‹ Lettres d' "Aristocrates"; la Révolution racontée par des correspondances privées, 1789-1794Chapitre 323 sur 553 · Ce d'Alzon devait appartenir à la famille Daudé d'AIzou · texte numérisé non relu

Ce d'Alzon devait appartenir à la famille Daudé d'AIzou

4. Ou plutôt d'Andolot, d'une famille originaire de Franclie-Comté.

Il arrive tous les jours beaucoup de François, dont sont entre autres M. le marquis d'EspinayS M. duDresnay-, le père, avec sa fille et sa petite-fille, M"* la maréchale de Confians', avec compagnie, etc., etc.. Tous ont pris des maisons ou appartemens. Les nouveaux arrivés en cherchent et en trouvent très difficilement. J'ai été voir, je crois, tout ce qui reste dans la ville, tant il y en a peu, car le nombre se réduit à cinq ou six. Il n'est même plus possible de louer une maison entière, ou assez de chambres ensemble, pour ne nous pas un peu séparer. Le prix de ces logemens est très cher. Par exemple, j'ai été dans trois composés chacun de quatre chambres et écuries pour trois chevaux, pour le prix l'un de '20 louis par mois, l'autre de 16, et l'autre de lo. Aucun n'est cependant trop beau, car il est rare de trouver une garde-robe à côté de la chambre.

La vie n'est pas si chère qu'à Bruxelles et à Tournai, mais ce n'est pas encore bon marché. On croit qu'un cuisinier seroit plus économique qu uu traiteur. Au reste, voilà le détail de ce que coùteroit ce traiteur, qui est le meilleur d ici :

[° 11 ne pourroit donner que huit couverts par jour ;

2" Il ne veut fournir de linge que trois fois par semaine ;

3" Il ne fournira ni de pain, ni de vin, ni dessert ;

4° Il donnera cinq plats à chaque service, c'est-à-dire deux services à dîner et un service à souper ; cela feroit par conséquent quinze plats par jour, pour lesquels il demanderoit quinze francs par jour, ce qui feroit un petit ccu par personne, si vous ne comptez pas Anatole.

On dit que le pays est fort sain. Il n'y a que des prés séparés, par de petits canaux. On ne voit point de montagnes ; ce sont par conséquent des plaines. Je suis sur de cela par exemple.

La garnison est composée de deux bataillons d'infanterie, deux compagnies de chasseurs à pied et quatre escadrons de houlans. On n'aime pas ces troupes ici ; les tètes même fermentent beaucoup.

J'ai vu, ce soir, une maison qui pourroit vous convenir. Il y a assez de logement, mais beaucoup d'autres la recherchent. J'aurois eu la préférence, si j'avois pu me décider aujourd'hui.

1. AHrien-Josepli d'Espiiiay, nianiuis d'Espinay-Saiiil-Luc, s'^ de Vaux (1740-1816), marêclial de camp en 1T8S.

2. Louis-Marie-Anibroise-René, marquis du Drosnay 1 1742-1798), ancien maréchal de camp.

3. Jlarie-Cliarlode de Senneterre, seconde femme de Louis do Conflans, maïquis d'Armcnlières, maréclial de France, mort en 1774.

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Mais comme j'ai dit que je devois attendre votre consentement, le marché se terminera, je crois, demain avec un autre. C'est dommage ! C'est la seule maison de Mons qui eût pu réunir ce que vous désiriez, car il y a assez de logement pour tout le monde, écurie pour 6 chevaux, et le prix bien moins considérable que toutes les autres de cette ville : on demandoit 7 louis par mois pour tout. Quelle différence des logemcns que j'avois vus avant, qui n'étoient pas si complets ! Il y avoit cependant une condition, c'est que le propriétaire vouloit louer cette maison pour six mois, et il auroit un peu augmenté le prix, si le temps de la location eût dû être moins long. J'ai dit que j'écrirois, et on ma promis que, si l'affaire ne s'arrangeoit pas avant votre réponse, on s'accommoderoit volontiers avec vous...

J'ai donné commission à plusieurs personnes de Mons de chercher quelques occasions de louer ce que je désirois, en leur donnant le détail des chambres ; ainsi n'ayant plus rien à faire ici, j'ai cru pouvoir partir demain pour Bruxelles en attendant votre réponse.

Je désire que vous vous portiez bien, ainsi que tout ceux que j'aime, ceux que vous aimez et qui m'aiment aussi.

P.-S. — J'oubliois de vous dire que, dans cette maison, on fourniroit six paires de draps, point de linge de table, ni de cuisine. Ma malle, qui pesoit 281 livres, m'a coûté 34 livres, 5 sous jusqu'à Yalenciennes. Il y a, à ce qu'on m'a dit, un bon méde- -cin.

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