‹ Lettres d' "Aristocrates"; la Révolution racontée par des correspondances privées, 1789-1794Chapitre 361 sur 553 · De la même à la même · texte numérisé non relu

De la même à la même

[Ibid., u» i9.)

J'ai été charmée d'apprendre de vos nouvelles par M. d'Esterno \ ma chère petite, qui m'a assuré que vous étiez assez aimable pour penser souvent à moi, malgré tous mes torts avec vous. J'imagine que vous aurez vu mon oncle pendant son petit séjour à Paris. 11 vous aura peut-être parlé de l'idée qu'a ma grand'mère d'y retourner. Il n'y a que le plaisir de vous voir qui puisse balancer léloignement que j'aurois à prendre ce parti et le chagrin de me retrouver en France. Je sais qu'il me sera impossible de sortir de chez moi; mais comme vous devez être toute familiarisée avec les piques et les bonnets rouges, je compte beaucoup sur vous pour adoucir ma solitude et calmer ma frayeur.

Je vous trouve à présent bien heureuse de ne pas être sortie de France. Il n'y arien de pire que d'être obligée d'y rentrer, et cependant tôt ou tard il faudra Unir par là, si nous ne sommes promptement secourus, ce qui, quoi qu'on en dise, me paroît difficile à espérer.

Il y a beaucoup d'hommes qui partent ces jours-ci pour Paris. MM. de Montmorency s'en vont mercredi ou jeudi. Votre

Page 1