De la même au même
(Ibid.)
Paris, le 29 décembre 179C.
.... Pourquoi, mon aimable ami, ne puis-je habiter dans cet affreux temps une petite campogne, où vous seriez avec moi, où nous tâcherions d'oublier, ou du moins de nous occuper le moins possible des malheurs de la France et de tant d'individus!...
On veut faire tant de choses à l'Assemblée nationale qu'on n'en tinit pas beaucoup. On ne sait plus quand on s'occupera de votre corps pour l'organiser entièrement. On commence aujourd'hui l'organisation du Ministère ' ! On a bien échauffé encore le peuple depuis quelque temps. 11 falloit faire sanctionner le décret contre le Clergé. Les libelles journaliers ont été affreux.
1. De l'i-tdl du la France présent et d l'oiiV, par M. tic Caloniio, ministre dlUal. Londres ol Taris, octobre 1790, in-8".
i. Kdmond Burke, lUflexions sur la Révolution en France, IV'.fO.
3. Pcut-èlre le Mémoire de M. le comte de Lallij-ToUcndat ou seconde lettre à ses commettants, Paris, 17911, in-S".
■\. M. I.,aniberl, conlrolcur général, prit sa letrailc à la (in do décembre. Il fut remplacé par M. de Lessarl, qui devint également titulaire du ministère de l'inléricur au départ de M. de Saint-Hriost on janvier 1791.
Vous avez su les exploits des Jacobins à Aix, à Perpignan ? Il y a ici un Club monarchique qui est dénoncé par eux et dans tous les écrits incendiaires. Les membres seront quelque jour massacrés !...
Jai su par le chevalier dUrtubie que M. dAgoult vous avoit envoyé Burke. Sans cela, je vous laurois envoyé. \'ous avez dû être enchanté de cet ouvrage. Il y a une originalité et des choses de sentiment qui m'ont fait le plus grand plaisir.
On veut ici que M. dArtois arrive incessamment. D'autres disent qu'ils n'en croient rien. On emploie des moyens bien doux pour faire revenir les fugitifs !
Adieu, mon aimable ami, je vous embrasse.