Liv. II, ép. II. V
3. Savant mathématicien et philosophe, membre et secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences dès 1773 ; éditeur de la 1^* édition des Œuvres de Vol-
place, et la littérature si peu. Je vous avoue que j'aime beaucoup mieux de bons vers et une pièce d'éloquence que toutes les nouvelles du Nord et du Midi, qui sont détruites le lendemain par d'autres nouvelles.
Il est vrai que cette partie, qu'on nomme politique, est écrite par un homme supérieur*; mais permettez-moi de préférer !es belles-loLLres, qui bercent ma vieillesse, aux intérêts des princes, auxquels je n'entends rien.
Les dissertations de M. de Fia Harpe n'ont, à mon gré, qu'un seul défaut, c'est d'être trop courtes. Je trouve chez lui une chose bien rare; c'est qu'il a toujours raison, c'est qu'il a un goût sûr. Et pourquoi se connaît-il si bien envers ? c'est qu'il en a fait d'excellents.
Les gens instruits, et disant leur avis, pleuvent de tous côtés; mais où trouver des hommes de génie qui veuillent bien se consacrer au triste et dangereux métier d'apprécier le génie des autres? Si Racine a laissé quelques héritiers de son style, il m'a paru qu'il avait partagé sa succession entre M. de La Harpe et M. de Ghamfort.
Je n'ai point vu \c Moustapha^ de ce dernier, et je suis fâché qu'on s'appelle Moustapha; mais je me souviens d'une jeune indienne qui était une bien jolie petite créature, et qui me parut toute racinienne : car, voyez-vous, sans Racine, point de salut. Il fut le premier, et longtemps le seul, qui alla au cœur par l'oreille :
0 Componit furtim subsequiturque décor s. >»
A propos, il faut que vous jugien entre le duc de La Rochefoucauld* et Confucius' qui des deux a le mieux défini la gravité. Le seigneur français a dit : « La gravité est un mys-
taire (1785-1789) précédée d'une biographie de Voltaire écrite par lui; célèbre par le rôle qu'il a joué pondant la Révolution et par son suicide,