Epître à Boileau, ou mon Testament
4. La duchesse de Choiseul, femme du principal ministre.— V. page 403, note 2.
5. On dit également avoir foi à, et avoir foi en, mais avec une nuance
de sens un peu différente. Avoir foi à, c'est croire à quelqu'un ou à quelque chose, d'après ce qu'on a lu, ou vu, ou entendu dire ; avoir foi en, marque une confiance plus entière et plus sûre. — « Je n'aurai point de foi à votre voyage du mois d'avril tant que, etc..»
(M"»» de Sévigné, t. Vil, p. 141.) — « Je n'ai pas de foi à votre laideur. » {Id., t. 111, p. 128.) — J'ai foi à l'envie qu'a le Coadjuteur d'achever son bâtiment. >. {Jd., t. VIII, p. 251.)
6. A cause de. Cet emploi de pour était fréquent autrefois; il est devenu rare, et ne convient guère qu'au style familier. — « Les partisans dé Térence l'élèvent au-dessus de tous les poètes comiques ;)our l'élégance de sa diction. » (Racine, préface de Bérénice.)
Pour dormir dans la rue, on n'offense [personne.
[Id., Plaideurs, vers 48.)
« Ne perdez point courage pour toutes ces manières désagréables. »
(M"" DE SÉVIGNK, t. VII, p. 527.)
soit entre les mains de mon gendre Dupuits *, soit dans celles de Guillemet % typographe en la ville de Lyon.
11 m'est revenu de toute part qu'elle a un cœur charmant. Tout cela, joint ensemhle, fait une grand'maman fort rare. Malgré le penchant qu'ont les gens de mon âge à préférer toujours le passé au présent, j'avoue que de mon temps il n'y avait point de grand'maman de cette trempe. Je me souviens que son mari me mandait, il y a huit ans, qu'il avait une très aimable femme, et que cela contribuait beaucoup à son bonheur ^. Ce sont de petites confidences dont je ne me vanterais pas à d'autres qu'à vous. Jugez si je ne dois pas prier Dieu pour son mari dans mes codicilles. Il fera de grandes choses, si on lui laisse ses coudées franches * ; mais je ne les verrai pas, car je ne digère plus ; et, quand on manque par là, il faut dire adieu.
On me mande que le président Hénault baisse beaucoup ^ J'en suis très fâché, mais il faut subir sa destinée.
Je voudrais qu'à cet âge On sortit de la vie ainsi que d'un banquet. Remerciant son hôte, et qu'on fit son paquet.
La Fo>-TAmE, liv. VIII, fab. i.
Le mien est fait il y a longtemps. Tout gai que je suis, il y a des choses, qui me choquent si horriblement, que je prendrais congé sans regret. Vivez, madame, avec des amis qui adoucissent le fardeau de la vie, qui occupent
1. Le mari de M"« Corneille, qui avait sollicité et obtenu la protection de la duchesse de Ghoiseul. V. page 356, note 6.
2. L'un de ces nombreux pseudonymes dont Voltaire s'est servi pour publier une partie de ses écrits. Il prend quelquefois ce nom dans sa correspondance avec la duchesse. — La Correspondance de M°* du Deffand contient plusieurs lettres de la duchesse de Ghoiseul qui témoignent de l'élévation et de la solidité de son esprit.
(Voir, par exemple, dans l'édition Sainte-Aulaire, une lettre de 17C6, (t.I", p. 55.)
3. Nous avons donné le portrait de la duchesse, page 404, note i.
4. Ghoiseul projetait, vers cette époque, de fonder une ville et de creuser un port à Versoix, sur le lac Léman, dans le pays de Gex; il méditait une nouvelle guerre contre les Anglais et faisait étudier les chances d'une descente en Angleterre; mais il était arrêté par la timidité de Louis XV et contrarié par le parti de M°"« Dubarry qui réussit à l'écarter du ministère.