‹ Lettres choisiesChapitre 99 sur 456 · L'idée première de Mérope lui · texte numérisé non relu

L'idée première de Mérope lui

était venue en lisant la pièce du marquis de Maffei (1675-1755) avec lequel il s'était rencontré à Paris en 1733.

Cette Mérope italienne datait de 1713, elle fut traduite en français par Fréret, et plus lard, après Voltaire, Alûeri (1749-1863), reprit et traita de nouveau ce sujet. Le 23 décembre 1737, Voltaire écrivait à Cideville :

j'ai donc fait Méropp, que vous aurez Il incessamment. » La pièce fut jouée le '20 févrierl 743 avec un applaudissement universel. Ce fut le plus beau triomphe deVoltaire au théâtre. Le parterre était dans l'enthousiasme de l'admiration; il demanda avec mille cris l'auteur.

Tous les mémoires et les journaux du temps témoignent de cet éclatant succès.

le secours de la religion, une mère fournit cinq actes entiers * . Je vous prie de m'en dire votre sentiment tout aussi naïvement que vous l'avez dit à Rousseau sur les Aïeux chimériques^.

Je sais que non seulement vous m'aimez, mais que vous aimez la gloire des lettres et celle de votre siècle. Vous êtes bien loin de ressembler à tant d'académiciens, soit de votre tripot', soit de celui des Inscriptions, qui, n'ayant jamais rien produit, sont les mortels ennemis de tout homme de génie et de talent ; qui se donneront bien de garde d'avouer que, de leur vivant, la France a eu un poète épique, qui loueront jusqu'cà Camoëns* pour me rabaisser, et qui, me lisant en secret, afTecteront en public de garder le silence sur ce qu'ils estiment malgré eux. Peut-être.

.... Exstinctus amabitiir idem 5.

Vous êtes trop au-dessus de ces lâches cabales formées par les esprits médiocres, vous encouragez trop les arts par vos excellents préceptes, pour ne pas chérir un homme qui a été formé par eux. Je ne sais pourquoi vous m'appelez ;9aMi;re ermite ; si vous aviez vu mon ermitage, vous seriez bien loin de me plaindre. Gardez-vous de confondre le tonneau de Diogène avetî le palais d'Aristippe^. Notre

1. On connaît le sujet de cette tragédie ; Mérope, fliled'un roid'Arcadie, a épousé Cresphonte, roi de Messénie, dont elle a eu trois enfants. Polyphonte a tué Cresphonte et deux de ses fils ; il veut contraindre Mérope à accepter sa main. Le troisième fils, élevé en secret à l'étranger, survient tout à coup et délivre sa mère en tuant le tyran.

2. Cette comédie de J.-B. Rousseau, en cinq actes et en vers, n'a jamais été représentée. Elle ne fut imprimée qu'en 1737, dans les œuvres de Tautcur.

3. Locution très usitée alors dans le style familier et qui a vieilli. On l'employait ordinairement en parlant de fa comédie et des comédiens : le tripot comique. Elle était, en ce sens, absolument conlormc à son origine.

car ce mot désigne ces jeux de paumo où l'on a quelquefois représenté des pièces de théâtre. Métaphoriquement, et par extension, ce terme a désigné avec un sens de dénigrement ou de plaisanterie, toute assemblée ou compagnie un peu mélangée et de renom suspect.

4. L'auteur des Liisiades, né en- 15-25, mourut en 1579. Son poème parut en 1572.

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