Turgot avait quitté le contrôle général, le 11 rnai
3. Cette mémo année. Voltaire adressa au miniolic disgracié une épitre en vers, sous ce titre : A un homme.
Elle débute ainsi :
Philo.ioplie indulgent, ministre cit/jyen.
Qui ne cherche le vrai que pour fiiiie le
[bien;
(Jui dan peuple léger, et trop ingrat peut-
[ètie,
['réparait le bonheur et celui <le ton
tuiaitre,
4. Voltaire, depuis longtemps, désirait revoir Paris et les nombreux amis qui l'y appelaient; il s'était enfin décidé à ce voyage qui, selon son premier dessein, ne devait pas durer plus de si.x semaines. Il avait quitté Fcrney le 3 février 1778 et était arrivé à Paris le 10 lévrier 11 descendit dans l'hôtel du marquis de Villette (voir page 36b, note 3), situé sur le quai qui porte aujourd hui son nom.
5. Celte lettre répond à un petit billet que la marquise, qui habitait assez près de l'hôtel Villette, s'était
LETTRE CCVII. — A M. TRONCHINi
AU PALAFS-ROYAL.
A Paris, 17 février 1778.
Le vieux Suisse, que M. Tronchin a eu la bonté de voir ;hez M. de Villelte,lui représente que l'alternative conlimelle de strangurie etdedi.'ibète, avec une cessation entière du mouvement péristallique ^ des entrailles, est une îbose assez désagréable et un peu dangereuse; qu'une [nachine ainsi détraquée ne peut subsister encore quel- [ues jours, que par ces mêmes bontés que M. Troncbin a sues.
Les pilules de M™^ Denis lui ont fait depuis beaucoup le bien, mais n'ont diminué aucune de ses douleurs. Un )eu d'enflure aux jambes, enflure qu'il est difficile de délêler dans un corps si sec, semble annoncer la destrucion prochaine de cette frêle machine.
Le vieux malade sera fort aise de pouvoir entretenir pi moment M. Tronchin, avant de prendre congé de la
)mpagnie.
Il a vu M. Franklin % qui lui a amené son petit-fils auluel il a dit de demander la bénédiction du vieillard. Le lieillard la lui a donnée en présence de vingt personnes, t lui a dit ces mots pour bénédiction : « Dieu et Lilerté '■* ! »
îpresaée d'adresser à Tillustre voyaîur. Pour répondre à son tour à cette Ittre, M"» du Deffand alla voir joltaire et n'augura pas bien de sa intc : « il m'a marqué la plus grande
itié et la joie la plus vive de me bvoir; elle a été réciproque... Son drême vivacité le soutient, mais elle ise ; je ne serais pas étonnée qu'il lourût bientôt. » [Corresp. de M"' du jeffand, t. Il, p. 638.) 1. V. page 244, note 2. — Ce felèbre praticien avait quitté Genève
s'était fixé à Paris, avec le titre de bemier médecin du duc d Orléans. Il lourut en 1781.
12. Mouvement des fibres de la [uqueuse de l'estomac et des intes- 13 qui facilite le travail de la diges- )n.
LETTR. CH. DE VOLTAIRE
3. Franklin, envoyé ù Paris par le Congrès américain et par Washington, était venu négocier avec la France un traité d'allianc ? offensive et défensive et un traité de commerce. Ce traité fut signé en 1778. Il resta à Paris comme minisire plénipotentiaire et ne retourna en Amérique que sept ans après. Né en 1706, il mourut en 1790.
4. «On annonce le docteur Franklin, suivi de son petit-fils. M. de Voltaire lui tend les bras, et répond en anglais aux premiers compliments du grand citoyen. M"" Denis qui assistait à l'entrevue avec quelques autre? personnes fit observer à son onclG qu'on aurait été bien aise de les entendre et le pria de s'exprimer en français : « Je vous demande pardon, répliqua-t-il