Tannerre (Yonne
2. • Celte nuit (21-i!2 janvier) à 3 heures du matin, le feu s'est manifesté en trois oodroils différents de l'hôtel de la Force... Avant 9 heures du matin, on étoit maître du feu... 11 n'y a eu de brûlé que les combles du bâtiment appelé la Dette parce qu'il servoil à retenir les prisonniers pour dettes... Aucun prisonnier ne s'est écliappé. On soupçonne que le feu a été mis à dessein. » {Moniteur du 22 janvier 1792.)
418 M. FOUGERET
qu'elle ne déchire elle-même ses entrailles dans les excès de rage qui la dévorent, et qu'une partie de ses habitans ne soit avant peu dans le cas de porter le deuil de l'autre !
Un tas de forcenés ont entrepris de forcer tout le monde à porter le bonnet rouge des galériens d'autrefois. Cela est fort laid ; mais la cocarde ne faisoit plus d'effet et bien des gens ne la portoient plus. On est bien aise de réveiller un peu le feu de la division. S'il ne falloit, pour avoir la paix, que changer mon chapeau contre un bonnet, quoique cela soit fort laid, j'y consentirois, et, l'hiver, je m'en consolerois, parce que j'aurois plus chaud à la tête. Mais en général les François ont déjà plus chaud qu'il ne faut à la tête. Ceux qui se sont mis en deuil de l'Empereur^ sont aussi vexés dans les lieux publics et les Tuileries, ainsi que le Palais-Royal, et les spectacles ne sont plus abordables par les honnêtes gens. Les journaux aristocrates annoncent plus de vigueur et d'activité de la part du fils de l'Empereur- que n'en mettoit Léopold ; les journaux démocrates disent le contraire. D'après le caractère connu du jeune prince et les lettres de l'étranger, il paroît que les journalistes catholiques sont plus près de la vérité...
Je suis bien sincèrement... Fougeret