Id., liv. I, ép. IV, V. II
^ Virgile, Géorg..\iy. II, v. 538.
prendrez-vous à celle des Juifs, de l'Egypte et de BabyJone? J'aime les mœurs des patriarches, parce qu'ils cultivaient la terre comme moi. Laissez-moi lire l'Écriture samte, et n'en parlons plus.
Mais vous, madame, prétendez-vous lire comme on fait la conversation? prendre un livre comme on demande des nouvelles? le lire et le laisser là? en prendre un autre qui n'a aucun rapport avec le premier, v' le quitter pour un troisième? En ce cas, vous n'avez pas grand plaisir.
Pour avoir du plaisir, il faut un peu de passion ; il faut un grand objet qui intéresse, une envie de s'instruire déterminée, qui occupe l'âme continuellement; cela est difficile à trouver, et ne se donne point. Vous êtes dégoûtée ; vous voulez seulement vous amuser, je le vois bien; et les amusements sont encore assez rares.
Si vous étiez assez heureuse pour savoir l'italien, vous seriez sûre d'un bon mois de plaisir avec l'Arioste. Vous vous pâmeriez de joie; vous verriez la poésie la plus élégante et la plus facile, qui orne, sans effort, la plus féconde imagination dont la nature ait jamais fait présent à aucun homme. Tout roman devient insipide auprès de l'Arioste; tout est plat devant lui, et surtout la traduction de notre Mi rabaud*.
Si vous aimez un tableau très fidèle de ce vilain monde, vous en trouverez un quelque jour dans ï Histoire générale des sottises du genre humain (que j'ai achevée très impartialement). J'avais donné, par dépit, l'esquisse de cette histoire, parce qu'on en avait imprimé déjà quelques fragments ; mais je suis devenu plus hardi que je n'étais; j'ai peint les hommes comme ils sont.
La demi-liberté avec laquelle on commence à écrire en France n'est encore qu'une chaîne honteuse. Toutes vos grandes Histoires de France sont diaboliques, non seulement parce que le for <\ en est horriblement sec et petit, mais parce que les Daniel sont plus petits encore. C'est un bien plat préjugé de prétendre que la France ait été quelque chose dans le monde