‹ Lettres choisies; édition à l'usage des classesChapitre 219 sur 272 · Le chevalier de La Barre: voir la noie plus haut · texte numérisé non relu

Le chevalier de La Barre: voir la noie plus haut

3. « Qu'il me passe mon émclique pour la malade dont il s'agit, et je lu/ « passerai tout ce qu'il voudra pour le premier malade dont 11 sera quel ion,

(Molière. l'Amour médecin, acte 111, se. i,)

A M. CRAJVIER.

Je viens d'ouvrir, pour la première fois, le dix-huilième volume de mes prétendues (JEiivres complètes. Si vous m'aviez consulté, je vous aurais prié de me laisser faire un choix, et de ne pas vous ruiner à donner tant d'ouvrages indignes d'être lus. Je vous ai dit plus d'une fois qu'on ne va point à la postérité avec un si prodigieux bagage ; vous ne m'avez pas voulu croire. Mais pourquoi ajoutez-vous à mes rapsodies d'autres rapsodies qui ne sont pas de moi? pourquoi, par exemple, imprimez-vous une lettre à un M. de B..., que je n'ai pas l'honneur de connaître? pourquoi m'imputez-vous des vers tels que ceux qui sont à la page 446? J'ai arraché cette feuille, et je vous la renvoie : vous en rougirez.

Vous ne voulez pas me rendre ridicule et déshonorer votre presse. Y a-t-il un moyen de sauver votre honneur et le mien? ce serait de faire des cartons, et de tâcher de substituer quelque chose de passable aux impertinences barbares qu'on m'attribue.

Si vous saviez combien on méprise tout ce fatras de petits vers de société, vous ne vous donneriez pas la peine honteuse de les recueillir.

Quelle rage et quel intérêt mal entendu! Ne vaut-il pas mieux resserrer un volume que de l'augmenter par des inepties qui le décréditent?

On a imprimé à Lausanne, sous mon nom, trente pièces de vers que le cocher de Verthamon désavouerait. On croit, parce que vous êtes mon voisin, que c'est moi qui dirige votre imprimerie, et que je vous fournis ces platitudes ainsi qu'aux libraires de Lausanne. On dit, on imprime que je vous vends mes ouvrages, et vous laissez courir ces calomnies! Vous imprimez tout ce qu'on ramasse et qu'on m'impute. Je ne reconnais là. ni votre goût ni votre amitié.

S'il en est encor-e temps, jetez au feu ces bêtises, indignes de vous et de moi.

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