‹ Lettres d' "Aristocrates"; la Révolution racontée par des correspondances privées, 1789-1794Chapitre 32 sur 553 · ao;'.l 178a(/6ù/.. p · texte numérisé non relu

ao;'.l 178a(/6ù/.. p

On croit que l'Assemblée votera 60.000 francs pour les évoques, 70.000 pour les archevêques, et 1.500 pour les 44.000 curés. Je ne sais si tous les biens dits ecclésiastiques suffiront. Plusieurs prélats réforment leur maison, de même bien des particuliers. Ce seroit encore un bonheur si on pouvoit espérer de manger son petit pain en paix.

On nous dit hier que M. de Mirabeau avoit été malmené dans l'Assemblée.

Nous apprenons que la présidente de Cornulier s'est retirée au couvent à Ancenis, sur ce qu'on l'a avertie que son curé, au sortir de l'autel, avoit dit à ses paroissiens : « Vous êtes de grands lâches, si dès ce moment vous n'allez pas mettre le feu au château de Vers (sic) et y griller la dame et son homme d'affaires. Je me mettrois à votre tête, si je ne portois pas la soutane^. » Oh! quel homme à soutane! Messieurs les incendiaires, Dieu vous jugera dans sa colère !

Rouen fournit toujours ses mauvaises farines. Il faut bien consommer le reste des 25 millions que M. Necker dit avoir employés pour l'approvisionnement du royaume. Jeudi je trouvai en revenant de Rueil un convoi de 24 voitures qui entroient à Paris.

Vos Quimperlois se sont distingués par leur adhésion à l'Assemblée nationale sur la renonciation à tous droits et privilèges.

Adieu, respects à votre sexe et amitiés pour votre compte.

P.-S. — L'Assemblée a décrété l'emprunt de 80 millions à 5 p. 100 en prenant pour comptant une moitié de dettes exigibles, l'autre en argent-. Elle a en même temps décrété que toute dette seroit reconnue être nationale et sacrée, ce qui tranquillisera les créanciers de l'Etat.

M. Necker a écrit à l'Assemblée qu'il ne s'étoit présenté au Trésor que 2 millions six cent mille livres pour l'emprunt de 30 millions à 4 1/2 p. 100.

On fait le procès à Nantes à cinq particuliers qui ont été arrêtés à la campagne, lesquels étoient munis de mèches soufrées. J'ai vu jeudi une lettre de cette ville, qui le disoit ainsi.

i. Marie-Augélique-Sainle de Cornulier, veuve de Toussaint de Cornulier, président en la Chambre des comptes de Bretagne, habitait son château de Vair, au\ environs d' Ancenis. Elle se réfugia ensuite à Paris, puis à Versailles, où elle mourut en 119^ (Généalogie de U maison de Cornulier, Orléans, 1884, in-8°, p. 103, et Additions et corrections à la généalogie de lamaison de Cornulier, 1886, in-8», p. 27 et suiv.).

Page 1