LETTRE DE PIERRE, ABBÉ DE CLUNI, A HÉLOISE
A notre ténérable et trés-chire Sœur, servante de Dieu, supérieure ct mailresse des srrvantes de Dicu, Héloise, son frére, Pierre, humble abbé de Cluni, la plénitude du salut par le Seigneur ct celle de notre amour cn Jésus-Christ.
La lecture de la lettre de votre sainteté m'a causé une vive et bien vive joie; j'y ai vu que ma visile n'avait pas été un simple passage ; j'y ai reconnu que non-seulement j'avais élé vous voir une fois, mais que depuis je ne vous avais pas quitiées. L'hospitalité que vous m'avez donnée n’a pas été, je le sens, Île souvenir de l’hôte d’une nuit qui passe; je n'ai pas été chez vous un étranger, un pèlerin: j'ai eu droit de cité dans la de-