‹ Lettres choisiesChapitre 227 sur 456 · LETTRE CXIV. — A M. LE MARÉCHAL DUC DE RICHELIEU · texte numérisé non relu

LETTRE CXIV. — A M. LE MARÉCHAL DUC DE RICHELIEU

A Monrion, 13 février 1737.

Le fragment de votre lettre sur l'amiral Byng*, monseigneur, fut rendu à cet infortuné par le secrétaire d'État, afin qu'elle pût servir à sa justification. Le conseil de guerre l'a déclaré brave homme et fidèle. Mais en même temps, par une de ces contradictions qui entrent dans tous les événements, il l'a condamné à mort, en vertu de je ne sais quelle vieille loi% en le recommandant au pouvoir de pardonner, qui est dans la main du souverain. Le parti acharné contre Byng crie à présent que c'est un traître qui a fait valoir votre lettre, comme celle d'un homme par qui il avait été gagné. Voilà comme raisonne la haine; mais les clameurs des dogues n'empêchent pas les honnêtes gens de regarder cette lettre comme celle

1. Même avant la déclaration ofûcielle de la guerre de Sept ans, et dès 1751, les hostilités avaient commencé dans le Canada, sous prétexte d'une question de limites entre l'Acadie anglaise et le Canada français.

2. Le conseil d'Etat de Genève avait autorisé ces acquisitions. V. page 240, note 2.

3. La terre des Ormes était sur la limite de la Touraine et du Poitou.

— « Ma situation des Délices est fort au-dessus de celle des Ormes », écrivait Voltaire, vers ce même temps à un autre correspondant : « La chèvre (surnom de cour donné au cumte

d'Argenson)n'a remporté de Paris que le mauvais quolibet : Attendez-moi sous l'orme. » — Voltaire était alors mécontent de ce ministre qui, depuis 1753, avait refusé d'appuyer de son crédit les instances laites et plusieurs fois renouvelées par le poète aûn d'être autorisé à rentrer en France et à retourner à Paris. Il apprit donc sans trop de chagrin, la disgrâce du comte d'Argenson; mais il regretta vivement son frère aîné, le marquis d'Argenson, qui mourut le tô janvier

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