‹ Lettres d'aristocratesChapitre 240 sur 541 · De M"* de la Motte à M. de Givry, son frère · texte numérisé non relu

De M"* de la Motte à M. de Givry, son frère

(Arcb. nal., T 591».)

A Paris, ce 4 avril 1791.

Ma mère est très bien, à la faiblesse près, mon ami; mais toutes ces secousses si près Tune de l'autre font trembler, surtout à son âge...

Vous savez sans doute que M. de Mirabeau est mort samedi matin. Sa maladie n*a pas été longue. 11 est vrai qu'il a fait une grande imprudence. Il avoit deux cautères qu'on lui avoit mis pour des maux d'yeux qu'il a eus, il y a à peu près un an ; il les a fermés tous deux, sans nulle précaution. On dit que lundi il a très bien dîné et mangé beaucoup de truffes. Mardi, il s'est trouvé mal, en allant à l'Assemblée ; il a été pris de douleurs d'estomac si violentes qu'on a craint l'inflammation. On dit qu'on l'a saigné deux fois ; on lui a donné du quinquina purgatif. Jeudi, on a craint la gangrène ; on lui a donné du camphre. Mais cela n'a pas réussi. 11 est mort samedi malin, à 9 heures et demie. 11 a eu sa pleine connaissance jusqu'au dernier moment. Vous jugez bien qu'on n'a pas manqué de le croire empoisonné. Mais heureusement on l'a ouvert hier; on lui a trouvé tout le coffre gangrené, le cœur flétri par une poche d'eau. Ce qui avoit encore contribué à donner des soup-

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