‹ Lettres d' "Aristocrates"; la Révolution racontée par des correspondances privées, 1789-1794Chapitre 541 sur 553 · Maric^e à Jean-Koné-F'ierre, comlo do Semallé · texte numérisé non relu

Maric^e à Jean-Koné-F'ierre, comlo do Semallé

;i. Cl Au bout de peu de jours, ma mère me fui enlevée, je n'ai jamais su ul i(uaMil, ni coinmcnl... Lorsque je demandois ma môre, on me répondoit ([u'elle cLoil eu vo\a(,'i> >< {Extraits des récits de la comtesse de Semallé publi(;'s dans les Soiwenirs du coinlr de Semallé, édiles par sou petit-fds, Paris, 189S, in-8", p. 339.)

M'"" DE ÏIIOMASSIN A SON MAIU 611

lettres chiffonnées et jaunies, écrites sur la route de ce dur calvaire qui menait. une innocente à la mort, sont parmi les plus émouvantes (|u'il m'ait été donné de lire.

•1 . — J)(' 37""^ de Thomassin à son mari.

(Arcli. nat., W 303, doss. 703, 1" partie, ii° 37.)

A Vilry ', à midi.

.l'arrivc, mon très cher ami, fort l'atiguéc, et encore, moins que je ne le craignois. J'y couche et à l'auberge, le citoyen gendarme ayant obtenu de la municipalité que je n'aille pas en prison vu ma santé. Je t'écrirai tant que je le pourrai, t'aimerai toujours plus que moi-même. INIais je me sens le courage nécessaire pour supporter les coups du sort. Ne t'afflige pas trop, aime la vie pour tes enfans pour qui tu dois réunir tous tes sentimens. Fais différens cadeaux de mes effets aux parens et amis qui me sont chers. Jcspère les revoir, ainsi que toi, mon bien-aimé. Adieu, adieu ! Partagez entre vous tous tendresse et souvenirs précieux. Mille baisers à mes pauvres enfans. Jai pris une voiture couverte à la Gravièreet puis la poste à mes frais.

Adieu encore, je t'embrasse de toute la force de mon cœur déchiré.

C'est moi qui me nourrirai. Il paroît que je vais à petites journées. Surtout tranquillise-toi, l'innocence ne redoute rien, et ménage la santé, ainsi que sœur, nièce, tante et autres parens et amis, dont l'attachement sera toujours un adoucissement à mon infortune.

Mandat-Thom.'^ssin.

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