Du même à la même
[Ihid.)
Paris, 28 févrfer 1791.
Je suis ton journaliste, ma petite amie. Ainsi je te conterai qu'après le départ de Mesdames, le peuple est venu le soir en foule au Luxembourg sous prétexte que Monsieur vouloit partira On Ta insulté et traîné aux Tuileries où on vouloit, disoit-on, le retenir prisonnier, et cela se crioit insolemment le lendemain sous les fenêtres du Roy. Cependant, il est retourné le soir coucher chez lui. Le lendemain*, même scène aux Tuileries. Toute la troupe a pris les armes. U y avoit encore des femmes déguisées, et il est clair que les misérables en veulent à la personne du Roy et de la Reine. Cependant, tout cela a été encore dissipé. Vendredi, il y eut une violente secousse à l'Assemblée. Tout le parti droit s est levé en furie et a pensé se jeter sur l'autre, en criant : « Vive le Roy ! » La question a été remise à aujourd'hui et ils s'étrangleront peutêtre. U s'agit de savoir si le Roy est roy ou seulement le premier magistrat, et son fils le suppléant'. Ils veulent aussi saisir et vendre les biens de ceux qui sont dehors. Les mécontens se multiplient en foule. L'affaire des maîtrises et des barrières supprimées en fait une multitude. Tout le monde s'accorde à dire que l'impôt achèvera de renverser leur besogne, si elle va jusque-là. On parle même assez haut contre eux. L'évêque d'Autun a déjà sacré trois évêques renégats* et quoiqu'on les promène comme l'ours, dans les rues, à pied, avec des tambours, le peuple n'en paroît pas très satisfait...
Hier*, l'Assemblée a été très tumultueuse. Tout le côté droit a levé le siège et est sorti, ce qui a fait remettre rajoumemeni à mercredi ^. Le parti d'Orléans est aux abois et voudroit tou-