M. VICTOR DE VIURAVE A SON PERE
donner la préférence à Bruxelles. Il faut alors que tu te décides promptement et que tu mandes sur-le-champ à Victor de te trouver une maison, à la recherche de laquelle je l'aiderai.
Jaurois beau être à Paris, d'après ce que je vois, d'après ce que je sais, il me seroit impossible d'adopter jamais les opinions qu'on paroît y avoir sur les événemens qui se préparent. Nous en sommes à attendre le jour ; il ne dépend plus que de l'arrivée de toutes les troupes qui sont en marche : Hessois, Hanovriens, Autrichiens ; car il en vient encore 18.000 dans le Brisgau, où je crois que Clerfayt '■ commandera. Nous avons reçu, depuis quatre jours, un nouveau conseil de M. le comte d'[Artois], qui nous exhorte à la patience, d'autant qu'elle ne sera plus longtemps à l'épreuve. Toutes les mesures sont tellement prises, le plan si bien combiné que le succès est infaillible.
Tout est arrangé ici pour les affaires du pays. Les États ont eu une telle peur, en voyant arriver le comte de la Marck ^ ici, qu'il ne cherchât à y établir les principes de l'Assemblée nationale, qu'ils ont consenti à tout. Un courrier est parti surle-champ pour aller chercher l'archiduchesse qui est déjà à Dresde et qu'on attend avec impatience pour l'inauguration.
Adieu, mon cher ami, je t'embrasse de tout mon cœuF.