Du même au même
[IhUl., n» o9.)
Paris, ce 13 juin 1700.
Vous êtes donc devenus tous fous, mon cher Filsac? Est-il l)ossible que vous ayez pu regarder ma lettre à mes commetlans, ou mes autres lettres à la municipalité comme une inconséquence de ma part ? Je voudrois n'en avoir jamais fait d'autres. Avez-vous pu oublier que la ville de Montauban a concouru à ma députation, que j'en suis le représentant tout comme de celle de Caliors, et que je n'ai pu me dispenser de remplir les commissions qu'elles m'a données ^ ? Et que sont, s'il vous plaît, les séditieux de Cahors pour juger ma conduite? Mes soins et ma vigilance sont à tout le département, et non à une ville particulière. Lisez les lettres que j'écris pour la dernière fois à la municipalité et à la Garde nationale, et vous verrez que les inconséquences ne sont pas de mon côté. . . 11 est audessous de ma façon de penser et de mon caractère de flatter ceux qui ont tort, et plus encore ceux que j'ai toujours dû mépriser. En pareille occasion, je ne consulterai jamais mon intérêt particulier. Vous savez combien peu je tiens aux nouvelles places. Je n'ai donc aucun intérêt de ménager les fripons. Si notre ville se montre contre la ville de Montauban et si elle juge mal sa municipalité, elle a tort; l'événement justifiera ce que j'avance. Laissez aller les médians, leur tour viendra...
La fête concernant la Fédération générale de toutes les Gardes nationales avec les trouj)es de ligne est indiquée au 14 du mois prochain à Paris. Chaque district doit envoyer à ses dépens des députés, à raison d un j)ar 200 gardes nationaux.
1. Il esl fail allusion ici à • l'affaire de Moiilauban ». Le 10 mai 1790, les ofliciers municipaux de Montauban devaient confornu'nirnl à la loi faire l'inventaire du mobilier du couvent des Cordeliers. Un attroupement considérable les on empc'cha, et il ne parait pas qu'ils aient insisté beaucoup, car ils n'accomplissaient leur besogne (|u'a contre-cœur, étant • infectés d'aristocratie». Leur mollesse irrita le parti adverse — le parti protestant — qui. à l'aide de la garde nationale à lui dévouée, envahit l'Hôttl do ville. Mais les catholiques roussirent à en expulser leurs adversaires, et restèrent maitros du terrain. On comprend (juc, dans ces conditions, accepter, comme l'avait fait Faydol « les commissions " do la municipalité de Montauban. devait paraître un acte anti-patriotitpie étant donné « l'infâme rùlc » que cette municipalité avait joué. i.\r(:lii>os nalionale*, L) XXI.\, 57; Huche/. <4 lioux. //isloire parlemenlaire, t. VI, p. I8.ï-isii, 41tl-4:iU: RerIrand de Muleville, <>;). cil., l. III, p. 147-148; Archives parlemeuliiire.i, t. XVI. p. 202 et suivantes).
Chaque régiment doit envoyer aussi des députés, ainsi que tous les corps et établissemens militaires.
On continue toujours l'organisation du Clergé. Tenez-moi toujours au courant. Si les fripons faisoient quelque mouvement contraire à mes intérêts, requérez la municipalité, en mon nom et en celui de ma famille, de contenir les séditieux. Si elle mollit en pareille circonstance, j'en aurai raison. Votre comité patriotique correspond avec nos enragés d'ici; c'est ce qui excite nos séditieux. Prenez-y garde.
Je vous embrasse.