Maupeou
A H. DE LA HARPE
A Ferney, 4 Juillet 1776.
Le jour de votre réceptions mon très-cher ami, a été un vrai jour de triomphe; car il était précédé de batailles et de victoires. Ceux qui mettent dans la même balance la vie indolente et presque obscure avec la vie active et glorieuse ne songent pas qu'il ne faut point comparer Atticus avec César.
Il me semble que je me serais borné à célébrer vos succès, sans vous donner tant de conseils sur la manière d'en jouir; mais, après tout, ce n'est qu'une nouvelle mode d'ajuster des lauriers sur la tête des triomphateurs. Votre gloire est entière, mon plaisir aussi, ma reconnaissance aussi. Que ne dois-je point à votre amitié courageuse, qui partage publiquement avec moi les fleurons de sa couronne, et qui me fait asseoir sur son char, à la face de nos ennemis I C*est là ce qui est noble, c'est ce qui est véritablement généreux, c'est ce qui déploie toute la fermeté d'un cœur inébranlable.
Je crois qu'en abrégeant beaucoup la Pharsale^ vous en tirerez un très-bon parti. Vous vous souvenez de la devise qu'on avait faite pour Philippe IIP : Plus on lui Ole y plus il est grand.
A M. LE COMTE D'ARGENTAL
19 Juillet 1776.
Mon cher ange, j'apprends que M"* de Saint-Julien arrive dans mon désert avec Le Kain. Si la chose est vraie, j'en suis tout étonné et tout joyeux ; mais il faut que je vous dise combien je suis fâché , pour Thon-