‹ Lettres d' "Aristocrates"; la Révolution racontée par des correspondances privées, 1789-1794Chapitre 479 sur 553 · Du même à la même · texte numérisé non relu

Du même à la même

{Ibid., n" 19.)

Paris, le 16 août 1792.

Madame..., il est impossible que je vous donne aucunes nouvelles ni de ce qui s'est passé ici, ni des événemens qui se préparent. Il n'y a pas de sûreté à en écrire. Je doute même que cette lettre-ci vous parvienne. Si cependant elle vous est remise, elle vous apprendra que M. Mandat, le commandant, à été massacré^. Le chevalier d'AUonville- a eu le même sort. Oh ! que je me félicite d'avoir vivement insisté auprès de M. Adrien pour qu'il quittât Paris, où il vouloit rester pour la défense du Château î II n'exisleroit plus, si je ne lui en eusse point fortement représenté les dangers. Faites part, je vous prie, du contenu de cette lettre à M. de Curmont. Il n'est plus possible que je lui écrive. Il ne part plus de lettres de Paris pour les pays étrangers. Oh ! que vous êtes heureuse de ne point habiter cette ville. Les gens qui réfléchissent n'y goûtent aucun repos, ni jour ni nuit. Chaque jour, en se levant, on y

1. Sur le massacre de Mandat, cf. Mortimer-Ternaux, op. cit.,l. Il, p. 267-280.

2. Antoiue-Cliarles-Augustin, chevalier d'AUonville, maréchal de camp en 178 i, sousgouTerneur du Dauphin, fils aîné de Louis XVI.

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