LETTRE CCXII. — A M. LE COMTE DE LALLY
26 mai 1778.
Le mourant ressuscite en apprenant cette grande nouvelle ^ ; il embrasse bien tendrement M. de Lally ; il voit
i. L'Acadarne française lui avait envoyé une députation pour le féliciter du succès de sa tragédie à' Irène, représentée le 16 mai. Voltaire demanda l'autorisation de lui dédier la pièce. L'Epître dédicatoire, envoyée par lui, fut lue et approuvée dans les séances du 19 et dn 21 mai.
2. Dans la séance du 27 avril et dans celle du 7 mai, Voltaire avait insisté auprès de TAcadémie pour qu'on recommençât le Dictionnaire sur un plan nouveau, plus ample, plus savant, plus historique; il apporta même un projet qui fut discuté d'urgence et adopté. Chaque membre devait se charger d'une lettre de l'alphabet, sous le contrôle de l'Académie tout entière. — « 11 eut beaucoup de peine, dit Wagnière dans ses Mémoires, à faire passer son avis; il s'anima fort...» (T. I, p. 153.) En sortant de la séance, Voltaire dit
à ses confrères présents : « Messieurs, je TOUS remercie au nom de l'alphabet. » — « Et nous, répondit le chevalier de Ciiastellux, nous vous remercions au nom des lettres. » — Desnoiresterres, t. VIII, p. 325-334.
3. A l'exécution du plan proposé par lui pour un nouveau Dictionnaire de l'Académie. — Ces deux lettres prouvent jusqu'à quel point l'ardeur de travail qui avait rempli la vie de Voltaire se soutint jusqu'à la fin et sembla même redoubler à l'approche de la mort.