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LE COMTE DE dENEFFE

relise suivoit les Gent-Suisses et l'Écurie du Roy, qui lui formoit une espèce de cortège. Sa personne étoit ement sous la garde des grenadiers de la milice. Ils sont !S à 9 heures 3/4 aux Tuileries. Le Roy avoit lair radieux, eine étoit en coiiïe, en mantelet noir, sans rouge. Elle perdu ce regard fixe et cet air altier qui la font distin- . Le Dauphin, que l'on portoit, avoit l'air étonné de ce v'oyoit. On a servi h souper à iO heures. Des députés en l habit, quelques seigneurs en bottes sont entrés. M. de la te a pris les ordres du Roy ; les troupes nationales com- »t sa garde.

matin, la Reine a paru aux fenêtres sur la cour et sur les ries. Reaucoup de femmes lui ont baisé la main. M. le l'Orléans y est entré à midi. Cet après-dîner, les poissardes lé faire leur train. Elles ont demandé la viande, le pain et I à huit sols. Le Roy a demandé quinze jours ; elles ont que sur-le-champ il leur accordât leur demande, ce qu'il et écrit. 11 leur a demandé à leur tour qu'elles pardonnent îardes du corps ; il a exigé l'oubli de leurs rancunes contre ine \

yant point été à Versailles, on m'a mis en faction à la porte chambre. Lorsqu'il y est entré, il y avoit cent députés nés pour entrer chez le Roy, mais seulement vingt y purent înir. Tout cela avoit l'air d'arriver d'une ville prise d'asentrant dans la chambre du Roy, j'ai entendu la Reine à M. de la Fayette: « Monsieur, je vous ai bien del'oblin de m'a voir accompagnée sans... » Je n'ai pas pu idre davantage et j'aurois bien voulu pouvoir suivre deux Nous étions vingt pour la garde intérieure.

nsoItMice de la canaille devait réussir hienlôl à faire baisser les yeux à la Reioc. isard m'ayaul coaduil ce malin à la nwssc delà Heine, écrit h L'Ami du Hoi, M. Mfla Boissi^re. avocat à Marseille, j'y ai été témoin d'un fait qui m'a |)énélré d'uuf idignation, el qui val bien propre à faire éprouver le même sentiment à tous lc$ Il Koi. Tn homme affiiblô de l'uniforme national el décoré d'une épaulel te, singe très oil do l'alluro niarliale, jolie les yeux sur la tribune el au lieu de les promener nenl sur diITôrens ohjcls les fixe sur la Keine, qui s'en aperçoit et le Vtxck son tour. il peut-êlrc que cet homme cède et porte ailleurs ses regardi» ; mais non, son but, e tous nos souverains du jour, neiîl pas été rempli. Il s'obstine avec iilus d'afTcelaoublie les égards que le sexe a le droit d'exijfer do nous: en qualité de souverain, il I imposer à la fentnit: du Koi; il y parvient. Celte princesse auguste baisse elloes yetix, courbe sa lôle sur son manchon, et c'est pour y cacher sans doute les larm»'* Itc insulte lui fait ré{tandrei L'insolent s'applaudit, se félicite avec son vobin et lève une léle altièro pour ay^ravcr l'outrage et pour jouir de ses succès. Je l'ai entendu ^me dire h l'homme aussi insolent que lui qui éloit à ses oôtés : «J'avais bien dit ifue i ferois baisser les yeux... » Je suis...MûAN ok i.a BoissiLue. Ce 1'' décembre I"9U '. i du Hui, n» du i décembre 179(J.)

r. Mémoires de .V™^ Cayhpan, publiés par Barrière, Paris. 1867, p. 256-257.

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Une anecdote assez drôle. Pendant que les femmes étoient le lundi à l'Assemblée et y faisoient du [bruit, le président sonna et rappela à l'ordre un membre qui s'en écartoit. Une de ces femmes cria : « Nous nous foutons de l'ordre ! 11 nous faut du pain ! ».

Nous étions dans une disette extrême ; aujourd'hui, nous sommes dans Tabondance. On a gauchement affiché que, les moulins de Corbeil ayant offert de moudre au delà de la consommation journalière, il ne faudroit s'en prendre qu'aux boulangers. Enfin, comme vous le dites, la ville la plus agréable du monde est devenue la plus ennuyeuse et la plus maussade. Je te félicite du calme que tu goûtes. Je ne crois pas que mon amie éprouve aucun risque lorsqu'elle seroit ici ; le plus pru- <Ient, cependant, est de peu voyager...

Adieu, mon ami, je t'embrasse de toute mon âme.

iZ. — Du même à M. J.-B. Cogels, à Anvers,

{Ibid., T' 1562». p. 3i.)

Paris, le 14 octobre 1789.

Vous avez dû, mon cher oncle, recevoir le détail exact de tout ce qui s'est passé ici par le courrier du 9, au moins je l'espère. Depuis ce temps, tout est assez calme dans Paris. Le Roy y habite aux Tuileries avec sa famille. Il y est gardé par la milice nationale, et il vient môme de congédier tous ses Gardes du corps, dont plusieurs ont été les victimes malheureuses de cette révolution. Les députés viennent de se décider à suivre le Roy, au moyen de quoi l'Assemblée nationale va se continuer dans Paris, dans les salles de TArchevôché ; ensuite elle ira au Manège. Un plaisant a dit à cette occasion qu'en ce cas, si les députés alloient au Manège, les écuyers seroient au Palais-Royal, ce qui a rapport aux attroupemens du peuple dans ce jardin. Tant il y a, que généralement on désire les voir achever leur besogne et qu'ensuite ils partent. Ils ont tout culbuté. Peut-être cela produira-t-il un bien ? Je veux le croire ; mais, avant que le bien s'opère, combien de maux n'aurons-nous pas à éprouver ! Quand on a une maison à restaurer, c'est une grande erreur de prendre des architectes qui finissent toujours par renverser jusqu'aux fondemens...

Les affaires sont toujours à peu près de même : peu d'ar-

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gent, peu de confiance. On espère cependant et on compte même toujours sur le payement exact de la totalité des emprunts, dettes, etc..

J'ai rhonneur d'être...

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