‹ Lettres d' "Aristocrates"; la Révolution racontée par des correspondances privées, 1789-1794Chapitre 505 sur 553 · Du même à la même · texte numérisé non relu

Du même à la même

[Ibid., Il" 53.) [Paris], ce dimanche [10 décembre 1792].

]Ma chère Fanny, je me porte bien et j'espérois bien partir ce matin pour aller te rejoindre, si on ne m'avoit pas manqué de parole pour ces maudits fonds de la Caisse. J'attends demain pour cela avec la plus extrême impatience; car si je réussis

et que Ion puisse encore partir mardi ou mercredi, je le ferai. Mais comme le procès du ci-devant Roy commence après-demain mardi, et que Ion le mène à la barre pour commencer son jugement qui doit durer jusqu'au jeudi ou vendredi suivant, je crains bien que l'on ne puisse plus sortir de Paris, et c'est ce qui me désole...

Adieu, j'embrasse toi, nos chers enfans...

Ce lundi. — Javois porté hier moi-même ma lettre à la poste, et quoique je les ai conjurés de la prendre, ils m'ont dit que les paquets étoient fermés. Je l'ai donc rapportée, rouverte, et je t'ajoute quelques mots de plus. J'attends pour certain les 100.000 livres aujourd'hui. Si cela a lieu, je tâcherai de voir passer l'orage de demain dans mon petit coin, car je crains bien que la journée ne soit fatale. Si tout ce que j'ai à faire pouvoit être fait dès demain matin, je prendrois place à la diligence de mercredi...

Le pauvre Viomesnil est mort de ses blessures du dix Août...* Les Prussiens ont repris Francfort, et l'on craint pour Strasbourg une surprise...

Page 1