Du même au même
Ibid.
Pari.*;, le 12 février 179i\
Monsieur..., on convient généralement que, depuis que nous sommes gouvernés et administrés par des assemblées nationales, on a mangé plus de deux milliards faisant à peu près la valeur des biens du clergé et le fonds des assignats. Mais il reste des forêts, le mobilier des églises, les biens de l'ordre de Malte et autres, dont on fera usage et ressource au besoin. Ensuite on pourra nous forcer de donner notre vaisselle ; le bien des émigrans y passera aussi. Enfin, quand on n'a pas montré plus de respect pour la propriété, que ne l'a fait jusqu'à présent l'Assemblée, il n'y a pas de raison pour que, fidèle à son système dévorant et spoliateur, elle ne s'empare de tout ce qui nous
appartient. C'est le vœu général de tous ceux qui ne possèdent rien et vous savez que c'est le plus grand nombre. D'ailleurs, il en est de cette Assemblée comme des ministres des finances de l'ancien régime : peu leur importoit dans quelle situation se trouveroientles choses à leur retraite, pourvu qu'ils gagnassent du temps et se tirassent d'affaire ; à leurs successeurs à débrouiller la fusée ! L'Assemblée présente en fera tout autant. Pourvu qu'elle trouve à s'alimenter la durée entière de sa tenue, c'est tout ce qu'il lui faut. Celle qui la remplacera fera comme elle pourra, mais nous n'en serons pas mieux, et je crois qu'on ne peut pas se ruiner plus vite que nous ne le faisons. Ci-devant, en mangeant son patrimoine, on se procuroit au moins des jouissances; aujourd'hui, c'est bien différent!... J'ai l'honneur...
Lefebvre d'Acy.