‹ Lettres d'aristocratesChapitre 161 sur 541 · Du même au même · texte numérisé non relu

Du même au même

{fbid., n* 59.) ~

Paris, ce 13 juin 1790.

Vous êtes donc devenus tous fous, mon cher Filsac? Est-il possible que vous ayez pu regarder ma lettre à mes commettans, ou mes autres lettres à la municipalité comme une inconséquence de ma part ? Je voudrois n'en avoir jamais fait d'autres. Avez-vous pu oublier que la ville de Montauban a concouru à ma députation, que j'en suis le représentant tout comme de celle de Cahors, et que je n'ai pu me dispenser de remplir les commissions qu'elles m'a données ' ? Et que sont, s'il vous plaît, les séditieux de Cahors pour juger ma conduite? Mes soins et ma vigilance sont à tout le département, et non à une ville particulière. Lisez les lettres que j'écris pour la dernière fois à la municipalité et à la Garde nationale, et vous verrez que les inconséquences ne sont pas de mon côté... II est audessous de ma façon de penser et de mon caractère de flatter ceux qui ont tort, et plus encore ceux que j'ai toujours dû mépriser. En pareille occasion, je ne consulterai jamais mon intérêt particulier. Vous savez combien peu je tiens aux nouvelles places. Je n'ai donc aucun intérêt de ménager les fripons. Si notre ville se montre contre la ville de Montauban et si elle juge mal sa municipalité, elle a tort; l'événementjustifieraceque j'avance. Laissez aller les méchans, leur tour viendra...

La fête concernant la Fédération générale de toutes les Gardes nationales avec les troupes de ligne est indiquée au U du mois prochain à Paris. Chaque district doit envoyer à ses dépens des députés, à raison dun par i200 gardes nationaux.

1. U est fait allusion ici à • Taffaire de Monlaubaq ». Le 10 mai 1790, les olEcters mawcipaux de Montauban devaient conforroénient à la loi faire l'invenlaire du mobilier du wvent des Cordeliers. Un attroupement considérable les en empêcha, et il ne parait pas qu*)'» aient insisté beaucoup, car ils n'accomplissaient leur besogne au'à conlre-cceur. étant • infectés d'aristocratie •. Leur mollesse irrita le parti adrerse — le parti protestant — qui. * l'aide de la garde nationale à lui dévouée, euvaliil l'H^lfcl de rille. Mais les catholiques rémy ftirenl à en expulser leurs adversaires, et restèrent maîtres du terrain. On compread (|U*' dans ces conditions, accepter,- comme l'avait fait Faydel « les commissions > de la nvoieipft' lilé de Montauban. devait paraître un acte anti-patriotique étant donné « l'infinie rùJe • que celte munici|>alité avait joué. (Archives nationales, p jCXlX, 57; Bûches etRèox. Si»toire parlementaire, t. VI. p. 185-186, 416-430; Bertrand de Molerille, op. cit., t. HI. p. U7-148; Archives parlemeu taire», t. XVI, p. 262 et suivantes).

A M. FILSÂG 19)

Chaque régiment doit envoyer aussi des députés, ainsi que tous les corps et établissemens militaires.

On continue toujours l'organisation du Clergé. Tenez-moi toujours au courant. Si les fripons faisoient quelque mouvement contraire à mes intérêts, requérez la municipalité, en mon nom et en celui de mafamUIe, de contenir les séditieux. Si elle mollit en pareille circonstance, j'en aurai raison. Votre comité patriotique correspond avec nos enragés d'ici; c'est ce qui excite nos séditieux. Prenez-y garde.

Je vous embrasse.

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