‹ Lettres d' "Aristocrates"; la Révolution racontée par des correspondances privées, 1789-1794Chapitre 240 sur 553 · Saint-Couloml) i Ille-et-Vilaine · texte numérisé non relu

Saint-Couloml) i Ille-et-Vilaine

2. .\niie-Elz(''ar du Val, comte do Dampierre, seigneur de Hans, lieutenant-colonel de cavalerie, clievalier de Saint-Louis. Il avait épousé Aj^laé-Kosalic de Ségur. Leur (ils fut sous la Restauration lieutenant-colonel et aide-major des Gardes du duc d'Artois. M. de Daiiipierre, ipii, prés de Sainte-Meneliould, avait \oulu s'approcher de la voiture du Roi pour lui témoigner son respect, fut massacré avec des raffinements de cruauté inouïs (V. Fournel, l'Evénement de Varennes, 1890, in-8", p. 228 et suiv., 3.36 et suiv.).

3. « Un pauvre curé de village, à quel(|ucs lieues de l'endroit où le crime de M. de Dampierre venait d'être commis, eut l'imprudence de s'approcher pour parler au Roi. Les cannibales qui entouraient la voiture se jettent sur lui : « Tigres, leur cria Barnave, avez-vous Il cessé d'être Français! Nation de braves, étes-vous devenus un peuple d'assassins 1 » Ces seules paroles sauvèrent dune mort certaine le curé déjà terrassé >i [Mémo ire s de iM'"^ Campan, 1867, p. 290:.

4. Ceu.i£ qui avaient accompagné la famille royale dans sa fuite: François-Florent, chevalier de Valory, Jean-Gaspard de Moustier, et Louis-Jean-Baptiste de Maledent.

5. J.-B. Gouvion (1747-1792), major général de la Garde nationale, plus tard député à la Législative.

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rection de gens sans-culottes et 'autres, au Champ de Mars, qui ne veulent point de Roy. On a publié la loi martiale, déployé le drapeau rouge, ordonné aux honnêtes gens de se retirer chez eux, pour n'être pas confondus avec les rebelles. J'ai entendu tirer trois ou quatre coups de canon. Dans tout ce monde, il y a des femmes. On a couché en joueM. de La Fayette, on a crié qu'il étoit assassiné ; mais on assure qu'il n'a point de mal. Il est lOheures du soir, et on bat toujours la générale*. Toutes les maisons sont éclairées. Qucst-ce que nous deviendrons ? Dieu le sait, mais créature humaine ne peut le deviner.

i. Voici quelques détails sur cette journée du 17 juillet, en attendant ceux que d'autres lettres nous fourniront bientôt.

l.e 13 juillet 1791, la nouvelle, que l'Assemblée allait voter un décret innocentant Louis XVI du " crime » de sa fuite, avait causé une grande émotion dans les clubs révolutionnaires. Ce jour-là, il fut décidé aux Jacobins qu'une pétition demandant à l'Assemblée l'abdication du Roi serait déposée au Champ de. Mars, et que les citoyens seraient invités à aller la signer. Rédigée par Brissot, cette pétition fut portée au Champ de Mars le 16 juillet. Mais là-dessus on apprit que le décret qui « amnistiait » le Roi était voté (Décret du 15 juillet). Devant cette manifestation expresse de la volonté nationale, les Jacobins reculèrent et déclarèrent renoncer à toute protestation. Mais les Cordeliers refusèrent de les imiter dans ce respect de la loi. Le lendemain 17, ils ameutent la foule au Champ de Mars; une nouvelle pétition très violente est improvisée et signée par 6.000 personnes. Les pétitionnaires n'ajantpas voulu obéir à la sommation de se disperser, la Fayette fut obligé de faire tirer sur eux la Garde nationale, qui en tua ou en blessa une quarantaine. Dans cette journée sombra la popularité de la Fayette, et celle aussi de Bailly, maire de Paris (Aulard, Danton, dans la Bévue de la Révolution, 189.3, I, p. 316-318: — du même, article sur Bailly, dans la Grande Encyclopédie ; — Etienne Charavav, le (Jénéral La Fayette (1757- 1834), 1898, in-8», p. 274-275)

LETTRES DE M. DARCIER A LA COMTESSE DE LAURAGUAIS; DE M. DU BOIS-DES-COURS A M . DE LA MARTELIÈRE ; DE M. DE PÉRIGNY AU MARQUIS DE ROME; DE M«° WORLOCH A M. DES SAUZAIS ; DU COMTE DE PEYSAC A SA MÈRE

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