TESTIMONIA YETEUUM
parents nobles et médiocrement riches : son père, qui estoit chevavalier, le fitestudier estant jeune enfant et apprendre ses premières lettres au pays : il estoit de grand esprit, délié, agu etappercevant, la mémoire grande , l'aprehension heureuse , le jugement solide , et avoit merveilleusement de grandes parties. Après ses premiers éléments de la grammaire, il s'en alla à Paris. La façon d'instituer lors estoit , que si soudainement que les enfants estoient formez par la grammatique, on les mettoit à l'institution de la dialectique , comme estant ceste discipline propre pour juger toutes les autres , et le vray d'avec le faux , pour resouldre toutes difficultez qui se trouvent , voire parmy les actions des hommes. Yray est, que celles qu'ils enseignoient lors par les escolles , approchoit fort de la sophistique, et s'amusoientà quelques livres communs escrits de cela, sans rechercher les fontaines des meilleurs autheurs. 11 y avoit lors un précepteur grandement renommé en ceste discipline, qui s'appeloit Jean Rozelin , natif aussi de Bretagne, qui avoit une grande réputation entre les estudiants. Pour lors Abaelard l'alla ouyr, et avoit esté cest homme des premiers inventeurs de la secte des Nominaux et Réaux , qui a longuement duré depuis. Ces Nominaux tenoient des mots, et dictions, qu'ils forgeoicnt souvent pour indication , propriétez , qualitez , ou prédicaments de toutes choses , et de toutes matières. Abaelard se donna à cette cognoissance , et fut des Nominaux, ([ui enseignoient (comme il disoit) scientiam vocum cl tliclionum , et aussi fut-ce la première partie de sa doctrine, que sainct Hcrnard print à combattre et
TF'STiMOM \ vi:Ti:in M aw
rvn^ilrr. n|>|»<'II.Hi( ci'Hlr Hcirinr jiniiilniiuis ninilnleM vrrhorum : t'i rir voiiliirit point rrervoir m hi tiiroln;;ir nui iiint, (|iii im; Çnsi iMMMMi ri usili' par les maisirrs de IIk'oIo;^!»? , <*t par iFscrifurf saiiicti*. \)v là Aliaclani nida aux aulnes discipliiics, piiiss addoiiria (Ml la llin)|()i;ii» , v{ y a('(|iiist vu lirrf t(dl<î rcpulalion, et en toute» autres S(i('U((*s , «pi On I appela par (''pillirlj! l tiiv(Tsel , comme ayant apris tous les arts, et disciplines, et n'ignorant rien. ()c mot de vray passoit la \erlii de tout homme; car ce qu'on srait n est nulle proportion de. ce (ju On ii;non^ : toutesfois cela se disoit comme il est à croire , faisant comparaison aux autres hommes lors vivants. Mais comme il advient à tous, et que la science enllc, aussi prist cest liomme telle conliancc de son sc^avoir , a>ant conféré , luicté , et disputé avec tous les plus doctes du siècle , qui ne soustenoienl point devant lui, que de pas en autre il essaya de plus en plus de sçavoir debatre et resouldre en toutes choses : et s'enfonça si avant , que curieusement il se voulut enquérir de ce qu'il ne faut pas sçavoir : et par ratiocination humaine , voulut resouldre ce qui est imperceptible au sens , qui estoit destruire le principal fonds et mérite de la croyance de l'homme, qui est de croire simplement : et lui cherchant sa croyance en la démonstration humaine , il ruinoit la fov.
Celuy lequel estant interrogé si Dieu est, respond qu'ouy; interrogé pourquoy il croit, respond qu'il void et list manifestement en ses œuvres, en l'harmonie des cieux , aux plantes de la terre, aux animaux qui y sont en l'ordre et consentement
•2(iV TESTIMOMA VETEIU ^f.
(les choses qu'il ordonna , rcspond très mal , car de cliercher h; principe imperceptible des essences parmy les choses qui tombent soubs le sens, il n'y a ordre , c'est évacuer la foy. C'est un bon arfïument de recognoistre qu'il est, mais mauvais pour fonder qu'il est : celui qui dist, nul ne peut faire les choses que tu fais , s'il n'est envoyé de Dieu, arguoit probablement, mais non comme il Ailloit : car encore que l'envoyé n'eust rien fait de tel , il ne laissoit d'estre tel , qui est le poinct de la foy ; quant aux œuvres , les mesmes se sont souvent faits tels par des hommes reprouvez et transformez en anges de lumière : l'on se pourroit aisément tromper aux sens. Voilà pourquoy il ne s'y faut fier, pour fonder ceste proposition ( il est ) : car demander preuve destruit la foy parlant de la Trinité, qui fut le subject d'Abaelard , il n'y avoit plus d'ordre d'enquérir ou ratiociner par les causes naturelles ni démonstrations logiciennes.
Abaelard fut depuis auditeur d'Anselme, evesque de Laon, qui <lepuis escrivit contre lui, comme aussi de l'evesque de Chaaions : mais pour ce qu'ils cnseignoient le fonds de la théologie, et de la substance des choses, et qu'il désiroit tousiours quelque chose de plus subtil, il les laissa, et retourna à Paris. Il s'accointa (1 une (ille (jui s'appelloit Ileloyse, qu il entreteint quelque temps, et depuis l'esjjousa : et pour ceste mesme cause fut contraint de se retirer de \h , et s'en alla à Nogent le Roy au diocèse de IVoycs , où il S(î mist à tenir auditoire ouvert : et de vray se rendit si admirable, que de toutes les parts du royaume, son au-
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diloin* fui iriii|)lN d iiuditrurs , r( dr \nr{ si coinMr . (|u il liiy lolliit laisser ItMoiMcrt v{ lirr m plaiii \)nS : et on va* t4?m|)H il escrivil lieux livres, I un iju il Jijuirla I lnolnym r.nih. S/ ///. //• ipsum , <jui voN^reii! iiiconliiwMil pur Uni\ h' iiwnidr , r{ mlnreul aux esprits (!«' plusieurs, el plus entre les Iminines lettrcz de Frunee , Allemaf;ne , Italie. L un ^oïd (pie sanul IJernard cscrit que les cardinaux de Home les lisoienl. Tandis qu'il lent, sainct Bernard se n^posa ; eoinmc ses livres furent escrits, il rompit toute |)alien((* , el pensant (ju il v alloit du mal pour la loy catholique , il se rengea en teste partie formée dudict Ahaelard : lequel, sur ces entrefaictes, se de|)artit de son mariage, et de mutuel consentement persuada à sa femme de se rendre religieuse en Tabbaye d'Argentueil : et quant à luy, il fist profession de religion à Sainct Denys, où de jour en jour incessamment estudiant, il se rendoit plus consommé en doctrine et sçavoir, sobre et vigilant , qu'il estoit : et passant les nuicts en estudes , lecture , et exercices de lettres , où il acquist telle réputation, qu'il fut abbé de Sainct Gildaz de Ruyz en Bretagne, qu'il tint quelque temps. Sa renommée courut par tout l'Occident : mais il rencontra en teste le bon homme sainct Bernard , homme véritablement spirituel et exercé en l'Escriture, et en tout exercice de piété et religion : mais si véhément et zeleux , voyant les escrits de cest homme, qui lui furent apportez en sa solitude de Clervaux, qui esveilla les evesques et pasteurs de la province de Sens , avec lesquels ce bon homme procura un décret pour appeler à Soissons ". 34
'2(36 lESTlMOMA VETEKUM.
Abaelard , résolu au jour assigné de luy faire teste , et de le contredire à sa doctrine souhs Alberic , archevesque dé Reims , et Lental , cvesque de Novarre. Là vint Abaelard demander à estre ouy , et parler au concile , mais il ne fut point receu, parce qu'il avoit telle vigueur et présence d'esprit à la dispute, qu'il estoit bien à craindre que nul d eux ne pust soustenir la violence de ses arguments, ni l'adresse de la ratiocination de cest homme, où il estoit infiniment versé ; et falloit bien que quiconque s'avisoit de le contredire se tinst sur les pieds, comme il se monstra avec un evesque dudict concile , qu'il contraignit un jour de tomber en absurdité telle, qu'il fallut que ses compagnons le desavouassent : ce qui fut cause qu'ils le voulurent juger sur ses livres, et propositions recueillies d'iceux. Du jourd'hui il seroit trouvé estrange ; car l'escrit est subject à l'intelligence du disant et escrivant : toutesfois il s ensuyvit qu il fut condemné sentir avec Sabellic hérétique, et fut ordonné qu'il brusleroit ses livres, avec abjurations de ses propositions.
Estant party de là , il ne reposa pas , escrivant un livre apologétique ou defensif de son livre et doctrine : qui fut cause que le bon homme sainct Bernard , relevé de plus belle et aydé par Pierre, dict le Vénérable, abbé de Clugny, et parle moyen des evesques de la province , le fist de nouveau rappeller à un autre synode provincial à Sens , où se trouva le roy Loys en personne , et le comte Palatin , et très grande assistance d'infini nombre (1 hommes , qui estoyent venus pour voir ceste jouste. Les uns es-
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criveiil qu il ne si y (ruuvu pas la vente e;}! ((u il n y trouva; mais cruif^'riaiit uin> sédition du < oiniiiiin iMMipIc nnlxi rnntn* liiy par les ev('S(}ues , loininr \\ rstoit mit ir biirrau , il iir \oiiliil rntrer au concile , (*t apprila des décrets contre luy donnez, au pape liinoc(*nt 11. Le concile déléru i\ son appellation : mais il esrrivit au Tape, lui envoyant ses piopo^itions avec sn censun* par N* rrscript qu'on void rapporté entre les «euvres <ie sainct Hernard paruiy ses epistres : et sujzj^era le concile au j*ape la condemnation d'Ahaelard : sur laquelle le I*ape apposa son décret, rt le coridcinna avec ses propositions par un rescript (|ui se \oid au livre c y dessus allégué. Il estoit à désirer (ju il y cust esté gardé un peu jdus de loruie, encore que la cause lust très juste de condemnation. Entre les mesmes œuvres estant ainsi condemné , il fist une réplique , par laquelle confessant les mots et propositions escrites de son livre , il se defaisoit du sens par une interprétation totalement autre que les mots ne portoient, et depuis la mist par escrit. Ce bon homme sainct Bernard , véritablement grand , sainct , et appris en la théologie et Escriture saincte, plein d'esprit et de zèle, estoit de son naturel fort colère, et croyoit aisément au rapport d« ceux qui luy estoient rapportez de sentir en la foy quelque chose de sinistre , comme dit Othon de Frisingen , ou ce fust la constitution de son naturel bilieux, solitaire et mélancholique , ou du zèle qui le picquoit infiniement pour n'endurer nulle mauvaise doctrine. Et de vray, il escrivit avec amertume contre Abaelard , lequel , comme il appert par les mesmes paroles , ou doctrine
2^8 TESTIMONIA V ETEKUM.
refutée, se monstroit estre un sçavant homme : mais sainct Bernard l'emporta à bonne cause , comme il faut croire , non sans aigreur, passant la modestie et dévotion religieuse, comme ses epistres sur ce subject faictes et escrites le témoignent. Quelquesuns se sont advisés d'escrire ses propositions non entendues toutesfois par ceux qui les ont escrites : et eust mieux valu les avoir tenues en l'histoire , que redites : elles sont par adventure toler.ables aux livres , où elles sont réfutées, car sans cela le subject ne s'entendroit pas , c'est-à-dire le remède avec le venin : mais en simple histoire telles choses ne servent de gueres. Sainct Bernard les conclud en sommaire , quand il dit en une epistre que quand Abaelard traite de la Trinité, il sent l'Arrian; quand il parle de la grâce, il sent le Pelagien : quand il parle de la personne de Jésus-Christ , il sent le Nestoricn : cela dict en sommaire, condemne toutes les propositions qui estoient condemnées es personnes d'Arius, Pclagius et Nestorius. Cela dict il en l'epistre 188 et suivante, et par le menu il le poursuit en l'epistre 189 et 190; et si ne satisfaict-il pas toutes fois ausdites propositions sans travail, comme monstrent ses lettres. Cela se lit pendant que Abaelard se fit religieux à Sainct Denis, du quel temps il estoit dispensé pour un temps de 1 obédience de son abbé. Mais après il continua de tenir l'eschole , se faisant nommer par le monde pour un très sçavant homme ; puis se voyant condemne et ayant abjuré, il repassa en sa créance catholique, et récent les censures de I F^glise, et résolut de laisser le monde :
TKsriMoM A vi:ii:i'. I \i 2«o
et i»e truuvanl dr I urgent (|u il uvoit f^aigné cmi ccjttc céUtUnU* (le rc))utati()ii, au iiicsmi' lieu où il avoit tenu Irscliolr. il fit lia- (ir un inoiiastèiT clr iillcs religieuses ({u ils a))p(-llriit encore aujourd liui le Para( let : en lecjiicl il (ist ahhesse celle ({iii avoil esté autrel'ois sa femme , laquelle estoit lors religieuse à Argenlueil, estant appellée |)ar Pierre, abbé de Clugny, Kloise , comme il se void entre ses epislres : depuis , pour (juelque scandale advenu , le roy en retira les femmes, et y mist des religieux. Ceste femme venue régit le dict monastère avec grande religion et saincteté , et y finit sa vie , et de luy il continua en singulière dévotion , et despendit tout le sien en sainctes œuvres , estant du tout reduict à la religion catholique. Il se trouve encore des epistres d'elle à luy, et de luy à elle, si pleines d'érudition , qu'il n'y a homme qui ne s'esmcrveille de la doctrine de cette femme , traictant des subjecls suffisants pour empescher les plus résolus : aussi avoit elle esté instruicte aux lettres par x\baclard son itiary, le quel en la fm touché au cœur d'une grande repentance contre ses erreurs, se rendit moyne à Clugny, où devenu malade , il fut envoyé à Sainct Marcel près Chaalons , pour changer d'air, mais pour néant, car il mourut : au quelPierre le Vénérable, abbé de Clugny, qui premier lui avoit donné l'habit monachal , et auparavant avoit esté grand oppugnateur de ses opinions, dressa cest epitaphe, le voyant mort en la foy catholique, en tesmoignage de sa doctrine :
(lallorum Socrales , Plato maximus Hesperiarum , iXoster Aristolcles, logicis, quicumque fuerunl .
270 1 E S T I M O N lA V E 1 E U U M .
Aut par, aut melior; studiorum cognitus orbi Princeps, ingenio varius, subtilis et accr, Omnia vi superans lationis, et arle loquendi, Abaelardus erat : sed tune magis omnia vieil , Gùm Cluniaeensem monaebum moremque professas, Ad Chrisli veram transivit philosopbiam.
In quà longœva; benè complens iillima vilae, Philosophis quandôque bonis se connumeranduui Spem dédit, undenas maio, revocante calendas.
Rawlinson , d'après un manuscrit de la bibliothèque d'Oxonne, rapportecette epitaphe d'Abailard, qu'il attribue au prieur Godfroi
Occubuit Petrus , succiimbit , eo moriente , Omnis philosophus , péril omnis philosophia , Scindilur in partes jàni vestis pliilosopliia.' : Gallia facla frcquens sludiis et philosophia , Pctrum defunctum deflet de pliilosophià , Gemma subtraclâ plangilsolitaria facta, Plangit Aristolelem sibi Logica nuper ademptum , Et plangit Socratem ; sibi mœrens Ethica demptum , Physica Platonem , facunJia sic Ciceronem, Artes arlificem déplorant occubuissc , Quod quid sentirent , senscrunt exposuissc. Petrus Arisloteles fuit ipse vel aller et hœres , Solus Aristolelis met;is qui repperit artes; Hic docuit voces cuni rcbus signilicare , Et docuit voces res significando nolarc , Errorcs generum correxit, ità spccierum , llic genus et species in solà voce locavit , Et genus et species sermones esse notavit. Significalivum quid sit, quid signiiicalum , Significans quid sit prudcns diversificavit ; Hic quid res csscnt, quid vocrs significarenl I>ucidius reliquis palefecit in aric porilis :
I KSTIMOM \ \ ITI lU M «271
Sic. Diiiiiial null(iiii(|iit* aiiiiiial ^ciiiih c^hc luoliatiir , Sir vl lioiiiu , scd iiulliiH lioino sprcicm vocilatiii , ln^(M)i(> frolus (lociiit sublilia TrlniH, ho;;iiiata dortoirs i|ii«r non (IocihVc priorrs . (^)iianliiiii (iiflirilcH iiliis sunt oninibtiH artes Thn» IViro faciles, IVtro rcsorrnto palenlrti, IVlriis landandus, Pelnis plangondusal) lioitlc Occidil. lliiiir siiliilA raptiit sors iiivida morte : Kriorum ncluila' surgunl le IV'trc cadontc , Si staiTs cndcrent , vl le surgcnle jaceront.
Gloria te colcbreni fccil , tua fama porcnncni,
Nec potiiil titulos mors abolere tnos , Invidil mors ipsa tibi qui causa fuisti
Omnibus invidia; : mors inimica tibi Jàm tua vocalis scntcnliA facta realis
Mors argumonlum , sic tibi tumba locus, Ila^c in voce doccns , bffc in rébus didicisti ,
Va moriendo probas quod morialur homo.
Pierre le Vénérable, outre l'épitaphe qu'il envoya à Héloïse, en composa encore une seconde pour Abailard. Les deux derniers vers furent seuls gravés sur la tombe.
Petrus in bàc petrâ lalitat , quem mundus Homerum
Clamabat, sed jàm sidéra sidus habent.
Sol erat hic Gallis , sed eum jàm fata tulerunl ,
Ergo caret regio Gallica sole suo.
Ille sciens quicquid fuitulli scibile, vicit
Artifices , artes absque docente docens.
Undccimo maii Pelrum rapere calendœ,
Privantes logices atria rege suo.
Est satis in tilulo, Petrus hîc jacet Abailardus,
Huic soli patuit scibile quicquid erat.
^21-2 TESTIMOMA VETElUiM
ÊPITAPHE D'HÉLOÏSE.
Hoc tumulo abbalissa jacct prudens BLeloissa. Paraclitum statuit, cum paraclito requiescit. Gaudia sanctorum sua sunt super alla polorum , Nos meritis precibusque suis exaltet ab imis.
CALENDAKIUM ALIUD COENOBII PARACLITENSÏS LATINUM.
Undecimo cal. maii, anniversarium M. Pétri Abailardi hujus loci fundatoris, nostraequereligionis institutoris. — Et recenliore manu :Anno Domini Mccccxcvii secundâ mensis maii ossa hujusmodi Pétri fundatoris, quœ per prius erant reposita in loco hujus monaslerii dicto le petit Moustier^ fuerunt delata et reposita in hûc ecclesiâ à parle dexirâ cancelli , prout conslat per instrumentum super hoc confectum. Quiquidem fundare cœnobium cœpit anno Domini Mcxxxapprobarique fecit per Eugenium Papam ' hujus nominis m, electum anno mcxlv. Quam approbalioncm in scriptis dicti fundatoris vidimus.
Decimo sexto cal. junii mater noslrœ religionis Heloissa prima abbalissa documenlis et religionc clarissima, spem bonam cjus nobis vitâ donante féliciter, migravit ad Dominum. — Et iterùm recenliore calamo : Anno Domini Mccccxcvii die ii mensis maii, ossa hujusmodi Ileloissœ, que per prius erant reposita in quodam loco hujus monasterii ôicio le petit Moustier, fuerunt delata et reposita inhâc ecclesiâ à parte sinistrâ cancelli, prout constat per instrumentum super hoc confectum.
' Imo per Innocenlium II anno 113(, ut e\ ipsius Innoccntii litleris palet. Anno cnim 1145 jàm obierat Ab.Tlnrdus.