A MADAME D'ÉPINAY
Le vieux malade, arrivé mourant, ressent les douleurs de madame d*Épinay encore plus que les siennes, et il ressent encore plus Thonoeur de son souvenir. S'il n'accompagne pasLekain, il viendi*a assurément hi renouveler ses anciens hommages avec la plus respectueuse tendresse.
A M. LE COMTE D'ARGENTAL
A Paris, 10 février 1778.
M. le maréchal de Richelieu sort de chez moi ; il est touché des larmes de M. Mole ; il m'a assuré que M*"* Mole n'était pas absolument détestable. Il a tant dit, il a tant fait, que j'ai été obligé d'envoyer le rôle de Zoé à M™' Mole. On m'assure qu'on peut donner encore ce rôle à une autre; que le rôle di Zoé, au cinquième acte, est de la plus grande importance; que le tableau qu'elle fait de l'état d'Irène est un morceau principal, qui exige une grande actrice, et que ce serait une chose essentielle d'obtenir de M"^ Sainval qu'elle daignât le jouer, comme M"' Clairon débita le récit de Mérope; que cela seul pourrait faire réussir la pièce, et que M. Mole ne devrait point s'y opposer, puisque Zoé n'est point une simple conGdente , mais une princesse favorite de l'impératrice; et que c'est en effet M""* Mole qui ôterait le rôle à M"' Ssdnval.
Voilà donc, mon cher ange, à quel point nous en sommes.
J'ai besoin plus que jamais de vos bontés et de vos ordres.
Dudit Jour, à dix heures et demie du soir.
M"* Araould revient de chez M*** Sainval la cadette, qui lui a promis de jouer Zoé. Il ne s'agit plus que d'obtenir de M. Mole de convertir sa femme, à laquelle on promet un rôle fait pour elle dans le Droit du Seigneur ^ qui est entièrement changé, et quon pourrait jouer à la suite à' Irène ^ si cette Irène avait un peu de succès ; sinon je dirai comme Sosie :
0 juste ciel! j'ai fait une belle ambassade!
A M. DE LA DIXMERIE,