‹ Lettres d' "Aristocrates"; la Révolution racontée par des correspondances privées, 1789-1794Chapitre 85 sur 553 · Gamerans (.\in · texte numérisé non relu

Gamerans (.\in

4. Anne-Gabriel-Henry Bernard,- marquis de Boulainvilliers, conseiller du Roi, prévôt de la ville, prévôté et vicomte de Paris depuis 1776.

5. Sur 60 districts, 43 seulement avaient adopté sans restrictions le règlement provisoire d'organisation de la Garde nationale. iS. Lacroix, Actes de la Commune, l. I, p- 126-liS, 134.)

fient cette œuvre destructive de tous états. Gare quil n'en résulte une guerre civile!

On prétend que les Alsaciens ont voulu faire le train dans le canton de Bàle et chez notre bon canton de Porentruy. Mais Soleure, Lucerne, etc.. se sont ligués pour les défendre. Quel délire !

On disoit hier soir que les Anglois avoient chassé le Galonné ^ et remis à Calais, qui le conduit à Paris par Abbeville, où il étoit détenu aux ordres de la ville de Paris qu'on attend. Il courra grand risque, si on l'y amène.

On pense que le Roy désire le régiment du Roy pour sa garde d'après la défection des Gardes françoises et suisses, mais qu'il n'ose le faire venir contre le gré de l'Assemblée nationale et des bourgeois de Versailles

Je vous embrasse, mon cherBellejeant

P. -S. — Notre départ du lo pour Croissy est encore incertain par le trouble que la Basoche - met dans le Vésinet, au nombre de 2 ou 3.000, pour la déprédation de la chasse. Leurs tètes échauffées pourroient faire pis aux châteaux voisins. On est assez sur à Paris. Quelle crise partout!

On dit le comte d'Artois malade.

PS. du 14. — INIon lils a été quinze heures entières à la ville et à jeun crainte de poison. Quelques districts se battent à coups de baïonnettes, voulant tous être officiers. Nous allons demain soir à Croissy sans lui.

(ibid.)

Croissy, 17 août 1789.

Vos lettres, mon cher Bellejeant, des 9, 11, 12 de ce mois me sont parvenues toutes, avec celles incluses de l'abbé Thomas, au moment de mon départ pour Croissy, le 15, et dès hier j'ai écrit au zélé vicaire la lettre ostensible dont vous m'avez avisé, dans laquelle je nomme tous les bourgeois, curés, etc.. qui

1. Cli-irlc^-.Mexaudre de Caloiine (1T34-IS02Î, ancien contrôleur général, alors retire en Anfrlelunc.

i. La compagnie de la Bazoche. Voir plus haut, p, 70, n. 3.

A M. DE BELLEJEANT 89

ont volé, sur l'alarme présumée du 3, au secours de mes habitans et du château crus menacés, avec charge à l'abbé d'aller les remercier tous de ma part. J'ai mis dans cette lettre une spéciale pour M. Dunand, de Tournus, commune au lieutenant de la maréchaussée et à toute la bourgeoisie et au militaire de cette ville en action de grâces de leur prompt secours, dont j'invoque la ressource encore au cas de quelques récidives, avec le désir d'aller leur porter sur place en octobre, les effusions de ma tendre et affectueuse reconnaissance...

Nous lavons échappé belle pour Vergennes, mon cher ami. Mais gare l'élaguement de mes pensions ! 11 n'y a plus d'état fixe, de propriété respectée dans le délire des réformateurs qui tranciient tout sans rien remettre encore à la place...

On croit que le BordierS quia beaucoup jasé à Rouen sur les troubles et leur source, ne sera pas pendu. Il y a tous les jours du train dans les districts peu d'accord, et parmi les gueux de Montmartre, faubourg Saint-Antoine, Saint-Marceau, etc.. Les Compagnies et l'Hôtel de ville n'ont point assisté à la procession du 15, de peur de trouble et d'insulte. Le prévôt de Paris va juger enfin les brigands par attribution. C'est un peu tard et les prisons sont pleines de manière à craindre une épidémie. Le pain est remis à 12 sols. Le peuple demande diminution de la viande.

Je vous embrasse, mon cher ami, avec les dames...

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