‹ Lettres d'aristocratesChapitre 140 sur 541 · Du même au même · texte numérisé non relu

Du même au même

{Ibid., p. 152.)

Paris, 4 septembre 1790.

M. Necker, mon cher oncle, a donné hier sa démission qui a été acceptée par le Roy et l'Assemblée ^. 11 est encore à Paris, et se dispose à partir pour la Suisse. Dans une lettre qu'il écrit, il dit qu'il laisse deux maisons, et une de campagne, et deux millions de ses fonds au Trésor royal.

Le peuple, depuis plusieurs jours, demandoit sa tête et celles des autres ministres. On dit que c'est ce qui l'engage à se retirer. Cette môme demande a été faite plusieurs fois ; il Ta méprisée. Quant à moi, je pense qu'il prévoit que les assignats forcés passeront contre son avis. C'est ce qui le détermine à s'en aller, avant que la rumeur qu'ils causeront ne puisse

I. Aux conférences de Rcichcubach : dcclaralioQ du 27 juillet 1790 (A. Sorel, FEvrop* et la Révolution, l. II, p 75).

i. Cela eut lieu au faubourg Saiol-Aoloine le 18 août. Déjà le 13, le peuple arait voulu faire juïtlico de voleurs pris dans le quartier Saint-Jacqueâ et rue Mazarine, et avait failli le» écharper (S. Lacroix, op. cit., t. Vl, p. 770-771),

3. Sa lettre de démissiou fut lue seulement dans la séance du 4 septembre {Àrch. parL. t. XVIII. p. 3.39).

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retomber sur sa carcasse. Quelle instabilité dans les choses ! Quand je me rappelle l'engouement de ce peuple pour lui il y a un an ! Malheur aux fausses idoles que les peuples encensent; ils les brisent bientôt !

Je suis...

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