Horace, liv I, ép. i, v
à ma jeunesse (ce temps de fautes), qui n'étaient pas faits pour être publics, que l'on a tronqués, que l'on a falsifiés, que je n'ai jamais approuvés, il se trouve des propositions dont on puisse se plaindre, ma réponse sera bien courte : c'est que je suis prêt d'effacer sans miséricorde tout ce qui peut scandaliser, quelque innocent qu'il soit dans le fond. Il ne m'en coûte point de me corriger. Je réforme encore ma Henriade; je retouche toutes mes tragédies; je refonds l'Histoire de Charles XII. Pourquoi, en prenant tant de peines pour corriger des mots, n'en prendrais-je pas pour corriger des choses essentielles, quand il suffit d'un trait de plume?
Ce que je n'aurai jamais à corriger, ce sont les sentiments de mon cœur pour vous et pour ceux qui m'ont élevé; les mômes amis que j'avais dans votre collège, je les ai conservés tous. Ma respectueuse tendresse pour mes maîtres est la même. Adieu , mon révérend père; je suis pour toute ma vie, etc.
A M. L'ABBE MOUSSINOT.
A Girey, le 2 janvier 1739.
Une compote de marrons glacés, de cachou, de pastilles et de louis d'or est arrivée avec tant de mélange de bruit et de sassements continuels, que la boîte a crevé. Tout ce qui n'est pas or est en canelle, et cinq louis se sont échappés dans les batailles; ils ont fui si loin qu'on ne sait oh ils sont. Bon voyage à ces messieurs! Quand vous m'enverrez les cinquante suivants, mon cher ami, mettez-les à part bien cachetés, à l'abri des culbutes.
Je vous recommande toujours les Lézeau, les d'Auneuil, Villars, d'Essaing, Clément, Arouet, et autres; il est bon de les accoutumer à un paiement exact, et de ne pas leur laisser contracter de mauvaises habitudes. — Je vous demande pardon, mon cher ami, mais ma délégation est un droit, et ce serait l'infirmer que de la soumettre au prince de Guise. Point de politesses dangereuses, même envers les Altesses.
Au chevalier de Mouhi, encore cent francs et mille excuses;
encore deux cents et deux mille excuses à Praultfils.Unlouia d'or à d'Arnaud sur-le-champ.
J'ai pardonné à Demoulin, je pardonne encore à Jore; le premier est repentant, le second a donné son désistement; il a avoué ce que j'avais deviné. Il est pauvre, je ferai quelque chose pour lui. Je suis un peu malade, maisje vous aime comme si je me portais bien.