Du même au mrme
^Ibid., Il» 32.)
Au grand Gcntilly, lo ;» septembre 1791.
... Vous savez sans doute que messieurs les députés ont déclaré la Constitution finie. Samedi, à 3 heures du soir, elle a
été présentée au Roy qui a dit qu'il donneroit incessamment sa réponse ^ Les papiers qui courent dans les rues publient que tout est fait, et on dit aussi quil n'y a pas besoin d'autre acceptation que de la remise qui en a été faite physiquement au Roy, puisqu'il est décidé qu'il n'a pas le droit d'y rien changer. On assure, d'ailleurs, qu'on a retiré les gardes qui couchoient dans sa chambre, que le jardin des Tuileries a été ouvert d'hier, et qu'il est rendu à l'état de liberté dont il jouissoit avant son évasion de Paris. Nous voilà dans la crise. Je ne sais quelle en sera l'issue ; mais je sais bien qu'à mon âge et dans ma situation, quant à ma famille, je voudrois bien cesser d'être ballotté, comme nous le sommes depuis deux ans, et remis dans un état de calme et de raison où l'on ait au moins de la tranquillité et de la sûreté, et seulement des regrets sur ses pertes, sans inquiétude sur le présent...
J'étois décidé à aller en Brie, et je n'y vais pas. Je n'ai aucun projet ni envie d'aller à Château-Renard, et pourtant je ne jurerois pas, si Paris et sa banlieue devenoit trop pénible à habiter, que je ne changeasse d'avis et que je n'allasse soit chez moi, soit à Mignères...
Je suis... FOUGERET.