‹ Lettres d' "Aristocrates"; la Révolution racontée par des correspondances privées, 1789-1794Chapitre 82 sur 553 · Du même au même · texte numérisé non relu

Du même au même

[Ibid.)

. Paris, 10 août 1789.

... Sans doute, mon bon ami, j'approuve votre dessein de vous rendre avec mes chevaux, cocher et un laquais à Vergennes pour en imposer et diriger mes habitans avec le sens et la douceur qui persuadent si bien. Sans doute il faut leur porter des cocardes encourageantes. Je dois avoir au château trois ou quatre fusils, je ne sais en quel ordre, et mon baril de poudre qui ne peut être mieux employé qu'à cette chasse. Mes paysans ont presque tous des armes que je leur ai laissées sans gène et contrariété. Tournus et les villages voisins parlent de nous secourir au besoin. Nul doute que dans ce cas vous n'obteniez un passeport de Dijon où le calme semble bien établi. Vous avez donc carte blanche et pour le mieux. Pour moi j'ai peu de regret à ma boîte, si j'en suis quitte pour cela. J'y ai suppléé par une d'un louis. Le trouble est toujours semé et continue à Paris, où le Palais-Royal, soldé et craint, domine. Mon fils s'échine à la ville en citoyen et y jouit d'assez de considération pour avoir déjà sauvé quatre hommes de la corde en pérorant. Les ministres nouveaux, que j'ai vus, lui en savent grand gré ainsi que les chefs de IthMel de ville...

Le Crosne - a donné sa démission et s'est mis à couvert sans qu'on sache où. Tant de gens aussi purs que lui mais en place ont fait de même ! Le d'Eprémesnil, revenu le 8 ^, parle ce matin -à l'Assemblée nationale qui a voté un emprunt de 30 millions à

i. 1, M. de Jlonlinoriu. Voir plus liant, p. 27, u. 1

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