Voir pliisliaut, p. 2C
-. Dans iiiio autre loltre de Vcrgcnnes, M. ilo Marcliais est ((ualilié d'oflicicr du réiriniciil des Vaisseaux, cl M. de Gauay désigne coiiirne son pupille.
A M. DE BELLEJEAXT 99
les gens qui accompagnoient le Prince. Hier les députés conduits au Roy et au président des Etats généraux ont su que la mission et les passeports étoient vrais, en sorte quils sont repartis tout de suite avec cette réponse, qui laissera sans doute suivre au Prince sa destination. Tous ses adhérens ici ont loreille basse et l'on suit le lîl des choses avec soin et sagesse. Plus de motions folles au Palais-Royal, et tout assez calme dans Paris ; les passeports pourtant ditliciles, et les barrières très observées. J'ai le mien pour quinze jours, et sur lavis donné à mon fils qu'on statueroit cette semaine sur les pensions, mon fds a voulu que je différasse au moins de huitaine à me mettre en route, afin d'être à portée d"y appuyer mes intérêts '■. Mon départ, sur ce louable motif, est renvoyé dès lors au 29 pour vous arriver le 31...
L'Assemblée nationale rouvre ce matin ses séances à l'Archevêché, en attendant trois semaines pour la disposition commode du manège des Tuileries. Hier le Roy passa en revue, vers 10 heures, 10.000 hommes de la milice parisienne, dont quelques districts paresseux n'arrivèrent qu'à 11 heures aux Champs-Elysées, sans qu'il marquât d impatience, quoiqu'il plût presque tout le temps et qu'il y fût venu à pied par les Tuileries, en frac brun et bas gris comme un garçon marchand de la rue Saint-Denis-, avec le seul duc de Brissac, capitaine des Cent-Suisses-\ et quelques officiers de la Garde nationale. Il s'en retourna de même bien crotté, et moi dix-millième aussi de spectateurs, à midi un quart.
Vous avez un nouveau compliment à faire à mon fds le capitaine, nommé, le 17, par son district, notable pour assister aux jugemens du Chàtelet pour les prévenus du crime de lèse-nation suivant le nouveau code, avec voix consultative S(Hdement. Encore de la besogne, mais essentielle et de confiance !...
Tout ce qui m'entoure ici vous embrasse, mon cher ami, bien tendrement avec moi...
1. Le marqviis de Vergennes était inscrit pour trois peusions sur le Livre rouge : une pension de S.UOU livres, « eu considération de ses services » (1770); une pension de 1.J.242 livres, « eu récompense des services rendus lors de la conelusiou de l'alliance avec le corps helvétique « (1771) ; une pension de 12.0ÛLI livres. « à titre de retraite en qualité d'ambassadeur du Roi en Suisse » (1787). {Arch. pari., t. XIll.,
2. « Il étoit à pied, en bas gris à carreaux, culotte jaune et habit gris, les cheveux roulés, un chapeau râpé sur la tète, un grand bâton à la main. >> {Journal d'Adrien Duquesnoy, t. l, p. 4oi>. )
3. Louis-Hcrcule-Tinioléon de Cossé. duc de Brissac (1734-1792), grand panuetier de France, capitaine-colonel des Cenl-Suisses de la Garde du Roi.
LETTRES DE MM. D'ALBIGNAC, DESPLAS, MOREAU, DE VARICOURT, DE LA ROQUE SAINT-THURIEN, D'ARBONNEAU, DE LAUSON, DE SAINT- AULAIRE, DE LÉSIGNY, DE GIRARDOT, GARDES DU CORPS DU ROI, AU COMTE D'AGOULT
(10 JANVIER — 7 MARS 1790) Notice. — Les journées des a et 0 octobre 1789.
Le 10 août, lors du pillage des Tuileries, on découvrit en une cachette pratiquée dans l'embrasure d'une fenêtre de la chambre de Marie-Antoinette un registre contenant copie de 164 lettres de Gardes du corps toutes relatives aux journées des 5 et 6 octobre et adressées à un personnage ♦pie l'on ne prit pas alors la peine d'identifier. On était si loin déjà des « forfaits exécrables » d'octobre 1
Ce registre est aujourd'hui conservé aux Archives nationales ', et l'on ne peut le feuilleter sans émotion lorsqu'on songe que la Reine l'a tenu entre ses mains, et que heure par heure elle revécut à sa lecture les événements tragiques de l'automne de 1789.
De ces événements les Lettres des Gardes du corps nous ont transmis en effet le plus minutieux récit, chacun rapportant exactement ce qu'il a vu, entendu, fait. Et si cette précision surprend moins, lorsque par les phrases du début de ces lettres on s'aperçoit que c'est sur une demande expressément formulée qu'elles ont été écrites, aussitôt en revanche deux questions se posent à leur sujet : dans quel but, et à qui ont-elles été adressées ?
De la première de ces deux difficultés une hypothèse très vraisemblable avait déjà rendu compte. L'auteur d'une tendancieuse, mais i)énélrantc élude sur les journées d'octobre', avait en effet justement supposé que nous nous trouvions ici en présence d'une enquête secrète menée à côté de l'enquête officielle ouverte par le Chàtelet en novembre 1789, et poursuivie par lui, pendant une partie de 1790, « contre les auteurs, fauteurs, complices et adhérens des attentats commis au château de Versailles » ^ Cette supposition se trouve aujourd'hui pleinement confirmée parla découverte que j'ai faite aux Archives nationales de deux lettres de l'auteur