Dit même au même
(Ibid.)
Paris, le 14 juin 1792.
Monsieur,... la nouvelle, reçue hier dès le matin, de la défaite de l'avant-garde, commandée par M. deGouvion, et de la mort de ce général, tué d'un coup de canon, a fait grande sensation ici et fait remonter l'argenté On ne donne point le détail de cette affaire ; mais je présume qu'elle a été malheureuse comme toutes les précédentes et que nous aurons été complètement battus, car s'il n'en étoit pas ainsi, on auroit partout crié victoire, et les journaux racontent le fait très modestement. Si vous êtes mieux instruit et qu'il n'y ait pas risque à se compromettre en disant la vérité, faites m'en une relation exacte. Ceci rasseoit un peu les esprits, et beaucoup de gens commencent à voir que, malgré nos forfanteries, nous ne faisons rien de bon, que les Autrichiens ont une supériorité très marquée sur nous, et qu'il pourroit fort bien arriver qu'ils nous missent à la raison et nous rendissent sages et tranquilles malgré nous, que d'ailleurs, battus ou vainqueurs, la France n'en sera pas moins dévastée et ruinée pour ne s'en relever de longtemps...
devoir. » Mais atteint d'un coup de feu à bout portant, il tomba raide mort (Maxime de Mont-Rond, Essais historiques sur la ville d'Etampes, I80T, in-12, t. II, p. 144-147). Cet ovivrage est particulièrement intéressant, car l'auteur tenait les détails qu'il raconte du procureur de la t^ommune, aux côtés duquel tomba Sinionneau.
« Le parti de l'Ordre et de la Constitution », irrité du scandale de la fètc donnée par les Jacobins en l'honneur des galériens de Cliâteauvieux, résolut de répondre à celte provocalioD par l'organisation d'une cérémonie funèbre en l'honneur de Sinionneau, mort victime de son dévouement à la loi. Cette léte eut lieu le 3 juin (Morlimer-Ternaux, t. 1, p. 05-112, 375-382).
1. Jean-Baptiste Gouvion, né en 1747, tué devant Maubeuge lo 1 1 juin 17112, ancien major général de la garde nationale de l'aris, député à la Législative. Son Irére, (pii faisait partie de la garde nationale de Nancy, avait été tué par les soldats révoltés de Châteauvieux. Ayant protesté contre l'admission aux honneurs de la séance des galériens de Brest, et grossièrement interpellé par la tiauche, il donna le jour même sa démission et partit pour l'armée de La Fayette.
A M. VANLEUBERGHE 461
Je crois que les armées affameront les provinces oîi elles se trouvent rassemblées et qu'il sera bien difficile de pourvoir à tous les approvisionnemens nécessaires. Les denrées sont hors de prix partout ; on craint de manquer de blé dans plusieurs cantons, et le temps se trouve contraire et ne donne pas lieu d'espérer une abondante récolte, sans compter tout ce qu'on ravage et détruit pour la marche des armées...
Le ministre de la Guerre' et celui des Finances- sont renvoyés...
J'ai l'honneur...
Lefebvre d'Acy.