Horace, liv. I, ép. il. f. vJ
DE VOLTAiRi: 95
A FRÉDÉRIC, PRINCE ROYAL DE PRUSSE
Décembre 17S8.
Monseigneur, il nous arrive dans ce moment une écriloire * que M™® du Châteîet et moi, indigne, comptions avoir Thon neur de présenter à Votre Altessse Royale pour vos étrenn es Le ministre qui, selon votre très bonne plaisanterie, est prêt à vous prendre souvent pour un bastion ou pour une contrescarpe, vous offrirait une coulevrine ou un mortier; mais nous autres êtres pensants, nous présentons en toute humilité à notre chef l'instrument avec lequel on communique ses pensées. Je l'ai adressée à Anvers; elle part aujourd'hui, et d'An vers elle doit aller à Vesel à l'adresse de M. le baron de Borck, ou, à son défaut, au commandant de la place, pour être remise à Votre Altesse Royale. Ce qui m'encourage à prendre cette liberté, c'est que ce petit hommage de votre sujet, ayant été fait à Paris, imite et surpasse le laque de la Chine. C'est un art tout nouveau en Europe, et tous les arts vous doivent des tributs. Pîirdonnez-moi donc, monseigneur, cet excès de témérité.
Je suis avec la plus tendre reconnaissance, l'estime et l'attachement le plus inviolable, et le plus profond respect, monseigneur, de Votre Altesse Royale, etc.