‹ Lettres d' "Aristocrates"; la Révolution racontée par des correspondances privées, 1789-1794Chapitre 316 sur 553 · LE MARQUIS DE VIBRAYE ET SES CORRESPONDANTS · texte numérisé non relu

LE MARQUIS DE VIBRAYE ET SES CORRESPONDANTS

second au régiment des Gardes françaises, à son frère Anne-Claude Guiilemeau do Saint-Soupplets, ancien écuyer du Roi.

Viennent ensuite quelques lettres isolées que j'ai classées par ordre de date : une lettre de Charles-Georges, marquis de Clermont-Gallerande (1744-1823), maréchal de camp en 1784, à Pierre- Victoire de Sarcé, seigneur de Bossé (Sarthe) ; — une autre de Philippe-Jacques Bengy de Puyvallée (1743-1823), ancien député de la noblesse de Bourges aux États généraux k Bernard-Augustin d'Abzac, que mes lecteurs connaissent déjà ; — une autre de Adrien-Ambroise Texier, ancien gendarme de la Garde du Roi, à M™» Texier, sa mère, à Nontron ; — deux lettres du chevalier Pierre de Blandinières, né à Molière (Loi), vers 17.55, adressées à la comtesse Louise de Bussy, à laquelle étaient écrites les lettres que j'ai données plus haut de la comtesse d'Ambrugeac; — une lettre, enfin, d'un correspondant anonyme au baron du Blaisel, lieutenant général des armées du Roi, cet ami de M™» de Beauplan dont j'ai déjà parlé.

Une dernière série renferme les lettres d'Aglaé-Louise-Marie de Choiseul-Gouffier, duchesse de Saulx-Tavannes (1772-1861), à Aline-Thérèse Le Pelletier née en 1771. fille de Louis Le Pelletier de Rosambo et de Marguerite-Thérèse de Lamoignon-Malesherbes, mariée en 1786 à Jean-Baptiste-Auguste de Chateaubriand, comte de Combourg (1770-1794).

Tant et de si curieuses correspondances ont été publiées sur l'émigration, que je n'ai pas la prétention de croire que celles que l'on va lire puissent révéler beaucoup de détails nouveaux, de faits inconnus, d'anecdotes inédites. Pour les choisir entre cent autres, je me suis placé d'ailleurs à un point de vue spécial : au point de vue des causes de l'émigration, des raisons diverses qui la motivèrent, de la 'psychologie très variéi> des émigrés. On se presse un peu trop en général de condamner en bloc l'aveuglement, l'égoïsme, l'insouciance, la légèreté des émigrés. Or, si cet aveuglement, cet égoisme, cette insouciance, cette légèreté apparaissent dans beaucoup des lettres que je publie, dans celles de M. d'EcqueviJIy, de la duchesse de Saulx-Tavannes, en revanche et par contraste les lettres si graves de M. de Vibraye, celle si froide et si calme de M. de Clermont-Gallerande, celle si pénétrante de M. Bengy de Puyvallée, celle si nette et si précise de M. Texier, sur les motifs de son émigration, celle si attristée du correspondant de M. du Blaisel. feront, je n'en doute pas. revenir bien des lecteurs sur l'opinion préconçue qu'ils pourraient avoir de la valeur morale des émigrés, d'autant que toutes ces lettres sont datées d'avant les grands revers et d'une époque où les illusions étaient permises.

1. — Du comte d'Ecquecillij au inarquis de Vibraye, « chez M. Angran d'Alleray, cul-de-sac Pecquet, rue des Blancs- Manteaux^ à Paris ».

(Arcli. ual., W 0, dossier 269.)

Bruxelles, ce 12 avril 1791.

Je reçois ta lettre, mon cher ami, et je profite d'une occasion sûre pour y répondre. Je crois bien que nous en avons encore

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