Du même au même
ilbid.)
Paris, 31 juillet 1789.
Que je suis oppressé, mon cher Bellejeant, des excès auxquels s'est porté à Dijon le peuple vis-à-vis de M. de Gouvernet et tous les honnêtes citoyens. Presque toutes les villes de France se sont émues à l'instar de la capitale, dont l'effervescence se tempère chaque jour par la surveillante activité de la milice bourgeoise, qui s'étend sur les campagnes menacées même à plusieurs lieues à la ronde et partout où on annonce des troubles qui ne se vérifient pas.
M. Necker, de retour de Versailles du 28 au soir, s'est
1794, fui sous l'ancien régime conseiller au parlement de Bourgogne, maître des requêtes ordinaire de l'Hôtel, intendant d'Auch. Elu le 25 juillet, membre de l'Assemblée des représentants de la Commune provisoire pour le district de Saint-Magloire, il était le 5 août vice président du Comité provisoire de police, sûreté et tranquillité de la Ville. Démissionnaire de ces fonctions le 31 août, il futnommé capitaine de la i' compagnie du bataillon de la garde nationale de Saint-Magloire, puis choisi le 17 novembre pour l'un des 8 membres du Tribunal municipal de police. H lit enfin partie, comme notable, de la Commune dite constitutionnelle du 9 octobre 1790. et démissionna le 17 février 1791 ayant été nomme administrateur du déparlement le 31 janvier. (Sigismond Lacroix, Actes de la Commune, t. 1, p. 8, 415, G32-G33 ; II, p. 655-656; Robinet, Personnel administratif de Paris sous la Bévolntion, t. I, p. 526-527).
1. Yolande-Martino-Gabrielle de Polastron, duciiesse de Polignac (1749-1793), avait émigré dès le 16 juillet.
2. Champlâtreux (commune d'Epinay-Champlàlreux, Scine-ct-Oise).
rendu, le 29, aux Etats généraux, ne prêchant que l'union et la paix, et vint, hier 30, à midi, à l'Hôtel de ville S où dans son discours sublime peignant les malheurs de la France, il a prêché l'oubli de tous les maux et le pardon de tous les proscrits, dont le retour et la sécurité devoit être le premier objet de sollicitude dans une nation généreuse, promettant à ce prix tous ses soins et le dévouement le plus entier jusqu'à son dernier soupir, d'après les bontés du Uoy, dont il a fait le plus bel éloge, au point d'attendrir tout l'auditoire. S'étant montré ensuite à la fenêtre dans une autre pièce avec M. de Saint- Priest-, qui l'avoit accompagné dans sa voiture, M. de Clermont-Tonnerre ^, un des quatre députés d'escorte , proposa aux bureaux réunis de la Ville l'arrêté ci-joint * unanimement adopté, et à la suite duquel tout Paris illumina hier soir.
Comme le foyer du Palais-Royal n'en est pas aussi content, les proscrits feront bien de ne pas presser leur retour. Mon fds au surplus, à la suite de sa présidence, qui le tenoit neuf heures chaque jour à l'Hôtel de ville, a été élu chef pour huit jours du bureau de la police % oii il a passé toute la nuit du 29 au 30 ; rentré chez lui à 6 heures, pour mettre les pieds dans l'eau, il y retourna à 8 et y passa toute la journée d'hier. Son zèle et la confiance qu'on lui marque le feront tomber malade. J'espère qu'à la gène près de ne pas laisser sortir de la ville, nos compatriotes s'abstiendront de tous excès et feront renaître môme l'ordre et le calme le plus parfait, à l'exemple de la capitale qui aura bientôt un corps de 6.000 hommes enrégimentés, soudoyés et en uniformes pour sa police, outre 20 ou 24.000 bourgeois enregistrés, armés et prêts à s'y joindre en cas d'alarmes.
Ma santé va mieux, et je vais très souvent aux spectacles bien suivis et très calmes en ce moment...
Nous espérons qu'il y aura beaucoup à rabattre sur les excès de Luxeuil et partout. Le baron de Besenval et M. de Guiche ", saisis entre Nogent et Provins '^ par les paysans, ont eu à
1 . Voir le Procès-verbal de V Assemblée générale des électeurs par Duvcyrier, t. 11.