Les membres de la confrérie de la Charité
Enfin vous y gagnerez, si vous le faites, pource que Notre- Seigneur le veut ainsi.
è. — A LOUISE DE MARILLAC.
De Paris, ce 7 décembre 1630.
Béni soit Dieu de ce que vous voilà arrivée en bonne santé (1). Oh' ! ayez bien soin de la conserver pour l’amour de Notre-Seigneur et de ses pauvres membres, et prenez garde de n’en pas faire trop. C’est une ruse du diable, dont il trompe les bonnes âmes, que de les inciter à faire plus qu’elles ne peuvent, afin qu’elles ne puissent rien faire ; et l’esprit de Dieu incite doucement à faire le bien que raisonnablement l’o'n peut faire, afin que l’on le fasse persévéramment et longuement. Faites donc ainsi, Mademoiselle, et vous agirez selon l’esprit de Dieu...
Je vous promets de vous mander la disposition de Monsieur votre .fils au prochain voyage (2), ne l’ayant pu par celui-ci, faute de l’avoir prévu. Soyez-en cependant en repos et unissez votre esprit aux moqueries, aux mépris et au mauvais traitement que le Fils de Dieu a soufferts, lorsque vous serez honorée et estimée. Certes, Mademoiselle, un esprit vraiment humble s’humilie autant dans les honneurs que dans les mépris et fait comme la mouche à miel, qui fait son miel aussi bien de la rosée qui tombe sur l’absinthe que de celle qui tombe sur la rose.