‹ Lettres d' "Aristocrates"; la Révolution racontée par des correspondances privées, 1789-1794Chapitre 351 sur 553 · LE CHEVALIER DE BLÂNDINIERES · texte numérisé non relu

LE CHEVALIER DE BLÂNDINIERES

Hier au soir, un de nos messieurs fut assailli par huit ou dix patriotes qui le maltraitèrent fort grièvement. H cria au secours et fut entendu par deux autres officiers qui étoient dans une boutique. Ils sortent bien vite et tombent à coups de sabre sur les assassins. Ils en blessèrent trois si dangereusement qu'un vient de mourir, et les autres deux sont bien mal. Le reste de la ronde prit la fuite, n'étant pas accoutumée aux coups des sabres françois. Il y a eu ce matin une nouvelle rixe, mais il n'y a eu qu'un tailleur qui a eu les épaules aplaties à coups de sabre. Le commandant de la place nous a fait prier par notre général d'arborer tous la cocarde blanche, pour pouvoir être distingués en cas d'émeute.

Si vous aviez reçu quelque lettre pour moi, je vous serois obligé de me l'adressera Trêves, où je la prendrois en passant. Je désire que vous ayez joui d'une parfaite tranquillité pendant ces dernières fêtes. Je fais les vœux les plus ardens pour que l'année que nous commençons vous voit jouir du fruit de notre entreprise. C'est dans ces sentimens que j'ai l'honneur d'être, Madame, votre très humble serviteur.

Le c[hevalier] de B[laxdinières], Officier de la compagnie de Lorraine.

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