sait qu'il émigra peu après et qu'il fut un des chels de l'armée des princes.)

jarde, capitaine de remplacement dans le régimentde Picardie,

LETTRE DU MARÉCHAL DE SAXE - FRAGMENT ■Numéro 401.

HOMMES DE GUERRE

S. iv

4- 4o3 -fr ROCHAMBEAU (Jean-Baptiste-Donatien de Vimeur, comte de), un des héros de la guerre de l'indépendance des États-Unis, vainqueur de Cornwallis à York-Town, commandant en chef de l'armée du Nord (1790), maréchal de France (1791), n.à Vendôme, 1 juillet 1725, m. à Thoré (Loir-et-Cher), 10 mai 1807. L. A. S. à Decrès; Rochambeau, 28 floréal an X (18 mai 1802), 1/2 p. in-4. — P.

Très belle lettre sur le départ de son fils et de son petit-fils pour l'expédition de Saint-Domingue. « Je livre donc entièrement mon fils et mon petit-fils unique à cette Providence qui a si parfaitement secondé jusqu'icy les plans et tous les talens de Bonaparte. Ne pourroit-il pas me faire une dernière faveur, c'est de le rendre porteur de ce sabre d'honneur que la voix publique et celle du général Le Clerc paroit luy adjuger et que le premier. consul peut juger mieux que personne s'il l'a mérité par ses services. » — Berthier a mis sur cette lettre l'annotation suivante : « Faire le rapport au premier consul pour demander un sabre d'honneur pour le général Rochambeau. « — (Le fils du maréchal, Donatien-Marie-Joseph, ne devait plus revoir son père. A Saint-Domingue il succéda comme général en chef à Leclerc, mort de la fièvre jaune, et fu1 forcé de capituler en novembre i8o3. Il fut, au mépris des conventions, emmené prisonnier en Angle- s — ' y y . >r

terre et ne rentra en France qu'en 1811, quatre ans ^^JîfiyL"'(L^tlj/t c? ï/ <" C-<^£»-<î*i 0 -O.

après la mort de son père. Il fut employé de non- ^-^ . &

veau par Napoléon et périt glorieusement à la ba- ex£ taille de Leipzig le iS octobre i8l3, à l'âge de soixante-trois ans.)

-> 404 •* SUFFREN (Pierre-André, chevalier de), un des marins les plus habiles du règne de Louis XV, adversaire redoutable des Anglais, n. à Saint-Cannat (Bouchesdu-Rhône), i3 juillet 1726, m. à Paris le 8 dé-

cembre 1788, d'une blessure reçue dans un duel » 4 . ' //

trois jours auparavant. n-^Ov^ ( V y A laa^<//\

L. A. S. à M... ; Toulon, 14 mai 1780, 3 p. in-4. — P. «/^^Vy^ o/cMA'

Superbe lettre dans laquelle il fait l'éloge du comte de Bielke et mande ' M -*

qu'il part sur le Marseillais, sans doute pour faire une campagne dans y

les iles. Il le prie d'appuyer la demande qu'il fait d'une commanderie x^V Q//V' /^f/ffîT/ C/^\

dans l'ordre de Malte. — (Suffren, chevalier de l'ordre de Malte depuis " " ' ' v

1748, devint bailli au mois d'août 1782, pendant sa célèbre campagne dans l'Inde.) ^

* 405 * ESTAING (Charles-Henri, comte d'), célèbre amiral, un des héros de la guerre d'Amérique, qui s'empara de Saint- Vincent et de la Grenade (juillet 1779), n. au château de Ravel (Puy-de-Dôme), 1729, décapité à Paris le 28 avril 1794.

L. A. S. .à Monseigneur... ; à bord du Languedoc, en rade du fort royal de la Martinique, 9 février 1779, 1 p. in-fol. — P.

Belle lettre où il sollicite un régiment ou un brevet de colonel pour M. de Choin, qui s'est conduit avec la plus grande bravoure dans les guerres d'Amérique. — (Au mois de juillet suivant le comte d'Estaing s'empara de Saint-Vincent et delà Grenade et battit la flotte de l'amiral anglais Byron.)

* 406 * BERTHIER (Pierre- Alexandre), général républicain, maréchal de l'Empire (1804), prince de Wagram et de Neuchàtel, le fidèle chef d'état-major de Napoléon, n. à Versailles, 20 novembre 1753, m. à Bamberg (Bavière), juin 181 5.

P. S. ; Rome, 27 pluviôse an I de la République romaine (i5 février 1798), 2 p. 1/2 in-fol., tête impr. et superbe vignettede l'armée d'Italie où se trouvent énumérées toutes les victoires remportées par ladite armée. — P. de Bonneville.

Pièce historique, écrite comme général en chef de l'armée qui venait de s'emparer de Rome. C'est le décret de division des différents territoires jusqu'à l'organisation définitive de la République romaine. « Il y aura dans chaque chef-lieu une municipalité a raison d'un membre pour i5oo âmes, et chaque ville de l'arrondissement aura le droit de nommer un membre pour i5ooames de sa population à la municipalité du chef-lieu. »

S. iv

4- 407 -s- DUMAS (Alexandre Davy de la Pailleterie), général, que son intrépidité fit surnommer l'Horatius-Coclès du Tyrol, père du grand romancier, n. à Jérémie (Saint-Dominique), 25 mars 1762, m. àVillers- Cotterets, 26 février 1806.

L. S. à Bonaparte ; quartier ge'néral de Rovigo, 3 thermidor anV(2i juillet 1797), 1 p. in-fol., tête impr.

Superbe lettre, écrite comme général commandant la division de cavalerie. 11 le prie de donner des ordres pour faire rentrer dans leurs corps des détachements de cavalerie, parce que l'éloigneinent a fait relâcher- la discipline. — En téte se trouve une apostille signée de Bonaparte, renvoyant cette lettre à l'état-major.

408 -4- GOUVION SAINT GYR (Laurent, marquis), général républicain, maréchal de l'Empire (1812), ministre de Louis XVIII, auteur de la loi sur le recrutement, base de notre organisation militaire, n. à Toul, i3 avril 1764, m. à Hyères, 10 mars i83o.

L. A. S. àLecourbe; Deux-Ponts, 26 frimaire an IV (17 décembre 1795), 1 p. in-4. — P.

Belle lettre contenant des ordres militaires.

« Je reçois dans ce moment une lettre du général en chef (Jourdan)pour attaquer Kayserlautern demain. Cette lettre étant arrivée trop tard, il est impossible d'exécuter cet ordre, mais il faut nous mettre en mesure pour pouvoir l'exécuter aprèsdemain matin vingt-huit du courant... »

* 409 OUDINOT (Charles-Nicolas), général républicain, maréchal de l'Empire et duc de Reggio, n. à Bar-le-Duc, 25 avril 1767, m. à Paris, i3 septembre 1847.

L.A. S. à Marceau, commandant à Coblentz; Trêves, 23 fructidor an III (9 septembre 1795), 1 p. 1/2 in-4, tete imprimée et vignette représentant un bonnet phrygien. (Coll. B. j Fillon.) — P.

Belle lettre, écrite comme général de brigade, commandant à Trêves. Il lui recommande les familles Reulands et Gatterinan qui ont abandonné Trêves par peur et qui voudraient rentrer dans cette ville en passant par Coblentz.

■5- 410 -* MORTIER (Edouard-Adolphe-Casimir-Josepb), général républicain, maréchal de l'Empire (1804) et duc de Trévise,n. au Cateau-Cambrésis (Nord), i3 février 1768, tué à Paris, lors de l'attentat de Fieschi, le 28 juillet 1 835.

L. S. au colonel Deschamps, commandant le quatrième régiment de chevau-légers ; Moscou, 22 octobre 1812, 1 heure du matin, 1 p. 1/4 in-4. — P.

Pièce historique sur l'évacuation de Moscou (qui eut lieu le lendemain). Il lui ordonne de faire faire des patrouilles de bonne heure dans le faubourg de Calonga. « Qu'elles ramassent avec soin tous les soldats français ou alliés qui pourraient encore s'y trouver, en leur enjoignant de se rendre à la barrière de Mojaisque, où je fais réunir tous les traînards, afin de pouvoir les faire partir avec sécurité. »

HOMMES DE GUERRE

•5- 41 1 + NEY (Michel), maréchal de l'Empire (1804), prince de la Moskowa,une des gloires militaires les plus populaires de la France, n. à Sarrelouis, 10 janvier 1769, fusillé à Paris le 7 décembre 181 5.

L. A. S. à Lecourbe (le célèbre général républicain); quartier général de Meckesheim, i5 brumaire an VIII (6 novembre 1799), 1 p. in-4, tête imprimée. — P. de Tardieu.

Intéressante lettre militaire où il parle des mouvements du général Masséna, qui, s'ils réussissent, aideront à la reddition de Philipsbourg (assiégé par les Français qui, le 2 décembre, furent défaits et levèrent le siège le lendemain). L'ennemi fait de grandes démonstrations sur sa gauche. Détails sur la position occupée par celui-ci.

•3-412 + SOULT (Nicolas-Jean-de-Dieu), général républicain, maréchal de l'Empire (1804) et duc de Dalmatie, un des plus habiles lieutenants de Napoléon, n. à Saint- Amans-la-Bastide (Tarn), 29 mars 1 769, m. au même lieu, dans sa terre de Soultberg, 26 novembre 1 85 1 . .

L. A. S. à l'administrateurgénéral du duché de Parme; Boulogne, 2 messidor an XII (21 juin 1804), 1 p. 1/2 in-fol., tête imprimée. — P.

Superbe lettre dont l'en-tète imprimée porte : « Soult, maréchal de l'Empire, colonel-général de la garde de S. M. l'Empereur, commandant en chef le camp de Saint-Omer. » Il demande les titres de propriété des biens de Torrile, situés dans les Etats de Parme et dont l'empereur vient de lui faire don. — (On sait que Napoléon dotait tous ses maréchaux.)

41 3 * LANNES (Jean), maréchal de l'Empire (1804), duc de Montebello, lieutenant et ami de Napoléon, n. à Lectoure (Gers), 1 1 avril 1769, m. à Vienne (Autriche), 3i mai 1809, des suites d'une blessure reçue le 22 à la bataille d'Essling.

L. S. au premier consul Bonaparte; Aoste, 26 floréal an VIII (16 mai 1800), 2 p. in-fol., tète imprimée et vignette. — P.

Pièce historique, écrite un mois avant la bataille de Marengo. Lannes annonce qu'il vient d'entrer à Aoste après avoir culbuté quatre cents Croates qui lui disputaient l'entrée de la ville. Il lui envoie un sac de lettres qui mandent que Gènes est bombardé et ne peut tenir longtemps. « Ainsi vous voyés qu'il n'y a pas un moment à perdre pour faire descendre l'armée.» — (Masséna, qui défendait Gènes, capitula le 5 juin suivant.)

4414-5- LANNES (Jean).

L. S., avec la souscription autographe, au général Buget ; quartier général aux Ecluses devant 3 février 1809, 1 p. in-4. — P-

Saragosse

Pièce historique. Il vient d'apprendre que les habitants de Tudela ont insulté nos malades et nos blessés et en ont même assassiné un, sur le faux bruit que nos troupes avaient essuyé un échec. « Nous ne sommes pas battus devant Saragosse. Nous sommes dans cette ville dont nous occupons la moitié, et sous huit ou quinze jours au plus tard l'autre moitié sera réduite en cendres ou nous en serons les maîtres. Si on voulait se presser, dans trois joursnous aurions toute la ville. Quelques mille paysans ont voulu se montrer sur nos derrières; on les a coupés en pièces. Rassemblez chez vous les principaux de la ville de Tudela, dites-leur que mon intention est que les complices de l'assassinat commis sur le soldat français soient arrêtés et pendus dans les vingt-quatre heures. Si à l'avenir les habitants de Tudela se permettent d'insulter un de mes soldats, je les ferai tous passer au fil de l'épée et brûler leur ville. Vous pouvez faire lecture de ma lettre aux habitants et leur dire qu'il faut d'autres troupes que les leurs pour me battre. « — (Saragosse tint encore dix-huit jours et fut prise le 21 février 1809.)

HOMMES DE GUERRE

S. iv

* 4i5 ■+ BONAPARTE (Napoléon), général en chef des armées d'Italie et d'Egypte, empereur des Français sous le nom de Napoléon I, le plus grand capitaine des temps modernes, n. à Ajaccio, i5 août 1769, m. à l'île Sainte-Hélène le 5 mai 182 1.

L. A. S. Buon aparté, lieutenant-colonel, aux officiers municipaux de Bonifacio ; Olmetta,

11 janvier (1793), 1 p. in-4. (Coll. Dubrunfaut.) — P.

Précieuse lettre, écrite comme lieutenant-colonel des volontaires nationaux d'Ajaccio. « Nous arriverons demain dans votre ville, en conséquence de l'ordre du général Paoli, commandant de la division. J'aurois avec moi deux compagnies. Les sergents-major de logement arriveront une heure . —

avant. Je connois votre zèle et votre civisme et je ne / / } - "^C^

doute point de votre activité pour que la troupe ne (/ dfAJ'fi£(X &LS\Sj?JP

manque de rien. Nous partirons incontinent pour Bo- X ^^^«.

nifaccio.» —(Bonaparte revint bientôt en France et fut 1 • 1

nommé, le S mars 1 7 g 3 , capitaine en premier au quatrième régiment d'artillerie. Il contribua, en cette qualité, à l'énergique répression du mouvement fédéraliste du Midi.)

* 416 ^ BONAPARTE (Napoléon).

L. S., écrite par son aide de camp Duroc (depuis grand-maréchal du Palais), au général l'Espinasse (n. à Pouilly-sur-Loire, 1736, m. 1816) ; Vérone, 1 nivôse an V (21 décembre 1796), 3 p. infol., tête impr. et superbe vignette de l'armée d'Italie. (Coll. Lajarriette ex. Dubrunfaut.) — P.

Importante pièce historique, écrite comme général en chef de l'armée d'Italie. Elle contient l'organisation du service de l'artillerie dont l'Espinasse était le chef. Bonaparte déclare qu'il est indispensable de subdiviser ce service pour pouvoir faire face à tout et il désigne pour remplir les commandements en sous-ordre les généraux ou officiers supérieurs Dommartin, Sugny, Verrières, Faultrier, Andréossy et Montfort. — (Bonaparte avait gagné, le 17 novembre, la bataille d'Arcole, et il assiégeait Mantoue qui se rendit le 2 février 1797.)

417 •+ BONAPARTE (Napoléon).

L. S., écrite par son secrétaire Bourrienne, au général Vial (né à Antibes, tué à la bataille de Leipzig en 181 3) ; le Caire, 3 fructidor an VI ( 20 août 1798), 1 p. 1/4 in-fol. (Coll. Lajarriette et Dubrunfaut.) — P.

Lettre des plus curieuses, écrite comme général en chef de l'armée d'Egypte. Il lui donne des instructions relatives au commandement qui lui est confié. « Ecrivés à Gazzas pacha et au pacha de Tripoli que je vous ai chargé de leur écrire que nous n'en voulons ni à l'un ni à l'autre, et encore moins aux musulmans et aux fidèles, qu'ils peuvent se tranquilliser et vivre en repos et que j'espère qu'ils protégeront le commerce d'Egypte en Syrie, comme mon intention est de le protéger de mon côté... J'imagine que vous aurés eu soin que l'on fêtât avec plus de pompe encore que les autres années la fête du Prophète qui est dans 4 ou 5 jours. La fête du Nil a été très belle; celle du Prophète le sera encore davantage. » — (Bonaparte avait débarqué en Egypte le 1 juillet et après avoir gagné, le 21, la bataille des Pyramides, il était entré, le 23, au Caire.

v 418 f- SUCHET (Louis-Gabriel), maréchal de l'Empire (1811), qui s'illustra pendant la guerre d'Espagne, n. à Lyon, 2 mars 1770, m. au château de Saint- Joseph, près de Marseille, 3 janvier 1826.

L. A. S. au général Garnier, à Tende; Fontan, i4prairial an VIII (3 juin 1800), 1 p. in-fol., tète imprimée. (Coll. B. Fillon.) — P.

Belle lettre où il donne des ordres pour assurer le blocus de Vintimille et le rétablissement de foutes les batteries de la côte. — (Suchet faisait alors une campagne heureuse contre les Piémon tais qu'il battit, le 5 juin, à la Pieva.)

S. iv

4-419-5- DAVOUT (Louis-Nicolas), général républicain, maréchal de l'Empire, vainqueur des Prussiens à Auerstaedt (14 octobre 1806), n. à Annoux (Yonne), 10 mai 1770, m. à Paris, 1 juin 1823.

L. A. S. au citoyen Gauthrot, à Avallon ; Auxerre, 29 floréal, 1 p. 1/2 in-4. — P.

Lettre écrite vers 1793. Il l'invite à venir à Ravières, car ce ne sera qu'après cette démarche qu'il ajoutera foi à son républicanisme. « En vérité Maure devroit bien dans un de ses moments perdus venir voir nos dix chapelles où toutes les scènes de la passion sont figurées. Assurément cela mérite bien un pellérinage civique de la part de Maure.» — (Il s'agit de Maure aîné, député de l'Yonne à la Convention, qui fut compromis dans l'affaire de prairial an III et se brûla la cervelle.)

■J- 420 ~ir MURAT (Joachim), maréchal de l'Empire (1804), roi de Naples, le plus brillant général de cavalerie des guerres de l'Empire, n. à La Bastide-Fortunière (Lot), 25 mars 1771, fusillé au Pizzo (royaume de Naples) le i3 octobre 1 81 5.

L. S. au général Milhaud (n. à Arpajon, dans le Cantal, en 1766, m. en 1 8 3 3) ; quartier général de Cronach, 8 octobre 1806, 3 heures du matin, 2 p. 1/4 in-4. (Coll. Fossé Dar cosse et Dubrunfaut.)

Pièce historique, écrite six jours avant la bataille d'Iéna. Il lui mande que les hostilités sont commencées depuis la veille et lui ordonne de marcher en avant et d'attaquer l'ennemi avec précaution, sans néanmoins se compromettre. « Vous ferez observer à vos troupes la plus sévère discipline ; vous ferez respecter les personnes et les propriétés; vous direz aux autorités que nous ne venons point pour faire la guerre aux Saxons, mais pour les délivrer de la présence des soldats d'une puissance qui la première a violé leur territoire...»

4-421 GÉRARD (Etienne-Maurice, comte) y un des héros des campagnes de 181 3 et de 1 8 1 4, maréchal de France (i83i), qui prit Anvers (23 décembre i832), n. à Damvilliers (Meuse), 4 avril 1773, m. à Paris, 17 avril 1 855 .

L. A. S. à Louis Bonaparte ; 3o fructidor an XIII (17 septembre i8o5), 1 p. in-4. — P-

Lettre écrite comme colonel et aide de camp du maréchal Bernadotte. Il sollicite l'honneur d'aller présenter au prince Louis, de la part de Bernadotte, une médaille en or frappée dans les montagnes du Harz.

■3-422^ MARMONT (Auguste-Frédéric-Louis Viesse de), maréchal de l'Empire (1809), duc de Raguse, fameux par la capitulation qu'il signa avec les alliés en 1814 et par la tentative de répression de la révolution populaire de juillet i83o, n. à Chatillon-sur-Saône (Côte-d1Or), 20 juillet 1774, m. à Venise, 22 juillet i852.

i° L. A. S. au sénateur Perregaux (le célèbre banquier, son beau-père) ; Vicence, 18 nivôse an IX (4 janvier 1801), 1 p. in-4, tête imprimée. (Coll. Trémont.) — P.

Belle lettre. « Vous connoissez, Monsieur, les brillants résultats de notre campagne. Ainsi je me dispenserai de vous en parler. Je me contenterai de vous dire que nous avons surmonté de grands obstacles, battu les Autrichiens, que nous poursuivons sans relâche. Nous serons, j'espère, bientôt aux termes de nos travaux et la paix me rappellera à Paris. J'y retournerai avec grand plaisir, quoique j'aye trouvé ici toutes sortes d'agréments. » Il espère se réunir bientôt à sa femme, qu'il n'a pas vue depuis vingt jours. — (Le 25 décembre 1800, l'armée d'Italie, dont Marmont commandait en chef l'artillerie, avait remporté la victoire de Pouzzolo et passé le Mincio. Cette brillante, mais courte campagne, fut terminée par la paix de Lunéville, signée le 9 février 1801.)

2° P. S. ; Chatillon-sur-Seine, 11 août 1 8 1 6, 3/4 de p. in-4.

Curieux document. C'est le serment au Roi, à l'honneur et à la patrie, prête par Marmont en qualité de grand-croix de la Légion d'honneur.

HOMMES DE GUERRE

S. iv

* 423 * HUGO (Joseph-Léopold-Sigisbert, comte), général, qui s'illustra dans la guerre d'Espagne et par la défense de Thionville en 18 14, père du grand poète, n. à Nancy, 1774, m. à Paris, 3o janvier 1828. C'est lui qui s'empara, en 1806, du fameux brigand napolitain Fra Diavolo.

L. A. S. à Joseph Bonaparte; Plaisance, 1 jour complémentaire an XII (18 septembre 1804), 1 p. 1/2 in-4. — P.

Très belle lettre, écrite comme chef du quatrième bataillon du vingtième régiment d'infanterie, et où il exprime son regret de ne pas faire partie de la de'putation militaire qui se rend au couronnement de l'Empereur.

•f 424 -* BEAUHARNAIS (Eugène de), fils du général Alexandre de Beauharnais et de l'impératrice Joséphine, vice-roi d'Italie, vainqueur des Autrichiens à la Piave et à Raab (1809), n. à Paris, 3 septembre 1781, m. en Bavière, 26 février 1824.

i° L. S. à Berthier;(Pa- cJk, ris), 20 germinal, 1 p. infol.jtèteimpr.

et vignette de la garde des consuls. — P.

Lettre écrite en qualitédechef de brigade, commandant les chasseurs à cheval. Il lui demande de permettre à cinq hommes d'entrer dans le corps qu'il commande.

2° L. A. S. à sa mère (l'impératrice Joséphine), Conegliano, 9 mai (1809), 8 heures du matin, 1 p. 1/2 in-4. (Coll. Dubrunfaut.)

Pièce historique où il lui annonce la victoire de la Piave (qu'il avait remportée sur les Autrichiens). « Enfin voilà une victoire remportée par l'armée d'Italie. J'espère que l'Empereur sera content de nous. Hier nous avons fait une attaque très hardie. L'armée a passé la Piave devant toute l'armée autrichienne. L'ennemi a été en pleine déroute /*7 y) ? et cependant les trois quarts de mon armée n'ont pas tiré un coup de fusil ; mais notre cavalerie s'est couverte de gloire. Les résultats de la bataille sont quatorze pièces de canon, vingt-cinq à trente caissons, au moins trois mille prisonniers, dont deux généraux, huit officiers d'état-major et quarante à cinquante autres officiers. L'ennemi a eu en outre deux généraux tués et trois grièvement blessés... »

4- 425 <- BUGEAUD DE LA PICONNERIE (Thomas-Robert), maréchal de France (1843), conquérant de l'Algérie, dont il fut gouverneur général (1840), duc d'Isly, après la célèbre victoire remportée sur les Marocains le 14 juillet 1844, n. à Limoges, i5 octobre 1784, m. à Paris, 10 juin 1849.

I.. A. S. à son cher Edmond: Exideuil (23 juin 18J4), 3 p. 1/2 in-4. Légère déchirure. — . P.

S. iv

HOMMES DE GUERRE

Très curieuse e'pitre contenant de piquants détails sur les re'centes élections et sur sa nomination comme député. Les élections de la Dordogne sont excellentes et il se réjouit de l'échec de Mérilhou (ancien garde des sceaux). Saint-Marc Girardin a passé à une bonne majorité (dans la Haute-Vienne). Détails sur les libations faites à cette occasion. « C'est trop de joie à la fois, nous renonçons à dormir, nous chantons et nous buvons toute la nuit... » Il apostrophe les journalistes, qui calomnient et outragent les hommes les plus honnêtes, o Ah ! oui, les monstres! combien ils ont démoralisé la nation! Qui nous aurait dit que nous verrions le hideux spectacle des carlistes, barons et marquis, donnant le bras à de sales républicains et se rendant ensemble à l'urne électorale où l'un et l'autre espèrent déposer le germe d'une révolution. Infâmes insensés ! Plus de ménagements pour les fonctionnaires de ces deux couleurs. Tout ce qui a travaillé ouvertement dans cette horrible coalition doit être renvoyé impitoyablement... »

+- 426 * PELISSIER (Amable-Jean-Jacques), maréchal de France (i856) et duc de Malakoff, qui prit Sébastopol (8 septembre i855),n. à Maromme (Seine-Inférieure), 6 novembre 1 794, m. à Alger, 22 mai 1864.

L. A. S. au général (Mac-Mahon) ; Londres, 1 5 juin 1 858, 3 p. in-8. — P.

Intéressante lettre, écrite d'Angleterre (où il était ambassadeur depuis le 23 mars). 11 exprime ses regrets de ce qu'il ne vient pas à Londres où il l'attendait. Considérations sur les événements actuels. Allusion au prince Napoléon. « Les princes sont bien coûteux et il y aurait meilleur emploi à faire de notre argent assurément. » Détails sur les difficultés qui s'étaient élevées entre la France et l'Angleterre et qui ont été vite aplanies. Demande de nouvelles du maréchal Bosquet. « On nous le dit bien bas. »

* 427^ BISSON (Hippolyte), lieutenant de vaisseau, commandant du Panayoti, n. à Guéméné, 3 février 1796, m. héroïquement sur les côtes de Grèce le 4 novembre 1827, en faisant sauter son navire plutôt que de se rendre à des pirates.

L. A. S. à sa mère, à Paris; Alexandrie, 10 septembre 1827, 2 p. in-4. Rare. (Coll. Cottenet.)

Très belle lettre où il lui annonce son arrivée en Egypte. « Il est fâcheux que nous nous trouvions ici /jÏ^y^P'iz" " dans un moment où nous sommes menacés de guerre, * *~

car nous serons privés d'aller au Caire, l'un des points que je désirais le plus de voir... Tout notre équipage est assez bien. Nous aurons quitté Alexandrie avant la saison de la peste. Du reste, on prend tant de précautions pour éviter cette maladie qu'elle n'est presque jamais à craindre, n

•f- 428 ■+ NIEL (Adolphe), général du génie, qui dirigea le siège de Sébastopol et décida la victoire de Solferino, maréchal de France (1859), ministre de la guerre (20 janvier 1867), créateur de la garde mobile, n. à Muret (Haute-Garonne), 4 octobre 1802, m. à Paris, i3 août 1869.

L. A. S. à Napoléon III; Paris, 19 avril 1867, 2 p. in-4. — P-

Curieuse lettre où il dément le bruit, répandu par le général Changarnier, de mouvements de troupes prussiennes du côté de Francfort. « J'ai l'honneur de rappeler à l'Empereur que j'ai vu hier un officier parti la veille de Francfort et ayant passé plusieurs jours à parcourir la vallée du Rhin, qui m'a dit qu'il n'y avait dans tout ce pays aucun mouvement de troupes. On a même envoyé en congé de Mayence une partie des soldats d'un bataillon de chasseurs qui y tient garnison. »

HOMMES DE GUERRE

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429 -* CAVAIGNAC (Louis-Eugène), célèbre général de l'armée d'Afrique, n. à Paris, i5 octobre 1802, m. dans la même ville, 28 octobre 1857. L. A. S. à son oncle ...; Tlemcen, 26 mars 1847, 1 5 p. in-4. — P.

Lettre des plus importantes, la plus belle qu'on connaisse du général Cavaignac. 11 y expose ses idées sur la colonisation de l'Algérie. « De cette nécessité décoloniser avec et malgré la guerre, de ce fait que la colonisation ne se crée pas au bruit des coups de fusils, il résulte cette vérité qu'il faut baisser un rideau entre les deux principes contraires, la charrue et la cartouche, qu'il faut qu'ils ne puissent ni se voir, ni s'entendre, car s'ils se voient ils se battront, et dans la lutte la charrue succombera. Ainsi vouloir coloniser l'Algérie à sa limite comme on la colonisera sur le bord de la mer, c'est absurde, car non seulement le colon de la frontière sera écrasé, mais sa chute fera mal au colon du littoral. Celui-ci tombera aussi. Il n'y a pas un point de cette toile d'araignée que vous puissiez entamer sans que le centre ne le sente et n'en souffre. » Donc la colonisation civile ne peut se développer qu'autant qu'elle est couverte, et, une fois développée, il lui faut encore un abri. Il préconise, dans ce but, le système de la colonisation militaire. C'est parmi les soldats d'Afrique qu'il faut chercher des colons, sans rejeter le moins du monde l'élément civil. « Le colon militaire sera bien partout: le colon civil ne sera bien que sur la côte et couvert par l'autre. » Cavaignac trace ensuite un portrait fort bien fait de ces deux espèces de colons. Puis il s'élève contre l'idée décoloniser à l'aide des capitalistes. « Etablir le colon par le capitaliste, c'est, si l'on n'y prend garde, livrer le premier au second, et craignez de fonder ici une nouvelle Irlande, craignez de n'avoir ici qu'une population qui soit réduite à vivre durement pour engraisser les absents. »

* 43o -* LA MORIGIERE (Christophe-Louis- Léon Juchault de), un des meilleurs généraux de l'armée d'Afrique, commandant en chef de l'armée pontificale et vaincu par les Piémontais à Castelridardo (1860), n. à Nantes, 5 février 1806, m. au château de Proussel (Somme), 10 septembre 1 865.

L. A. S. à Genty de Bussy, conseiller d'Etat (ancien intendant civil de la régence d'Alger) ; Alger, 25 octobre 1 83 5 , 1 p. 3/4 in-4. (Coll. B.Fillon.) — P.

Très intéressante lettre, écrite comme chef de bataillon des zouaves. Il lui mande qu'il a été proposé pour le grade de lieutenant-colonel et le prie d'appuyer cette proposition et de savoir si on le nommerait dans un régiment d'infanterie ou dans son corps. Il préférerait la deuxième solution, mais il se résignerait à la seconde. Avant tout il faut le grade. « Veuillez vous occuper un peu de tout cela et me dire sur quoi je puis compter. Vous pourrez vous appuyer sur ce que j'ai été mis trois fois à l'ordre de l'armée dans le même mois, la première fois pour avoir sauvé le jeune Bro ; la seconde pour avoir dirigé et complètement fait réussir un coup de main de nuit sur un village de la montagne; la troisième fois pour avoir, devant toute l'armée, enlevé avec mon bataillon le plateau de l'Afronn où était le camp de Sidi-el-Hadj, qui était fort de plus de deux mille hommes ..» — (Les vœux de La Moricièrc furent exaucés, car il fut nommé lieutenant-colonel des zouaves le 'il décembre suivant. Il ne quitta ce régiment que lorsqu'il lut promu maréchal de camp en 1840.)

4-431 + MAC MAHON (Marie-Edme-Patrice-Maurice de), duc de Magenta, maréchal de France (1859), qui s'illustra pendant les campagnes de Crimée et d'Italie et fut vaincu à Reichshoffen et à Sedan, second président de la troisième république, n. à Sully (Saône-et-Loire), i3 juillet 1808.

L. A. S. au général baron Renault, gouverneur général de l'Algérie par intérim (qui fut blessé mortellement pendant le siège de Paris, à Champigny, le 2 décembre 1870) ; Paris, 19 septembre 1 8 58, 1 p. in-4, enveloppe signée. (Coll. B. Fillon.) — P.

Lettre écrite comme commandant des forces militaires en Algérie, et relative pèche télégraphique de l'Empereur qui m'invite à me rendre à Biarritz et pars immédiatement. J'y serai demain soir et espère arriver le 22 au matin à Marseille, d'oii je m'embarquerai immédiatement. Je compte vous arriver le 24 sur le Christophe Colomb que l'on dit assez mauvais marcheur. »

son retour à Alger. « J'ai reçu une dé-

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HOMMES DE GUERRE

•^432 ^ CHARRAS (Jean-Baptiste-Adolphe), lieutenant-colonel, qui fit preuve des plus remarquables vertus civiques et militaires, représentant du Puy-de-Dôme à l'Assemblée constituante de 1848 et à l'Assemblée législative, proscrit au coup d'État du 2 décembre, historien de la campagne de 181 5, n. à Clermont-Ferrand, 7 janvier 1810, m. à Bâle, 23 janvier 1 865 .

L. A. S. à Jules Favre ; Paris, 17 mai (1848), 3/4 de p. in-8, tête imprimée du ministère de la guerre. — P.

Belle lettre, écrite comme secrétaire d'Etat au ministère de la guerre (poste que Châtras occupait depuis le 5 avril). Il lui envoie la situation de l'armée des Alpes. « Je vous ferai remarquer que d'ici à la fin de juin elle doit atteindre le chiffre de cinquante mille hommes. »

4~ 433 * BOSQUET (Pierre-Joseph-François), maréchal de France (i 856), le héros des batailles de l'Aima et d'Inkermann, n. à Mont-de-Marsan (Landes), 8 novembre 1810, m. à Pau, 3 février 1861. Sa correspondance, très remarquable, a été récemment publiée.

L. A. S. (au général Randon, alors gouverneur général de l'Algérie); Paris, 3o janvier 1 856, 3 p. in-8. — P.

Très belle lettre où il le félicite d'avoir, pendant l'expédition de Crimée, préservé l'Algérie de toute insurrection par ses habiles dispositions militaires. Il peut le louer, car il a vu de près les difficultés qu'il lui a fallu surmonter. Il a souvent causé de tout cela avec son ami le général Rivet qu'il a perdu (tué devant Sébastopol) et qui avait le cœur très haut et très juste. « Il s'était chargé de vous donner quelques détails sur la valeur très réelle de nos tirailleurs indigènes de Crimée qui ont su prendre dans notre infanterie une place des plus honorables. J'ai vu avec grande joie les fêtes et les belles réceptions que vous leur avez préparées ; ils les méritent et elles porteront leurs fruits. Un jour évidemment la France trouvera chez les Arabes ses légions arabes, comme autrefois Rome en trouvait dans ses colonies d'Espagne et de Gaule, et c'est une belle question à préparer, je crois, comme appendice du système de recrutement général de notre armée...» — (Le 18 mars suivant, les généraux Bosquet et Randon furent nommés maréchaux de France.)

4- 434 -s- FAI DHERBE (Louis-Léon-César), général du génie, gouverneur du Sénégal, commandant en chef de l'armée du Nord en 1870, un des plus habiles adversaires des Prussiens, n. à Lille, 3 juin 181 8. yp

P. S. ; Paris, 16 novembre i858, 1 p. in-fol. (Coll. B. Fil- " Ion.) - P. Q£ 4 ^

Reçu de 1 5 57 francs pour un mois et demi de son traitement de gouverneur du Sénégal, pendant un séjour qu'il fit en France. — (Le général Faidherbe avait été nommé, en 1854, gouverneur du Sénégal, alors qu'il n'était que chef de bataillon. Il occupa ce poste jusqu'en 1 86 5 .)

4- 435 -s- JOINVILLE (François-Ferdinand-Philippe-Louis-Marie d'ORLÉANS, prince de), troisième fils du roi Louis-Philippe, vice-amiral, qui prit Mogador en 1845, n. à Neuilly (Seine), 14 aoûtai8i8.

L. A. S. à sa mère; devant Ischia, 19 novembre 1844, 4 heures du soir, 1 p. 1/2 in-4. — P.

Belle lettre où il lui mande que son voyage s'est bien effectué et qu'il arrivera le jour même à Naples, à neuf heures du soir. « Je serai bien heureux de parler de vous à tous ceux qui vous aiment. » — (Le prince se rendait à Naples pour assister au mariage de son frère le duc d'Aumale. — V. la lettre suivante relative au même sujet.)

HOMMES DE GUERRE

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* 436 ^ AUMALE (Henri-Eugène-Philippe-Louis cTOrléans, duc d'), quatrième fils du roi Louis-Philippe, général et écrivain, vainqueur d'Abd-el-Kader, membre de l'Académie française ( 1 87 1 ), n. à Paris, 16 janvier 1822.

L. A. S. à sa mère; à bord du Gomer, 19 novembre 1844, 2 p. in-4. — P.

Belle lettre où il lui mande que dans peu d'heures il arrivera à Naples. Le voyage a été magnifique. « En quarante heures nous sommes arrivés de Toulon ici à la hauteur dTschia. Depuis notre départ, pas un souffle n'a agité la surface de la mer, pas un nuage n'a obscurci la lumière du soleil. Aussi pas un passager des deux sexes de ce magnifique Gomer n'a été un instant indisposé. Nous mouillerons cette nuit dans ce magnifique golfe de Naples que vous aimez tant et d'où j'espère ramener, comme le Roi mon père, un inestimable joyau. •> — (Le duc d'Aumale se rendait alors à Naples, patrie de sa mère, pour y épouser une fille du prirtce Léopold de SaJerne, Marie-Caroline- Auguste de Bourbon, née le 26 avril 1822. Le mariage fut célébré le 25 novembre.)

* 437 * DENFERT ROCHEREAU (Pierre-Marie-Philippe-Aristide), colonel du génie, qui s'illustra par sa belle défense de Belfort contre les Prussiens en 1870, n. à Saint-Maixent (Deux-Sèvres), 11 janvier 1823, m. à Versailles, 11 mai 1878. On lui a élevé une statue à Saint-Maixent et à Montbéliard et on a donné son nom à une rue de Paris.

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