‹ Lettres choisiesChapitre 398 sur 456 · LETTRE CUXXIX. — A «^0 U MARQUISE DE FLORIAN, A PARIS · texte numérisé non relu

LETTRE CUXXIX. — A «^0 U MARQUISE DE FLORIAN, A PARIS

l«» mars 1769.

Ma chère nièce, j'ai été bien charmé de voir de votre écriture, car vous savez que j'aime s'otre style, et surtout votre souvenir. L'idée de n'être point oublié de vous me console dans ma solitude. Il y a aujourd'hui un an que je ne suis sorti de ma chambre et de mon jardin qu'une seule fois. Vous me paraissez avoir pour Paris autant d'aversion qu'il m'inspire d'indifférence. Paris est fort beau pour ceux qui ont beaucoup d'auibition, de grandes passions, et prodigieusement d'argent, avec des goûts toujours renaissants à satisfaire. Quand on ne veut être que tranquille, on fait fort bien de renoncer à ce grand tourbillon. Paris a toujours été à peu près ce qu'il est, le centre du luxe et de la misère : c'est un grand jeu de pharaon*, oii ceux qui taillent^ emboursent l'argent des pontes ^ Mais vous trouveriez Paris le pays de la félicité, si vous aviez connu comme moi le temps du système ^

dans Molière, sont quelquefois factices et même invraisemblables, comme dans VAvare : CQ qui prouve le peu d'importance que le poète et le public, plus sensibles à la vérité des caractères et à la peinture des mœurs, attachaient à cette partie de l'œuvre comique.

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