Du même au même
(Ibid., n» 61).
Paris, le 30 mai 1789.
... Les Ordres ne sont pas encore d'accord, mon cher Saint- Luc, pour l'examen des pouvoirs. Le Tiers tient toujours à ce qu'ils le soient en commun. L'Eglise et la Noblesse les examinent dans leurs Chambres. Les commissaires conciliateurs nommés dans les trois Ordres parlent beaucoup et se séparent sans rien conclure ^
L'abbé Roy, qui avoit été emprisonné comme suspect d'avoir distribué de l'argent lors de l'émeute, a été relâché d'après sa confrontation avec six prisonniers qui ont déclaré ne pas le connoître.
Mercredi il fut décrété de prise de corps pour une lettre de change de 1.000 livres signée Réveillon, que l'on croit qu'il a fabriquée-.
Des billets, signés Savalette, portant une somme de 160.000 livres, ont été arrêtés au Trésor royal. Deux quidams ont été arrêtés pour le fait de friponnerie. Les pavés sont couverts de gens de cette espèce^.
Trois évêques ont donné au public chacun leur brochure. Celui de Langres veut que l'Eglise et la Noblesse se réunissent pour former une Chambre haute, et le Tiers, compris les curés, feront la Chambre basse ^
Celui d'Autuntend à proscrire les loteries françoises comme [favorables] à la ruine des particuliers et à la dépravation des mœurs ^
Celui de Blois a écritles cahiers du hameau de Madon. C'est une critique très spirituelle de M. Necker, mais sans amer-
1. Le 8 mai, M. Moimier avait proposé d'eavoyer quelques membres des Communes vers le Clergé el la Noblesse pour engager les membres de ces ordres à se réunir aux Communes pour la vérification des pouvoirs. Le Clergé, sur cette invitation, avait accepté de nommer, le 11 mai, plusieurs commissaires qui, réunis à ceux qui seraient élus par la Noblesse et les Communes, pourraient s'occuper de la question de savoir si les pouvoirs seraient ou non vérifiés en commun. Le 19 mai, la Noblesse et les Communes avaient de même nommé leurs commissaires.