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Acte» des Apôtres, n" XXXIV et XXXVl

f. 11 partit avec sa famille le dimanche C Juin. La Cour resta à Saint-Cloud jusqu'au 30 octobre.

Sur ce séjour à Saint-Cloud et les avanies dont y fut victime aussi bien qu'à Taris In famille roysue, voici un fait qui, je crois, n'a pas été signalé et qui est poignant. Je Ir troave dans le numéro 161 de V Ohservxiteur . « Il est arrivé à Saint-Cloud, dit ce journal, le vendredi 6 du présent mois [août^, un scandale, sur lequel les papiers publics ont gartU'^

168 LE COMTE Dl SENSFFB

On se porte ici de nouveau à des excès. Le peuple a pendu quelques malheureux qu'il accusoil d'escroquerie. M. de la Fayette en a sauvé un, avec beaucoup de courage, par des harangues qui lui ont réussi. Il a cependant couru de grands risques ^

Le prince de Lambesc.a fait paroître une espèce de mémoire où il rend compte des faits du 12 *. On blâme ce qu'il dit relativement à M. de Besenval. Il n'a rien à craindre quant au fond de son affaire ; mais le peuple parle toujours de lui sur un ton qui n'indique pas de sûreté pour sa personne.

Le vicomte de Mirabeau a demandé un congé de 15 jours pour aller à Perpignan et tâcher de ramener son régiment qui est débandé'. On craint qu'il n'en revienne pas. On démolit les forts qui défendent Marseille, malgré les décrets*. On est curieux de voir comment le Roy, qui a été supplié, pourra l'empêcher. Les poursuites commencées contre d'illustres personnages se suivent avec plus de lenteur. L'Assemblée a pourtant ordonné que les papiers du Comité des recherches seroient communiqués au procureur du Roy du Châtelet*, mais j'espère que cela n'aboutira à rien de fâcheux...

Le Roy a assisté à la procession de la Fête-Dieu, [avec] la Reine, Monsieur et Madame Elisabeth, n'ayant pour tout cortège que la Garde nationale et quelques valets de pied. Nous avions fait cabale pour crier Vive la Reine dans notre coin. Il y avoit longtemps qu'elle n'avoit eu ce plaisir. Elle étoit vêtue modestement; elle avoit un bonnet de vieille femme. L'Assemblée nationale étoit aussi à cette procession de Saint-Germain-

un coupable silence. Deux grenadiers, pris de vin, ont insulté le Roi et la Reine du» les termes lés plus indéccns et les plus punissables. L'un a été traité d'ivrogne, d'iinbtkrile, et l'autre de putain. Toutes ces gentillesses ont été dites en présence do Leurs M^estés. L'un de ces forcenés a porté l'audace jusqu'à essuyer ses souliers à la robe de la Reine. L« capitaine de ces séditieux n'osoil pas même les punir. Hais leurs braves camarades, tous grenadiers de leur Compagnie, ont invoqué une correction éclatante .»

1. € Hier sur les 6 heures, dit l'Observateur, du 26 mai 1790, deus voleors ont été arrêtés, l'un volant une montre, l'autre un boisseau de blé ; comme on les ooadoisaft an Cbàtclet, le peuple sur le quai de la Ferraille s'en est empwé, et eo a pendu on à la Uaterne du Chapeau-Rouge. Le second a été arrêté par M. de La Farette liû-mAaM, qaî a eo bien de la peine à le faire conduire sain et sauf au Chitelet ». (OMenMUncr, n* IS€.)

2. Probablement le Précis historique et justificatif de CharUê- Eugène 4e Ltrrmne, pjince de Lambesc {l*' mai), s. 1. n. d., in-4*.

3. Ije régiment de Touraine, qui tenait garnison à Petpigmsm (Ikrima^ de Mekrille, Histoire de la dévolution, t. III, p. 202-208).

4. Dans la nuit du 29 au 30 avril 1790. la populace de lUreeiUe aouievée arait r^aasi à s'emparer du fort de Notre-Dame-de-la-Garde. Elle avait obtenu ensuite la oapiUdalioo des forts Saint-Jean et Saint-Nicolas. Le 17 mai. elle avait commeooé la démoKlioa de ce dernier.

5. François-Antoine do Flandre de Brunville. proenreur du Roi aa Cliflliiiit , de I7W à

A M. J.-B. GOGBLS l69

rAuxerrois *. On a pensé n'y point voir le Roy. On a agité dans des comités si les représentans de la Nation ne dévoient pas avoir le pas sur le Roy : la majorité lui a décerné la préséance... Adieu...

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