‹ Lettres choisiesChapitre 333 sur 456 · LETTRE CLXII. — A M. DE BELLOY · texte numérisé non relu

LETTRE CLXII. — A M. DE BELLOY

Au château de Ferney, 31 mars 1765.

A peine je l'ai lue% mon cher confrère, que je vous

1. L'arrêt du conseil du roi, qui cassait la sentence du parlement de Toulouse et renvoyait l'affaire à de nouveaux juges, est du 4 juin 1764.

L'arrêt définitif des reçuê/es de l'Hôtel est du 9 mars 1765. Cette lettre, qui est sans date, a été écrite dans l'intervalle de ces deux arrêts.

2. V. page 330, note 4. Le roi accorda à la veuve Calas une gratification de douze nnille francs, six mille francs à chacune de ses filles, trois mille francs à ses fils, trois mille francs à la servante, et six mille francs pour les frais de voyage et de procédure.

— M"» Calas, quelques années après, vint à Ferney remercier Voltaire.

• M»» Calas que j'embrassai hier avec tous ses enfants. » (Lettre à d'Alembert, 8 juillet 1770.)

^ 3. Lorsque « l'événement » du procès fut connu et que la sentence des derniers juges eut été rendue, Voltaire écrivit à ses amis de Paris : « La tragédie de Calas a fini bien heureusement; c'est, à mon gré, le plus beau cinquième acte qui soit au théâtre...

Un petit Calas était avec moi ; nous versions des larmes d'attendrissement, lui et moi ; mes vieux yeux en fournissaient autant que les siens ; nous étouffions, mes chers anf^es. »

(Lettres des 17 et 20 mars 1765, à d'Argental et à Cideville.) — Diderot,

dans sa Correspondance, exprime l'admiration que lui inspire la conduite de Voltaire durant ce long procès :

j Oh ! le bel emploi du génie ! 11 faut que cet homme ait de l'âme, de la sensibilité, que l'injustice le révolte, et qu'il sente l'attrait de la vertu. Eh ! que lui sont les Calas? Qu'est-ce qui peut l'intéresser pour eux ? Quelle raison a-t-il de suspendre des travaux qu'il aime, pour s'occuper de leur défense? • [Mémoires et Correspondance, t. Lp. 293. Edit. Garnier.)

4. V. page 282, note 2. — De Belloy était depuis longtemps en relations avec Voltaire, qui écrivait le 27 mars 1765 à Damilaville:" Je viens de lire le Siège de Calais. L'auteur est mon ami. Je suis bien aise du succès inouï de son ouvrage; c'est au temps à le confirmer. » Le Titus du même auteur avait échoué en 1759; Gaston et Bayard, qu'il donna en 1771, eut douze représentations : sa Gabrielle dh \ergy , en 1772, en obtint vingtdeux. Pierre le Cruel, joué la même année, tomba dès son apparition. Le Siège de Calais, représenté le 13 février 1765, fut son plus brillant succès. De Belloy mourut en 1775.

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